Fayard

  • Tombeau d'Olivier

    Alain Badiou

    • Fayard
    • 22 Janvier 2020

    La vie de mon fils a été interrompue de façon imprévisible et violente. D'une façon en quelque sorte inacceptable. Mais je veux soutenir ici qu'en dépit de ces apparences, sa vie, singulière comme toute vie réellement subjectivée, a existé, pleinement, porteuse d'un sens dont la signification et l'usage avaient valeur universelle. 

  • «  Quel que soit l'intérêt qu'on porte à la conjoncture étroitement nationale du mouvement des gilets jaunes, tout comme à l'obstination méprisante du pouvoir en place, nous devons tenir ferme sur la conviction qu'aujourd'hui, tout ce qui importe vraiment est que notre patrie est le monde.
    Ce qui nous ramène aux dénommés "migrants . Il faut agir, bien évidemment, pour ne plus tolérer les noyades et les arrestations et la mise à l'écart pour des raisons de provenance ou de statut.  Mais au-delà, il faut savoir qu'il n'y a de politique contemporaine qu'avec ceux qui, venus chez nous, y représentent l'universel prolétariat nomade.
    En convoquant les textes philosophiques et politiques, mais aussi les poèmes, je voudrais examiner l'état actuel de cette cause et explorer la direction de ce que le poète nomme l'éthique du vivre monde et que je nomme, moi, le nouveau communisme.  »
     
    A.B.
     
    Alain Badiou est philosophe, dramaturge et romancier.

  • « Il faut en finir avec les visions stéréotypées de Mai 68, qui vont à coup sûr nourrir les célébrations comme les vitupérations, les nostalgies comme les procès de ce mois symbolique à l'occasion de son cinquantenaire.
    Au fond, en Mai 68, ce qui nous animait, ce qui nous enthousiasmait, était la conviction qu'il fallait en finir avec les places sociales, que le renversement de l'impitoyable, de la sordide hiérarchie des fortunes, des libertés et des pouvoirs était politiquement possible, à travers un type inédit de prise de parole et la recherche tâtonnante de formes d'organisation adéquates à la nouveauté de l'événement.
    Si nous portons toutes les leçons de Mai 68 au coeur du monde vivant, nous pourrons, oui, mais seulement sous ces conditions, redire et suivre l'appel de Mao : "On a raison de se révolter." »A. B.Alain Badiou est philosophe, dramaturge et romancier
     

  • La république de Platon

    Alain Badiou

    • Fayard
    • 4 Janvier 2012

    « Cela a duré six ans.  Pourquoi ce travail presque maniaque à partir de Platon ? C´est que c´est de  lui que nous avons prioritairement besoin aujourd´hui : il a donné l´envoi  à la conviction que nous gouverner dans le monde suppose qu´un accès à  l´absolu nous soit ouvert.  Je me suis donc tourné vers La République, oeuvre centrale du Maître  consacrée au problème de la justice, pour en faire briller la puissance  contemporaine. Je suis parti du texte grec sur lequel je travaillais déjà avec  ardeur il y a cinquante-quatre ans.  J´ai commencé par tenter de le comprendre, totalement, dans sa langue. Je  me suis acharné, je n´ai rien laissé passer ; c´était un face-à-face entre le  texte et moi. Ensuite, j´ai écrit ce que délivrait en moi de pensées et de  phrases la compréhension acquise du morceau de texte grec dont j´estimais  être venu à bout. Peu à peu, des procédures plus générales sont apparues :  complète liberté des références ; modernisation scientifique ; modernisation  des images ; survol de l´Histoire ; tenue constante d´un vrai dialogue,  fortement théâtralisé. Évidemment, ma propre pensée et plus généralement  le contexte philosophique contemporain se sont infiltrés dans le traitement  du texte de Platon, et sans doute d´autant plus quand je n´en étais  pas conscient.  Le résultat, bien qu´il ne soit jamais un oubli du texte original, pas même  de ses détails, n´est cependant presque jamais une "traduction" au sens  usuel. Platon est omniprésent, sans que peut-être une seule de ses phrases  soit exactement restituée. J´espère être ainsi parvenu à combiner  la proximité constante avec le texte original et un éloignement radical, mais  auquel le texte, tel qu´il peut fonctionner aujourd´hui, confère généreuse- ment sa légitimité.  C´est cela, après tout, l´éternité d´un texte. »                                                                                                    Alain Badiou

  • « Ce séminaire est vraiment exceptionnel, aussi bien quantitativement que par sa structure et sa visée. On pourrait le considérer comme un commentaire de ma traduction de La République de Platon proposé en public. J'y tente aussi de donner à mon idée du communisme nouveau, tout comme à la conception que je me fais de la philosophie elle-même, des appuis extrêmement détaillés et, je le crois, souvent originaux. En ce sens, il est une sorte d'introduction simultanée à Platon et à mon oeuvre propre.
    Tout cela lui donne une étrange allure à la fois joyeuse et cependant chargée d'un contenu essentiel, presque unique dans mes écrits. Comme si ce dialogue, qui fait une voix de deux ou trois voix, parvenait à orchestrer mes thèmes essentiels au lieu de les laisser à leur austère nudité. »
    A. B.
     
