Dimanche 31 janvier 2021, restons calme en lisant, en écoutant.

  • Le choix des textes, composé par Julien Gracq pour cette lecture, invite à suivre « la trace sinueuse du voyage de l'auteur ». Le Rivage des Syrtes : une guerre où rien ne se passe pour celui qui est chargé d'observer le bord d'une mer éternellement vide, et qui attend, jusqu'au jour où l'appel de ce pays, de l'autre côté, se fait entendre comme la voix de son destin. En lisant en écrivant : l'auteur a choisi de nous livrer, parmi ses réflexions et rêveries sur la littérature, celles concernant Proust. Lettrines 2 : l'auteur évoque ses pérégrinations, seul, sur les routes, s'imprégnant du pays traversé. La Forme d'une ville nous emmène à Nantes, « au coeur d'une ville presque davantage imaginée que connue, si longtemps à demi interdite qu'elle a fini par symboliser l'espace même de la liberté ».

  • Lu par Bernard-Pierre Donnadieu
    Julien Gracq (1910-2007)est un des écrivains majeurs de la
    littérature du XXe siècle.
    Au château d'Argol, son premier roman, parut en 1939 grâce à l'éditeur José Corti. L'oeuvre, toute empreinte de l'atmosphère des romans gothiques, fut encensée par André Breton.
    Dans une Bretagne envoûtante, une histoire d'amour fulgurante et ambiguë entre trois êtres.


  • Extraterrestre ; le premier signe d'une vie intelligente Nouv.

    C'est fin 2017 que des chercheurs de l'observatoire Haleakala, dans les îles d'Hawaï, détectent un étrange objet qui traverse notre système solaire à une vitesse si élevée qu'il ne peut provenir que d'une distante étoile. L'objet, baptisé `Oumuamua, ne dégage aucune traînée de gaz ou de poussières lorsqu'il passe à proximité du Soleil. Pour l'astrophysicien Avi Loeb, en raison de sa forme et de sa trajectoire insolites, la seule explication logique est qu'il s'agit d'un engin artificiel construit par une civilisation extraterrestre.
    Cette hypothèse d'Avi Loeb fait couler beaucoup d'encre, et les implications qui en découlent pour l'avenir de la science, des religions et de l'espèce humaine sont considérables. Extraterrestre est un livre aussi généreux que vertigineux, au croisement de la science et de la philosophie, qui nous enjoint à remettre en question nos idées reçues et à porter un regard critique sur l'univers qui nous entoure et les objets qu'il recèle, aussi étranges soient-ils...


    AVI LOEB est professeur d'astrophysique à l'université d'Harvard, dont il dirige le département d'astronomie depuis neuf ans. Il est directeur fondateur de son centre d'étude des trous noirs, et directeur de l'Institut de théorie et de calcul (ITC) du Centre d'astrophysique Harvard-Smithsonian. Il préside le comité consultatif du projet Breakthrough Starshot, supervise le programme scientifique de la fondation Breakthrough Prize, et préside le conseil des académies nationales de physique et d'astronomie des États-Unis. Il est membre du Comité des Conseillers du Président des États-Unis sur les sciences et les technologies à la Maison blanche. Auteur de six livres et plus de 800 articles scientifiques, Avi Loeb est membre de l'Académie américaine des arts et des sciences, de la Société américaine de physique, et de l'Académie internationale d'astronautique. En 2012, le magazine Time a cité Avi Loeb parmi les vingt-cinq personnes les plus influentes dans le domaine de l'exploration spatiale.

