À propos

Le constat est implacable: le partage des tâches domestiques n'existe pas.
Il ne s'agit pas, nous disent Christine Delphy et ­Diana­ Leonard, du seul produit d'une mauvaise volonté des hommes qui profitent de ce travail gratuit, mais plus fondamentalement d'un système d'exploitation et d'oppression qui dépasse les relations affectives que peuvent entretenir les individus concernés: le patriarcat, et dans le patriarcat, le mariage, y compris le concubinage et le pacsage.
Celui-ci s'incarne concrètement dans une exploitation domestique - qui ne s'applique pas seulement au travail dit «ménager» - dont les autrices s'attachent à dévoiler les mécanismes dans cet ouvrage où la lectrice ou le lecteur ne manqueront pas de reconnaître leurs propres moments de vie quotidienne.
Les autrices proposent ici une nouvelle approche radicale de la subordination des femmes dans les sociétés occidentales focalisée sur la famille, en tant que système économique. Elles révèlent que celle-ci constitue en réalité un système de rapports de production dont les hommes sont les artisans - politiques, juristes et autres gouvernants - et les bénéficiaires - tous les autres. Ce sont la structure hiérarchique et les  rapports de production entre les membres de la famille qui sont ici mis à jour.
Pour les autrices, la subordination des femmes constitue un cas particulier d'exploitation économique qui ne réduit pas au capitalisme dominant dans nos sociétés. Exploitation domestique et exploitation capitaliste ne peuvent se confondre même si l'un et l'autre doivent être renversés.
Ouvrage de référence du féminisme matérialiste, ­L'Exploitation­ domestique est publié ici pour la première fois en français.

  • EAN

    9782849507803

  • Disponibilité

    Disponible

  • Nombre de pages

    312 Pages

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  • Poids

    911 Ko

  • Distributeur

    Sofedis

  • Support principal

    ebook (ePub)

Christine Delphy

Christine Delphy, chercheure émérite au CNRS, a participé en 1968 à la fondation de l'un des groupes fondateurs du Mouvement de libération des femmes. Elle a co-fondé avec Simone de Beauvoir les revues Questions féministes et Nouvelles Questions féministes (qu'elle dirige actuellement). On lui doit entre autres l'introduction et la diffusion du courant intellectuel du féminisme matérialiste et du concept de genre.ÿLe 26 août 1970, elle participe, avec d'autres femmes, au dépôt sous l'Arc de triomphe à Paris, d'une gerbe « à la femme du soldat inconnu » (en solidarité avec la grève des femmes américaines, qui célèbrent ce jour-là le 50e anniversaire de leur droit de vote). Sur leurs banderoles on peut lire : « Il y a plus inconnu que le soldat inconnu, sa femme » ou encore « Un homme sur deux est une femme. » Elle a notamment publié L'ennemi principal, t. 1, Économie politique du patriarcat, (Syllepse, 1998, 2009) ; et t. 2, Penser le genre, (Syllepse, 2001, 2009) ; Cinquantenaire du Deuxième sexe (avec Sylvie Chaperon, Syllepse, 2001), Le foulard islamique en questions (collectif, Amsterdam, 2004) ; Classer, dominer. Qui sont les « autres » ? (La Fabrique, 2008) ; Un universalisme si particulier : Féminisme et exception française (Syllepse, 2010) ; Un troussage de domestique (dir., Syllepse, 2011).

Diana Leonard

Diana Leonard, figure du mouvement féministe britan- nique a été professeure de sociologie à l'université de Ber- keley (Californie) et à la Deakin University (Australie ). Ses principaux travaux ont porté sur la question du genre et la famille. Cofondatrice du Women's Research and Resources Centre, devenu aujourd'hui la réputée Feminist Library de Londres, et du magazine radical féministe Trouble and Strife, elle est également à l'origine du Centre for Research on Education and Gender, où elle a accueilli de nombreuses étudiantes venues de pays du Sud et qui lui permettra de produire des recherches sur la situation de femmes au Pakistan et en Afrique du Sud. Elle est décédée en 2010.

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