    Depuis 1966, une part importante de l'enseignement du philosophe Alain Badiou a pris la forme d'un séminaire, lieu de libre parole et laboratoire de pensée. Les éditions Fayard publient l'ensemble de ces Séminaires de 1983 à aujourd'hui, période où la documentation est abondante et continue. Ce volume est le quatorzième de la série.

  • La vraie vie

    Alain Badiou

    • Fayard
    • 24 Août 2016

    Alain Badiou La vraie vie « La toute première réception officielle de la philosophie, avec Socrate, prend la forme d'une très grave accusation : le philosophe corrompt la jeunesse. Alors, si j'adopte ce point de vue, je dirai assez simplement : je viens corrompre la jeunesse en parlant de ce que la vie peut offrir, des raisons pour lesquelles il faut absolument changer le monde et qui, pour cela même, imposent de prendre des risques. Aujourd'hui, parce qu'elle en a la liberté, la possibilité, la jeunesse n'est plus ligotée par la tradition. Mais que faire de cette liberté, de cette nouvelle errance ? Filles et garçons doivent découvrir leur propre capacité quant à une vraie vie, une pensée intense qui affirme le monde nouveau qu'ils entendent créer. Que vivent nos filles et nos fils ! » A. B. Alain Badiou est philosophe, dramaturge et romancier.

  • Je vous sais si nombreux...

    Alain Badiou

    • Fayard
    • 25 Octobre 2017

    «  Espérons, agissons. N'importe qui, n'importe où, peut commencer à faire de la politique vraie, au sens que lui donne le présent texte. Et parler, à son tour, autour de lui, de ce qu'il a fait. C'est ainsi que tout commence.  » 
    A.B.

  • Dans ce court essai, Alain Badiou revient sur les tueries perpétrées le 13 novembre à Paris et propose d'élucider ce qui est arrivé.Qui sont les agents de ce crime de masse ? Et comment qualifier leur action ?Où en est notre monde, du point de vue de ce qui a été ainsi mis en place insidieusement, puis avec acharnement depuis un peu plus de trente ans ?Ce dont nous souffrons, c'est de l'absence à échelle mondiale d'une politique disjointe du capitalisme hégémonique. Tant qu'une proposition stratégique autre ne sera pas faite, le monde restera dans une désorientation essentielle. C'est un travail pour tous que d'essayer de faire que l'histoire de l'humanité change de direction et s'arrache au malheur opaque où en ce moment elle s'enfonce.

  • «  Le vif intérêt rétrospectif des séminaires de la fin des années 1980 et du tout début des années 1990, y compris pour moi-même, est d'y lire non seulement la présence de L'être et l'événement, mais la façon dont il affecte mon enseignement, comme si ce dernier était désormais consacré à la présentation, défense et illustration d'un livre, par une sorte de guérilla latérale.
    Ce qui traverse tout cela est la critique de la catégorie d'objet, portée au point où le but de l'analyse est de valider le concept d'un sujet sans objet. Tel doit être en effet, et c'est ce qui justifie le titre finalement donné à ce séminaire, le sujet dont toute vérité se soutient.  »
    A.B. 

  • Le socle philosophique de l'oeuvre multiforme d'Alain Badiou (théâtre, romans, essais esthétiques ou politiques, éloges, polémiques...) est déposé dans trois grands livres, qui constituent une sorte de saga métaphysique  : L'être et l'événement (1988), Logiques des mondes (2006) et enfin L'Immanence des vérités, auquel il travaille depuis une quinzaine d'années.
    Apres avoir étudié vérités et sujets du point de vue de la théorie de l'être, après avoir rendu raison de ce que cette universalité des vérités et de leurs sujets peut se plier aux règles de l'apparaître dans un monde particulier, ce troisième volume aborde une question redoutable  : d'où peut se soutenir que les vérités sont absolues, c'est-à-dire non seulement opposées à toute interprétation empiriste, mais encore garanties contre toute construction transcendantale  ? Qu'en est-il des vérités et des sujets, saisis, au-delà des formes structurales de leur être et des formes historico-existentielles de leur apparaître, dans l'irréversible absoluité de leur action et dans l'infini destin de leur oeuvre finie ? Et que faut-il entendre par l'absoluité du vrai, puisque les dieux sont morts  ?
     