  • Les auteurs de ce livre ont vécu de l'intérieur cette crise sanitaire sans précédent. Frédéric Tangy est directeur du laboratoire d'innovation vaccinale à l'Institut Pasteur. Son laboratoire a conçu et mis au point, en seulement quelques mois, un vaccin contre le Covid-19. Jean-Nicolas Tournier, en tant que médecin militaire, s'est occupé du dépistage du virus et de la mise en place des mesures de protection au sein des armées ; il a lui-même expérimenté l'infection. Ce livre procède de leurs regards complémentaires. En un an, un virus jusque-là inconnu a surgi et a envahi toute la planète. D'où vient-il ? Pourquoi s'est-il réveillé ? Comprendre les maladies infectieuses, expliquer comment elles ont, au cours de l'évolution, façonné notre héritage génétique et défini notre identité, rappeler le rôle capital et largement méconnu qu'elles ont joué dans le cours de l'histoire humaine - celle des batailles et des empires -, montrer combien elles révèlent notre fragilité, telle est l'ambition de ce livre. Mais ce livre, d'une extraordinaire richesse, raconte aussi le combat haletant de l'humanité contre l'emprise infectieuse, la quête mondiale d'une immunité, et surtout la remarquable aventure de toute une équipe, celle de l'Institut Pasteur, mobilisée pour concevoir et mettre au point un vaccin français. Frédéric Tangy dirige le Laboratoire d'innovation vaccinale à l'Institut Pasteur Paris. Directeur de recherche au CNRS et professeur à l'Institut Pasteur, il a créé le cours international de vaccinologie de l'Institut Pasteur. Ses travaux scientifiques ont porté notamment sur la mise au point de vaccins contre le chikungunya, le sida, la dengue, Zika, la fièvre de Lassa ou encore le paludisme à partir du vaccin atténué contre la rougeole, et, récemment, la conception d'un vaccin contre le Covid-19. Jean-Nicolas Tournier est chef du département « Microbiologie et maladies infectieuses » à l'Institut de recherche biomédicale des armées (IRBA). Il est professeur à l'école du Val-de-Grâce et scientifique invité dans le Laboratoire d'innovation vaccinale à l'Institut Pasteur Paris. Il est par ailleurs expert à la Commission technique des vaccinations auprès de la Haute Autorité de santé. Son activité scientifique a porté sur le développement des nouvelles thérapeutiques contre les maladies infectieuses, notamment la maladie du charbon. Il a participé plus récemment à la gestion de l'épidémie de Covid-19 dans les armées. 

  • Les incasables

    Rachid Zerrouki

    " En enseignant en Segpa à des élèves âgés de 12 à 16 ans, je savais que je ne façonnerais pas des ingénieurs, des médecins ou des avocats, mais des manutentionnaires, carreleurs, tourneurs-fraiseurs ou professionnels de l'aide à domicile - des prolétaires sans qui tout s'effondrerait, mais que la société méprise, maltraite, sous-paye et exploite. En revanche, j'ignorais tout de ce que j'allais recevoir en retour : des leçons de vie en pagaille, des souvenirs impérissables et un sens à mon métier. "

    De 2016 à 2019, Rachid Zerrouki, connu sous le nom de Rachid l'instit sur Twitter, a été professeur à Marseille en Segpa, une section où se retrouvent les collégiens dont les difficultés scolaires sont trop graves et persistantes pour qu'ils suivent un cursus classique. Bien souvent, lorsqu'on recherche l'origine de ces difficultés, on découvre des drames, de la précarité, des vies marquées par l'adversité. Enseigner à ces élèves a entraîné Rachid Zerrouki à résoudre de nombreux dilemmes pédagogiques : ils ont les compétences pour lire La Sorcière de la rue Mouffetard et la maturité pour s'intéresser à Orgueil et Préjugés. Alors, que faire ? Insulter leur intelligence ou consumer leur confiance en eux ?
    En côtoyant au quotidien ces adolescents, Rachid Zerrouki a remis en cause sa formation et ses convictions. Dans ce livre d'une grande humanité, il dévoile son attachement envers l'école publique et partage tout ce que ces élèves lui ont appris.

  • Légende

    Sylvain Prudhomme

    "Enfants terribles, excessifs, effrayants d'intelligence, d'audace, de mépris de tous les dangers, de parfaite incapacité d'en surmonter aucun. À la fois précoces et formidablement ignorants de la vie."
    Les années 1980. Arles. Une bande de jeunes avides de liberté, pressés de vivre, d'aimer, d'oser. Parmi eux deux frères que tout oppose. Deux comètes qui traversent les paysages lunaires de la Crau. Et le sida qui déjà se profile au loin, avec ses quatre lettres indicibles. Qui sont ces garçons qui vont mourir ? Quelle aura été leur vie ? Faite de quels grands soirs, de quels petits matins ?

  • ' Lorsque j'ai rencontré Ehlmann, il était debout sur le bord de la route, sa voiture garée en catastrophe sur la bande d'arrêt d'urgence, feux de détresse allumés. J'ai vu qu'il souriait, que tout son visage était tordu de larmes et de rires à la fois, j'ai pensé qu'il était fou. '
    Avec Les orages, Sylvain Prudhomme explore ces moments où un être vacille, où tout à coup il est à nu. Heures de vérité. Bouleversements parfois infimes, presque invisibles du dehors. Tourmentes après lesquelles reviennent le calme, le soleil, la lumière.

