Editions Léo Scheer

  • Les textes qui composent ce premier volume d'une série à venir intitulée Circonstances portent sur quelques séquences brèves et récentes de l'actualité planétaire ; ils sont parmi les plus polémiques, les plus sarcastiques, les plus scandaleux peut-être (c'est le souhait de l'auteur) que ces « circonstances désastreuses » pouvaient lui inspirer. Qu'elles pouvaient lui inspirer en philosophe. Qu'elles pouvaient lui inspirer plus précisément, et pour emprunter à son lexique, en métapolitique. Qu'est la métapolitique ? Le moyen qu'offre la philosophie de défaire les opinions établies et les propagandes dominantes.
    Quels mots établissent le langage, quel langage le jugement, quel jugement l'opinion, quelle opinion la propagande, et quelle propagande enfin le pouvoir dominant ; c'est ce que ce volume 1 de Circonstances analyse avec enjouement autant qu'avec gravité.

  • Que peut la philosophie sur la politique ? Rien, entend-on partout. Au contraire, dit Alain Badiou, la philosophie ne cesse pas de rencontrer la politique, rencontres qui sont autant de ces « circonstances » dont est formé le présent volume. Comme le précédent, celui-ci rappelle que, pour le philosophe, une circonstance n'est pas forcément ce qui fait la une des journaux. Qu'au contraire, c'est lui qui décide de l'importance de ce qui arrive. Autrement dit, qu'il s'agisse, comme c'est le cas ici, de la guerre en Irak, de la querelle du foulard, de l'art contemporain ou des rapports de l'Allemagne et de la France, philosopher consiste à éclairer la distance entre la pensée et le pouvoir (savoir si l'on peut la franchir), à marquer la valeur de l'exception (savoir si l'événement porte à la rupture) ; en dernière instance : à choisir.

  • Ce qui sert de point de départ au présent recueil, ce qui a suscité son existence, n'est pas l'évidence des antisémitismes anciens et nouveaux. C'est un débat de portée plus générale, ou plutôt un débat qui doit être tranché de manière préliminaire, même entre ceux qui s'accordent à ne pas supporter la moindre allusion antisémite. Il s'agit en effet de savoir si le mot « juif » constitue, oui ou non, un signifiant exceptionnel dans le champ général de la discussion intellectuelle publique, exceptionnel au point qu'il serait licite de lui faire jouer le rôle d'un signifiant destinal, voire sacré.
    On voit bien qu'on n'aborde pas de la même façon le processus d'éradication des formes de conscience antisémites si l'on pense qu'elles sont essentiellement distinctes de toute autre forme de racialisme discriminatoire, ou si l'on pense que toutes ces formes n'en appellent pas moins des réactions du même type : égalitaires et universalistes.

    Les textes d'Alain Badiou ici réunis sont suivis, en annexe, de « Signifiant-maître des nouveaux aryens », de Cécile Winter.
    Enoncer à rien sans déclencher l'alarme.

empty