Terminer en beauté

À propos

Cette " interruption volontaire de vieillesse ", c'est avant tout un témoignage touchant pour comprendre le choix et le combat de Jacqueline Jencquel afin d'avoir le droit de terminer sa vie dignement et d'en choisir les conditions. Mourir avant d'être déjà à moitié mort, c'est la vision que défend une femme qui a passionnément aimé la vie et la liberté.
" J'ai atteint le début de l'hiver et je me prépare à mourir. J'espère réussir ma mort aussi bien que j'ai réussi ma vie. "
On parle toujours de réussir sa vie. Pour certains, c' est la réussite personnelle et professionnelle. Pour d'autres, c'est être heureux. Avoir une vie amoureuse ou familiale bien remplie et valorisante. On s'y prépare comme on peut. On fête les moments importants : naissances, mariages, remises de diplômes, baptêmes et communions. Et pourtant, on laisse au hasard un des moments les plus importants de la vie, celui de sa mort. Pourquoi faire l'éloge d'une personne morte, dans un cercueil ? Les enterrements sont tristes et solennels, et la personne défunte n'est plus là pour entendre ce que l'on dit d'elle.
Pourquoi ne pas y penser en amont, en parler avec ses proches et fixer une date raisonnable pour partir debout et en pleine conscience ? Boire un coup, s'embrasser et rire en pleurant ? Ce n'est possible que si nous ne sommes pas fauchés à notre insu, en plein milieu d'une vie active.
Cependant, lorsque cette vie touche à sa fin - qui peut être au début, au milieu ou à la fin de l'hiver - c'est à dire entre 75 ans et 100 ans - on devrait pouvoir sereinement prendre congé de ses proches et entendre toutes les choses qu'on dirait devant une tombe.

Jacqueline Jencquel

Jacqueline Jencquel est née en Chine, de parents russes. Polyglotte, elle a parcouru le monde, travaillé en tant que professeure et intégré des cultures différentes tout en gardant la sienne : russe et parisienne. Elle a été mariée, a trois fils et plusieurs petits-enfants. Elle milite pour le droit de mourir dans la dignité, notamment au sein de l'ADMD-France. Dans ce cadre, elle a accompagné des dizaines de Français en Suisse pour leur permettre d'obtenir un suicide assisté, tout en suivant des règles éthiques drastiques. Elle compte terminer ses jours en Suisse le 20 juillet 2020.

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