À propos

Lorsqu'en 1967, Jacques Mandrin donne à « L'Enarchie » son nom de baptême, l'École Nationale d'Administration ressemblait déjà plus à une gare de triage qu'à cette caserne des hussards de la république dont avaient rêvé pour elle ses pères fondateurs. Créée en 1945 sous l'impulsion de Michel Debré pour remplacer les anciens concours des grands corps administratifs de l'État et unifier la formation des hauts fonctionnaires, l'E.N.A. en avait élargi le recrutement sans le rendre plus démocratique. L'Enarchie était devenue l'emblème d'une technocratie dont les prestiges conjugués de la compétence et du pouvoir favorisaient l'essor dans la mesure même où ils en dissimulaient le ressort. De de Gaulle en Giscard, en 1980, la banalisation de l'E.N.A. reflète celle de l'État. On raillait nos chefs d'entreprises de singer les fonctionnaires, on exhorte désormais les fonctionnaires à imiter les chefs d'entreprises. Les commissionnaires du marché ont remplacé les commissaires de la République à mesure qu'un capitalisme du grand large engloutissait les petits propriétaires et les boutiquiers de chez nous. L'énarque sans doute, qui n'a jamais eu d'autre uniforme que sa tête, reste égal à lui-même. C'est la Norme qui s'est insensiblement déplacée. Si elle reste, bien entendu, celle de la classe dominante, la section française de l'internationale capitaliste dont notre bourgeoisie se contente désormais de jouer le rôle n'a plus d'autre ambition à proposer aux « énarchisants » que celle de rejoindre l'élite régionale d'une France américaine.

  • EAN

    9791037101327

  • Disponibilité

    Disponible

  • Nombre de pages

    180 Pages

  • Poids

    31 590 Ko

  • Distributeur

    ePagine

  • Diffuseur

    FeniXX

  • Entrepôt

    Eden Livres

  • Support principal

    ebook (pdf)

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