Le dernier pour la route ; chronique d'un divorce avec l'alcool

À propos

Un sujet tabou ? l'alcoolisme ? affronté sans concession par l'un des plus grands noms du journalisme français.Le Dernier pour la routeest aujourd'hui adapté au cinéma dans un film interprété par François Cluzet.0300 Philippe Godeau, producteur entre autres deLargo Winch,Mauvaise foi,Mariages !ou encore Le Garçude Pialat, a choisi d'adapter ce livre pour son premier film en tant que réalisateur. Avec un casting fort : François Cluzet, Mélanie Thierry et Michel Vuillermoz dans les rôles principaux.0300Le Dernier pour la routeest adapté au cinéma par Philippe Godeau, avec François Cluzet dans le rôle titre.0400EXTRAIT « ? Essaie la Suisse.? Pourquoi ? ?- Ils ont toujours plein de programmes pour les désintoxications.? Bon, alors je cherche à Suisse, alcoolisme. Mais qu´est-ce qui t´arrive? C´est quoi cette décision? ? Ça ne peut plus durer.? Tu le dis souvent.? Cette fois, c´est différent.? Pourquoi c´est différent ? J´y ai réfléchi, beaucoup, depuis deux mois. Je crois qu´il s´est produit un court-circuit au plus profond de ma personnalité, de mon intimité, de mon histoire. Mon père est mort, deux mois plus tôt, en juin, de fatigue. À quatre-vingt-trois ans, ce sportif de haut niveau, prof de gym, est parti. Son corps fatigué, ses envies émoussées; l´ordre des choses aussi, il était le plus ancien de la tribu, il devait s´en aller avant ma mère, avant sa soeur. Le droit d´aînesse jusque dans la mort. Il était conservateur, mais le poids des conventions disparaissait sous une bonhomie, une gaieté, une joie de vivre, qui en faisaient, même dans le malheur, un personnage léger, allègre. Je m´entendais moyen avec lui. Je respectais sa solidité, son goût de la découverte. Sans trop me questionner sur mon travail, mes désirs, mes projets, il exprimait ?- je le sais par ses amis ?- une véritable fierté en parlant de son fils, de ses reportages (qu´il lisait peu), de son entreprise (dont il imaginait mal les contours). Nous étions trop pudiques pour enlacer nos sentiments. De ce côté-là, nous sommes lui et moi des purs produits de la terre: les actes plus que les mots, les décisions plutôt que les caresses. Un soutien véritable et non des gesticulations. Il m´a toujours aidé, même sans comprendre ou approuver mon cheminement. De manière récurrente, comme on dit à la télé, nous nous accrochions sur la qualité de son vin. Ça a l´air anecdotique, et d´une certaine manière il s´agissait plus d´un signe de reconnaissance à chaque repas que d´un désaccord profond. Il croyait avoir du bon vin, toujours une affaire, je le trouvais mauvais. Je le lui disais. Mais entre son vin et le mien, s´iln´y avait pas de différence de degrés (12°-13°), il existait un écart important de prix. Je le savais et pourtant, moi qui ne suis pas méchant, je relançais à chacune de mes visites le débat, et lui faisais de la peine. À la mort de mon père, il restait chez lui une dizaine de bouteilles, médiocres bien sûr, rangées au fond du garage. Je les ai vidées en ce début de mois d´août, convulsivement, trois jours durant, en secret. J´avais acheté du côtes-du-rhône blanc, un beaucastel (mon préféré), pour arroser dignement le déjeuner et le dîner. La piquette, c´était du lever au coucher. J´ai eu comme l´impression de boire mon père, en douce, et j´ai pris ma duplicité en pleine figure. Sa mort l´amplifiait de manière assourdissante: je pouvais bien faire le distingué oenologue, je n´étais qu´un soiffard. Merci papa, durant ces trois jours ta bibine fut le meilleur des élixirs, un grand cru. Le dernier, j´espère.Insupportable révélation. Bien d´autres "exploits" auraient pu déclencher mon alarme personnelle, activer mes batteries de survie, provoquer ce coup de reins qui permet de franchir un obstacle, gagner une course, se désenliser. Pour moi ce fut cet acte sacrilège, nul, honteux quoi, biberonner le vin tant de fois débiné d´un père disparu à jamais.»0600PRESSE Le Dernier pour la route: hronique d'un divorceavec l'alcoolest un livre fort que liront ceux qui "ont un problème avec l'alcool", ceux qui les accompagnent et tous ceux que la nature humaine ne l

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  • EAN

    9782221118436

  • Disponibilité

    Disponible

  • Nombre de pages

    196 Pages

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    1 073 Ko

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    Editis

Hervé Chabalier

Une enfance entre la Lozère, dont il est natif, et Barcelone, une adolescence en Afrique, avec ses parents instituteurs : Hervé Chabalier est depuis toujours un globe-trotter que passionnent le monde et ses soubresauts. Très jeune grand reporter au Nouvel Observateur puis au Matin de Paris, il couvre tous les grands conflits de la planète, de l'Afghanistan au Liban en passant par l'Amérique du Sud, ce qui lui vaut de recevoir le prix Albert-Londres pour l'ensemble de ses reportages. Depuis plus de quinze ans, il dirige l'agence Capa, qu'il a fondée et qui a acquis au fil des ans une réputation internationale d'excellence et d'exigence en matière de télévision.

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