Abderrahmane N'Gaïde

  • "L'Histoire d'un tableau commence-t-elle au moment de sa révélation au public ou à celui de sa conception ?" Cette question d'Abdarahmane Ngaïdé résume bien son propos dans ce texte. La conception que nous avons de l'oeuvre d'art est historique ou évolutive. Comment des objets usuels peuvent-ils faire leur entrée dans la catégorie de l'art ? Peut-on faire des oeuvres qui ne soient pas d'"art" ? Où se trouve la différence entre l'art et le non-art ? Pour parler comme Goodman, "Quand y a-t-il art ?" L'auteur, historien, essayiste romancier et poète, nous livre ici ses réflexions sur le domaine culturel.

  • Un voyage est toujours un prétexte pour écrire / décrire. La Guadeloupe exhale son parfum, attire par sa beauté, sa majestuosité, sa musicalité. L'Homme de Guadeloupe est toujours debout défiant les incohérences du monde. Le peuple guadeloupéen, comme celui des Caraïbes, est partie prenante du monde et participe à la chaîne incessante de sa créolisation. C'esr lui qui sanctifie et relie les "Histoires" de Gorée et de Nantes.

  • Ode Assilahienne rend hommage à une rencontre historique où la diversité et la tolérance ont été "chantées" dans ce royaume chérifien. C'est un hymne rendu à une audace réfléchie que tout peuple partage, dans un monde de plus en plus égaré dans des conflits identitaires et politiques inextricables.

  • "Les voix abyssales de Bissau ou les douleurs de la mémoire" racontent un voyage à l'intérieur du subconscient surpris par la fatigue et le manque de sommeil. La mémoire piégée se raconte dans ces lignes où la peur, l'angoisse et le réflexion combattent sans merci pour le délivrance de la conscience restante. Ce texte est à lire comme le témoignage d'un vécu irrationnel qui a failli s'ériger en vérité absolue.

  • Le Bivouac est une fiction dont le fonds historique ne trompe pas. Histoire d'amour, elle raconte aussi celle d'une marche, de la trace qu'elle laisse, comme une relique, dans la vie des hommes. Suite logique du Bivouac, Fresques d'exil est une série de récits qui mêlent les couleurs aux sentiments d'un homme, parti à la rencontre du monde. Il découvre les visages, décrit les paysages et savoure la vie.

  • Ce livre analyse l'histoire tumultueuse de l'esclave, du colon et du marabout. Ce tryptique qui structure les développements permet de mieux appréhender la rencontre des trois pouvoirs, les enjeux identitaires et les trajectoires sociopolitiques qui forment les contours de la lutte de positionnement et de visibilité entre les deux "classes sociales" dans l'un des segments du Sénégal postcolonial.

  • Ce livre retrace une tragédie vécue par l'ensemble du peuple mauritanien au milieu des années 1980 et à la fin des années 1990. Il ne dresse pas un bilan, mais tente de faire un tour d'horizon des problèmes qui entravent une réelle ouverture démocratique et une véritable symbiose sociale. Son contenu doit être interprété comme une critique, mais aussi comme une contribution aux débats actuels en Mauritanie et dans la diaspora.

  • Ce livre d'entretiens ne retrace pas seulement l'itinéraire personnel d'un homme, mais interroge un temps. Chaque trajectoire « biographique » peut paraître singulière, mais elle ne prend son sens et son vrai relief que quand elle est remise dans son contexte. D'ailleurs, dans ce livre, il ne s'agit point d'une biographie à la française se rapprochant de la fiction romanesque, encore moins d'une biographie à l'anglo-saxonne qui recherche l'exhaustivité jusqu'au détail près des faits. Il ne s'agit pas non plus d'une entreprise qui a pour objectif une simple volonté de faire témoigner une figure. Elle va au-delà et essaie de sortir de l'entreprise holiste pour contribuer à rendre à la partie sa place dans le tout. Malgré ses 79 ans, Amady Aly Dieng déroute par sa jeunesse et sa fraîcheur d'esprit. Il est souvent taquin lorsqu'il n'est pas moqueur avec un langage anecdotique, plein de sarcasmes et d'humour! Il fait sourire et détend l'atmosphère s'il n'énerve pas. Les débats engagés, voire vigoureux, qu'il entretient avec les jeunes en témoignent amplement. Il a toujours « ce petit mot qui incite à la réflexion ». En effet, en nouant une conversation avec lui, on est plongé dans un monde dont l'effervescence intellectuelle n'a d'égale que la profondeur des changements que la période annonçait. Il fut un acteur intellectuel à des moments où le doute politique dominait, la soif de connaître empruntait des chemins aussi multiples que les défis qui attendaient le continent et la volonté de prouver l'historicité des sociétés africaines conduisait encore aux hypothèses les plus osées. C'est cette période qu'il raconte avec un brin d'émotion, mais aussi avec cette verve provocatrice qui lui sied. À travers ces entretiens, se déroule donc l'histoire d'un demi-siècle plein de bouleversements, d'espoirs mais aussi d'incertitudes fondées sur les interrogations que posent le présent et l'avenir du continent africain.

  • La parole est une totalité et par elle l'auteur devient sujet actif et prend conscience de l'esthétique qui sanctifie sa liberté d'exprimer, de partager ses angoisses et surtout son espoir. Ces vers sont les vestiges de son hurlement interne, les buttes témoin de son refus de se taire et de faire mourir en lui le désir de parler.

  • Ce petit livre est un fragment de discussions-pensées aléatoires qui porte sur des événements fragmentés, mais toujours solidaires pour alimenter l'énergie motrice des communautés mauritaniennes. C'est un puzzle d'idées éparses, mais qui puisent leur sève nourricière dans les racines profondes d'une Mauritanie en évolution.

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