Courbet ou la peinture à l'oeil

À propos

Contrairement à sa légende, Gustave Courbet ne fut ni un peintre réaliste ni un peintre politique, encore moins un peintre provincial. Il fut révolutionnaire, bien sûr, mais en pratiquant, comme les plus grands, la peinture à l'oeil. Expression à entendre au double sens d'une peinture gratuite (ne dépendant ni des commandes de l'État ni des prix du Salon), et surtout d'une peinture qui ne fait pas « à l'idée » ce qu'elle aurait déjà prévu - mais qui voit dans l'acte même de peindre.
D'où une rupture avec le primat du dessin (Ingres), avec l'exotisme (Delacroix), le spectaculaire (Géricault), avec la maîtrise du regard du peintre, cela pour libérer la peine des hommes et l'élégance des choses. Courbet inaugure ainsi la vraie peinture de marines ; de nus érotiquement neutres ; de natures mortes, ou plutôt natures vives, rochers, feuilles et rivières aussi présents que des visages d'hommes. Comme Cézanne, qui se revendiquait de lui, Courbet élève les choses à leur dignité dernière : non des objets construits et produits, mais des phénomènes surgissant et se donnant d'eux-mêmes à voir. Le tableau ne représente rien, il présente pour la première fois le visible en sa gloire.

Rayons : Arts et spectacles > Peinture / Arts graphiques

  • EAN

    9782081334472

  • Disponibilité

    Disponible

  • Nombre de pages

    243 Pages

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    Non

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    Non

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    Dans le cadre de la copie privée

  • Nb Partage

    6 appareils

  • Poids

    4 485 Ko

  • Distributeur

    Flammarion

  • Diffuseur

    Flammarion

  • Entrepôt

    Eden Livres

  • Support principal

    ebook (ePub)

Jean-Luc Marion

Jean-Luc Marion, professeur émérite de philosophie à Sorbonne Université, professeur
l'université de Chicago, est membre de l'Académie française depuis 2008. Auteur de
nombreux ouvrages consacrés à chacun des grands moments de la philosophie
cartésienne : Sur l'ontologie grise de Descartes (Vrin, 1975) ; Sur la théologie blanche
de Descartes (Puf, 1981) ; Sur le prisme métaphysique de Descartes (Puf, 1996) ; Sur la
pensée passive de Descartes, (Puf, 2013).
Il achève avec ce volume un ensemble d'études (Questions cartésiennes. Méthode et
métaphysique, Puf, 1991 et Questions cartésiennes II. Sur l'ego et Dieu (Puf, 1996).

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