  • « L'impact du milieu n'a pas le même effet sur un bébé, sur un adulte, selon la construction physique et mentale de chacun. Ce que nous sommes aujourd'hui n'est pas ce que nous serons demain, marqués, expérimentés et souvent blessés par l'existence. Notre corps et notre esprit modifiés par la vie devront s'adapter à un monde toujours nouveau. Les hommes et les femmes, les pères et les mères, voient leurs places respectives bouleversées par une nouvelle donne qui chamboule les schémas traditionnels du masculin et du féminin et qui redistribue l'identité et le rôle de chacun dans le couple et dans la famille. Notre culture a perdu la boussole, nous naviguons à vue, bousculés par les événements, errant là où le vent nous porte. Il nous faut reprendre un cap, car nous venons de comprendre que l'homme n'est pas au-dessus de la nature, n'est pas supérieur aux animaux, il est dans la nature. La domination, qui a été une adaptation pour survivre, aujourd'hui ne produit que du malheur. Une étoile du berger nous indique cependant la nouvelle direction, vers l'unité de la Terre et du monde vivant. » B. C. Un livre d'une richesse exceptionnelle, conjuguant tout le savoir le plus récent de l'éthologie, de la préhistoire, des neurosciences. Une méditation profonde sur la condition humaine et sur l'avenir de nos sociétés. Boris Cyrulnik est neuropsychiatre. Il est l'auteur de nombreux ouvrages qui ont tous été d'immenses succès, notamment Un merveilleux malheur, Les Vilains Petits Canards et, plus récemment, Sauve-toi, la vie t'appelle, Psychothérapie de Dieu et La nuit, j'écrirai des soleils. 

  • Les furtifs

    Alain Damasio

    AVERTISSEMENT DE L'ÉDITEUR : Alain Damasio et l'éditeur ont créé une police exclusive par laquelle des personnages sont désignés dans le texte. Il est donc fortement recommandé d'utiliser la « police de l'éditeur » (ou « police d'origine ») dans les paramètres de texte de votre logiciel de lecture.

    Ils sont là parmi nous, jamais où tu regardes, à circuler dans les angles morts de la vision humaine. On les appelle les furtifs. Des fantômes ? Plutôt l'exact inverse : des êtres de chair et de sons, à la vitalité hors norme, qui métabolisent dans leur trajet aussi bien pierre, déchet, animal ou plante pour alimenter leurs métamorphoses incessantes.
    Lorca Varèse, sociologue pour communes autogérées, et sa femme Sahar, proferrante dans la rue pour les enfants que l'éducation nationale, en faillite, a abandonnés, ont vu leur couple brisé par la disparition de leur fille unique de quatre ans, Tishka - volatisée un matin, inexplicablement. Sahar ne parvient pas à faire son deuil alors que Lorca, convaincu que sa fille est partie avec les furtifs, intègre une unité clandestine de l'armée chargée de chasser ces animaux extraordinaires. Là, il va découvrir que ceux-ci naissent d'une mélodie fondamentale, le frisson, et ne peuvent être vus sans être aussitôt pétrifiés. Peu à peu il apprendra à apprivoiser leur puissance de vie et, ainsi, à la faire sienne.

    Les Furtifs vous plonge dans un futur proche et fluide où le technococon a affiné ses prises sur nos existences. Une bague interface nos rapports au monde en offrant à chaque individu son alter ego numérique, sous forme d'IA personnalisée, où viennent se concentrer nos besoins vampirisés d'écoute et d'échanges. Partout où cela s'avérait rentable, les villes ont été rachetées par des multinationales pour être gérées en zones standard, premium et privilège selon le forfait citoyen dont vous vous acquittez.
    La bague au doigt, vous êtes tout à fait libres et parfaitement tracés, soumis au régime d'auto-aliénation consentant propre au raffinement du capitalisme cognitif.

  • Claire, qui vit en Europe, passe l'été à Tokyo chez ses grands-parents. L'objectif de plus en plus lointain de ce séjour est d'emmener ces derniers en Corée renouer avec leur pays qu'ils ont fui pendant la guerre civile il y a plus de cinquante ans.
    Claire partage son temps entre le quartier coréen de Tokyo, l'appartement des grands-parents et le monde de la petite Mieko, dont elle doit s'occuper pendant les vacances d'été japonaises.

    L'écriture précise et dépouillée d'Elisa Dusapin parvient à plonger le lecteur dans une atmosphère intime de douceur et de violence feutrée. Elle excelle à décrire l'ambivalence propre aux relations familiales : les cruels malentendus comme l'amour entre les personnages sont d'une puissante justesse.