    Il s'est agi, au fond, d'un bout à l'autre, de construire pour notre temps une pensée complète, tirée, comme le firent Platon, Descartes ou Hegel, de matériaux rationnels contemporains, mathématiques, poétiques, amoureux et politiques. Il s'est agi de la vraie vie  : nous sommes capables, dans la forme d'une oeuvre, individuelle ou collective, dans les quatre registres que fréquente l'animal humain survolté, de processus créateurs où se conjuguent dialectiquement la singularité, l'universalité et l'absoluité. Depuis sa naissance, la tâche de la philosophie ne tient qu'à ceci  : créer, dans les conditions de son temps, le savoir de la possibilité existentielle du vrai.
     
    Alain Badiou est philosophe, dramaturge et romancier.
     

  • Il y a vingt ans, mon premier Manifeste pour la philosophie s'élevait contre l'annonce, partout répandue, de la " fin " de la philosophie. A cette problématique de la fin, je proposais de substituer le mot d'ordre : " un pas de plus ". La situation a bien changé. Si la philosophie était à l'époque menacée dans son existence, on pourrait soutenir aujourd'hui qu'elle est tout aussi menacée, mais pour une raison inverse : elle est dotée d'une existence artificielle excessive.Singulièrement en France, la " philosophie " est partout. Elle sert de raison sociale à différents paladins médiatiques. Elle anime des cafés et des officines de remise en forme. Elle a ses magazines et ses gourous. Elle est universellement convoquée, des banques aux grandes commissions d'Etat, pour dire l'éthique, le droit et le devoir. Tout le point est que par " philosophie " on entend désormais ce qui en est le plus antique ennemi : la morale conservatrice. Mon second manifeste tente donc de démoraliser la philosophie, d'inverser le verdict qui la livre à la vacuité de " philosophies " aussi omniprésentes que serves. Il renoue avec ce qui, de quelques vérités éternelles, peut illuminer l'action. Illumination qui porte la philosophie bien au-delà de la figure de l'homme et de ses " droits ", bien au- delà de tout moralisme, là où, dans l'éclaircie de l'Idée, la vie devient tout autre chose que la survie.
    A. B.

  •   «  Le présent séminaire est une véritable transition entre L'être et l'événement, publié en 1988, et sa suite, Logiques des mondes, publiée en 2006. De façon simple et centrale, on pourrait dire que le premier livre s'occupe de l'être, cependant que le second s'occupe de l'existence.
      Mais en quel sens un séminaire dont le titre est Théorie axiomatique du sujet peut-il porter sur le lien entre être et existence  ? En précisant autant que faire se peut la catégorie centrale de sujet.
    Ce séminaire, plutôt qu'un produit fini, est une sorte de mine, dont je suis persuadé qu'on peut extraire des propositions encore inconnues.  »A.B.
    Depuis 1966, une part importante de l'enseignement du philosophe Alain Badiou a pris la forme d'un séminaire, lieu de libre parole et laboratoire de pensée. Les éditions Fayard publient l'ensemble de ces Séminaires de 1983 à aujourd'hui, période où la documentation est abondante et continue. Ce volume est le treizième de la série.

  • «  Le séminaire "L'essence de la politique" appartient au cycle qui étudie les quatre procédures de vérité (science, art, amour, politique) dans leur être de condition de la philosophie. Le coeur de l'entreprise a cette fois été de démontrer un théorème spéculatif difficile, dont je donne, près de trente ans plus tard, une version synthétique  : La politique est la pensée, ou la théorie, de ce qu'elle est, y compris si on l'entend comme "pratique", comme action transformatrice de l'humanité par elle-même. Mais une définition de la politique, qui en expose l'Idée éternelle, est toujours de nature philosophique. Il en résulte que toute confusion entre la pensée politique comme telle, agissant en situation, et sa définition philosophique, tournée vers l'éternité, prépare un désastre. Ces pages confrontent en moi-même, et dans leur tension toujours portée à l'irrésolution, le militant et le philosophe. Que le lecteur injecte dans ce support ses propres impasses...  »A. B. 
    Depuis 1966, une part importante de l'enseignement du philosophe Alain Badiou a pris la forme d'un séminaire, lieu de libre parole et laboratoire de pensée. Les éditions Fayard publient l'ensemble de ces Séminaires de 1983 à aujourd'hui, période où la documentation est abondante et continue. Ce volume est le douzième de la série.

