Oignons, Jean Bon : une série gratinée

A chaque génération, sa série fétiche. Ceux qui ont grandi avec le Club des Cinq ou le Petit Nicolas en conservent un souvenir ému. On parie notre chemise – et même toute la garde-robe – que les enfants de la génération Z (ceux qui ont 9 ans aujourd’hui) auront la même revigorante sensation avec la saga des Jean-Quelque Chose, feuilleton phénomène de Jean-Philippe Arrou-Vignod. L’auteur a déjà vendu 550.000 exemplaires des premiers tomes – L’Omelette au sucre, Le Camembert volant, La Soupe de poissons rouges, Des vacances en chocolat et La Cerise sur le gâteau – et voilà qu’il remet le couvert, avec un sixième tome, au titre toujours aussi comestible : Une belle brochette de bananes .

On retrouve le style, l’humour et l’ambiance qui nous ont attachés à cette Famille aux petits oignons (le titre de la compilation précédente). Dans cette fratrie, il y a six Jean : Jean A, l’aîné binoclard et râleur (alias Jean-Ai-Marre) ; Jean B (le narrateur), qui se rêve en Jean-Beau Gosse mais que ses frères appellent Jean-Bon parce qu’il est un peu enrobé ; Jean-C (le distrait, surnommé Jean-Cé-Rien), mais aussi Jean-D, Zean-E (et oui, il zozote) et Jean-F, le petit dernier. Au fil des photos de famille (illustrées par Dominique Corbasson), Jean B se souvient de la colonie de vacances au ski où les frères se sont crus aux Jean z’olympiques, les amours de Jean-A et son bracelet scoubidou, les vaccins à la chaîne organisés par le père, médecin militaire, les virées en mer sous la menace du scorbut, un chien qui sème la panique chez les cousins Fougasse. On fond devant cette bande de gamins qui se lancent autant de tendresse que de chaussettes sales à la figure, et balancent entre l’âge tendre et l’âge bête, entre les bêtises potaches et les premiers émois. Ah, découvrir l’existence des filles…

Catherine Makereel

Le Soir, samedi 2 et 3 avril 2016 

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