    Née en 1992 d'un père français et d'une mère sud-coréenne, Elisa Dusapin grandit entre Paris, Séoul et Porrentruy. Pour son premier roman paru aux Editions Zoé, Hiver à Sokcho elle reçoit le Prix Walser, le Prix Alpha, le prix Régine Desforges, et est lauréate de l'un des prix Révélation de la SGDL.

  • A la morte saison, dans l'enceinte désertée d'un cirque à Vladivostok, un trio à la barre russe s'entraîne. Nino pourrait être le fils d'Anton, à eux deux, ils font voler Anna dans les airs. Ils se préparent au concours international de Oulan-Oude, visent le quadruple triple saut périlleux sans descendre de la barre. Si Anna ne fait pas confiance aux porteurs, elle tombe et ne se relève plus.Dans ce troisième roman d'Elisa Dusapin, le lecteur retrouve son art du silence, de la tension et de la douceur. Son sens puissant de l'image nous rend le monde plus perceptible, plus proche sans pour autant en trahir le secret.

    Née d'un père français et d'une mère sud-coréenne, Elisa Shua Dusapin grandit entre Paris, Séoul et Porrentruy. Elle a publié aux éditions Zoé en 2016 Hiver à Sokcho (prix Walser, Alpha, Régine Desforges et Révélation de la SGDL) et en 2018 Les Billes du Pachinko (Prix suisse de littérature et Alpes-Jura)

  • À Sokcho, petite ville portuaire proche de la Corée du Nord, une jeune Fran­co-coréenne qui n'a jamais mis les pieds en Europe rencontre un auteur de bande dessinée venu chercher l'inspiration depuis sa Normandie natale. C'est l'hiver, le froid ralentit tout, la cuisine de poissons peut être dangereuse, les corps douloureux, les malentendus suspendus, et les coups de crayon danser sur le papier : une attirance fragile se noue entre ces deux êtres aux cultures si dif­férentes. Ce roman délicat comme la neige sur l'écume transporte le lecteur dans un univers d'une richesse et d'une originalité rares, à l'atmosphère puissante.

  • De 2010 à 2016, Pascal Dusapin a échangé sur sa musique au travers d'une correspondance et de deux entretiens avec Maxime McKinley. De fil en aiguille, ce dialogue spontané est devenu un projet de livre. Il s'agit d'un parcours riche en déviations et associations d'idées dans l'atelier d'un des plus importants compositeurs de notre temps. Maxime McKinley a enrichi l'échange ici réuni d'une préface et d'un épilogue, de compléments en notes de bas de pages, d'illustrations - extraits de partitions et photographies de Dusapin, notamment - et de quelques annexes. Dans ce livre, l'imaginaire de Pascal Dusapin se dévoile librement, de l'opéra à l'installation sonore en passant par le quatuor à cordes, le concerto, la photographie et avec le secours constant de la philosophie et la littérature pour tenter de clarifier cette « voix [musicale] qui parvient dans le noir » (Beckett). Ces déambulations s'adressent tant au mélomane curieux de découvrir cet univers singulier qu'au chercheur spécialisé en quête de matière de première main.

  • Pascal Dusapin est aujourd'hui le compositeur français vivant le plus célèbre. Il a composé, depuis quatre décennies, selon diverses manières, toutes atonales et néanmoins de plus en plus « accessibles » au public.
    La plus récente (son « troisième style »), empreinte de lyrisme, ne s'interdit plus les envoutantes textures de cordes, et serait en quelque sorte néo-romantique mais dans le strict cadre du timbre. La première, encore xénakienne, hérissée de quarts de tons et de tremoli néo-expressionnistes, était celle des années 1980. La seconde occupe cet ouvrage. C'est ce qu'on appelle « l'intonation ». Dusapin, durant les années 1990, assoie une « modalité restreinte » qui semble imiter, à l'instrument, les prosodies de la voix parlée. Il en résulte une permanence incantatoire, qui parle littéralement à l'auditeur.
    Ce livre commence par examiner comment la linguistique pourrait admettre de petits modes musicaux dans la parole. Puis on tente de présenter, techniquement, « l'intonationnisme » de Dusapin, qui culmine peut-être dans Watt (1994), le concerto pour trombone. Enfin on dégage une esthétique, l'écho. C'est une approche du tréfonds commun à l'homme et à l'animal, « sale », archaïque, prosaïque, en réaction historique aux scientismes sériels puis spectraux, et qui replace la voix, en tant qu'affect brut, au coeur de la musique contemporaine.
    Cet ouvrage est une réédition de Pascal Dusapin. L'intonation ou le secret (éditions mf, 2002), réaménagée et actualisée en son introduction.

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