  • « Ce séminaire part d'un lieu commun : l'expression "changer le monde", qui a largement enchanté les deux siècles précédents. Dans nos contrées dites "occidentales", riches mais en crise, "démocratiques" mais rongées par le virus identitaire, l'expression "changer le monde" a un double statut. D'un côté, pour autant qu'elle a désigné un vouloir révolutionnaire, elle est tenue pour le nom périmé d'une utopie criminelle. D'un autre côté cependant, on nous enseigne qu'à tout instant le monde change à une vitesse extraordinaire, que nous sommes toujours en retard sur ce changement, et que d'incessantes "réformes" doivent plier les sujets à y consentir. On ne peut qu'en conclure que, dans cette affaire, "changer" est un verbe équivoque. Si tout change, y compris les acteurs, témoins et victimes dudit changement, rien ne peut attester le changement. Si en revanche il existe un repère fixe, un invariant relatif d'où prendre mesure du changement comme changement réel, quel est le statut de cet invariant ? Il faut reprendre entièrement la question du changement réel au-delà de l'antinomie rupture totale ou continuité d'une incessante innovation. Le problème est celui du lieu subjectif, d'où l'on peut concevoir, dans une subtile dynamique de l'immanence et du retrait, ce qu'est un changement orienté. » A. B.

  • « Le séminaire sur Nietzsche résulte de ce qu'on peut appeler une décision pure, dont le résultat ne s'est pas inscrit dans les grandes scansions livresques de mon entreprise. Il est même resté à part de ses compagnons, les antiphilosophes modernes et antiques. Mais n'est-ce pas son destin, en vérité ? Je l'aime dans la solitude où tout le monde, sectateurs et calomniateurs, suiveurs et hurleurs, interprètes et propagandistes, l'ont toujours laissé. On verra comment, gouverné par cette profonde sympathie, le commentant en détail et l'admirant sans avoir pour autant à lui concéder quoi que ce soit, j'ai pu décerner à Nietzsche, en mon seul nom, le titre suivant : prince pauvre et définitif de l'antiphilosophie. »A. B.  Depuis 1966, une part importante de l'enseignement du philosophe Alain Badiou, aujourd'hui professeur émérite à l'École normale supérieure, a pris la forme d'un séminaire, lieu de libre parole et laboratoire de pensée. Les éditions Fayard publient l'ensemble de ces Séminaires de 1983 à aujourd'hui, période où la documentation est abondante et continue. Ce volume est le sixième de la série.

  • «  Il est tout à fait remarquable que ce séminaire soit la matrice de deux de mes livres les plus lus, aujourd'hui, dans le monde  : L'Éthique (1993) et Éloge de l'amour (2009). On va y parler des valeurs, le Bien et le Mal, et on va parler, dans la foulée, de l'amour. Quel peut bien être le lien que ces motifs en quelque sorte moraux et sentimentaux entretiennent entre eux  ?
    Ce séminaire fut en fait le chantier oral de mon agitation scripturale autour de la question des quatre conditions de la philosophie : l'art, la science, la politique et l'amour. Établi au plus près de ses accents souvent impérieux, le présent texte me semble rendre justice à cette tentative de porter la solide architecture de l'être et l'événement jusqu'à ses conséquences vitales les plus difficiles à percevoir.  »
      A.B.

  • Faut-il accepter comme une loi de la raison que le réel exige en toutes circonstances une soumission plutôt qu´une invention ? Le réel est toujours ce qui se découvre au prix que le semblant qui nous subjugue soit arraché. Aujourd´hui, nous devons être convaincus qu´en dépit des deuils que la pensée nous impose, chercher ce qu´il y a de réel dans le réel peut être, est, une passion joyeuse.Professeur émérite à l´École normale supérieure, Alain Badiou est philosophe, dramaturge et romancier.

  • Le séminaire. l'infini

    Alain Badiou

    • Fayard
    • 9 Novembre 2016

    « Ce séminaire de l'année 1984-1985, portant sur l'Infini, est le frère de celui portant sur l'Un, tenu en 1983-1984, et déjà publié. Il s'agit de passer au filtre de la grande histoire de la philosophie quelques concepts majeurs de L'être et l'événement, publié en 1988. L'examen historique des concepts n'a pas pour objectif direct leur incorporation dans ma propre entreprise métaphysique. Je cherche plutôt à saisir la multiplicité des définitions et des constructions, un peu comme qui regarde un objet sous différents angles et exposé à différentes lumières. Au fond, quand on cherche une idée dans l'histoire, ce sont souvent les détails qui importent et parfois unifient des pensées qu'on aurait pu croire opposées. Cela donne à ce séminaire un tour exégétique et raffiné. Mais que le lecteur ne soit pas effrayé : la gymnastique intellectuelle est à la fin plus merveilleuse et plus féconde que l'autre. Et puis, j'ose le dire, je lui ai pas mal mâché le travail ! » A.B.  Depuis 1966, une part importante de l'enseignement du philosophe Alain Badiou, a pris la forme d'un séminaire, lieu de libre parole et laboratoire de pensée. Les éditions Fayard publient l'ensemble de ces Séminaires de 1983 à aujourd'hui, période où la documentation est abondante et continue. Ce volume est le huitième de la série. Alain Badiou est philosophe, dramaturge et romancier.

  • La publication des seize volumes du Séminaire d´Alain Badiou constitue un événement. Non seulement parce que, depuis 1966, la renommée du Séminaire n´est plus à démontrer, mais aussi parce qu´il est le laboratoire de la pensée du philosophe ; c´est dans ce cadre qu´Alain Badiou teste ses idées, les nourrit, les affute. Ces presque cinquante années de libre parole sont enfin et surtout un moyen d´accès privilégié pour les non-spécialistes à l´histoire de la philosophie et à ses grandes figures tant le ton est vivant et le propos limpide. Le Séminaire sur Lacan, tenu en 1994-1995, inaugure la série. Alain Badiou y aborde l´oeuvre de celui qui se qualifie lui-même d´« antiphilosophe » dans ce qu´elle a de radicalement nouveau, qui vient contrarier la philosophie. Il montre à rebours comment la philosophie, confrontée à la psychanalyse, en a intégré les apports. En cheminant à travers les controverses d´une époque, nous rencontrons avec bonheur les formules inventives et décisives de Lacan.

  • « Entre 1982, date de parution de Théorie du sujet, et 1988, date de parution de L'être et l'événement, mon séminaire a presque exclusivement été consacré à l'étude de textes venus de la grande tradition constitutive de l'histoire de la philosophie. Le but de cette large investigation était en fait de consolider la construction de quelques concepts fondamentaux de mon ontologie, telle qu'elle se découvre dans L'être et l'événement. En 1983 1984, j'avais, en m'appuyant sur Descartes, Platon et Kant, médité sur l'Un, concept dont j'entendais montrer qu'il devait être déchu de sa prépondérance métaphysique, pour être ramené à une opération que j'ai appelée le « compte-pour-un ». Ce compte est empirique quand il n'est qu'un mode de présence du multiple. Il est rationnel quand il concerne une multiplicité générique, soit le type de multiplicité qui, ayant une valeur universelle, mérite le nom de vérité. Cette enquête sur l'Un fut complétée, pendant l'année 1984-1985, par un minutieux travail sur l'infini, s'appuyant sur Aristote, Spinoza et Hegel. Ce séminaire sera publié dès l'automne prochain. On disposera ainsi d'une assez intéressante histoire de la philosophie classique. »A.B. Depuis 1966, une part importante de l'enseignement du philosophe Alain Badiou, a pris la forme d'un séminaire, lieu de libre parole et laboratoire de pensée. Les éditions Fayard publient l'ensemble de ces Séminaires de 1983 à aujourd'hui, période où la documentation est abondante et continue. Ce volume est le septième de la série.

  • Le séminaire ; Parménide

    Alain Badiou

    • Fayard
    • 15 Octobre 2014

    « J´ai, dès 1983, commencé humblement le trajet qui devait aboutir, cinq ans plus tard, à la publication de L´être et l´événement par un examen renouvelé de la grande histoire de la philosophie. La médiocrité intellectuelle du démocratisme ambiant était telle que j´étais sûr de trouver, dans cette grande histoire, de quoi démonter cette moderne machination.
    La méthode de ce Séminaire consiste à tenter de démontrer qu´il y a de sérieuses raisons de tenir Parménide pour le fondateur d´une discipline nouvelle, non parce qu´il a vaticiné sur l´être et le non-être, comme le firent de nombreuses mythologies, mais parce qu´il a convoqué dans cette vaticination poétique son contraire, à savoir la rigueur universelle absolue des procédures mathématico-logiques qui, au même moment, trouvaient en Grèce leur forme définitive.  Il y a dans ce Séminaire un côté réjouissant de suspense, d´enquête policière, de contestation raisonnée des dires de quelques témoins importants, comme Platon ou Heidegger. Sa densité ne doit pas dissimuler l´espèce de science joyeuse qui l´anime. »A. B.
    Depuis 1966, une part importante de l´enseignement du philosophe Alain Badiou, aujourd´hui professeur émérite à l´École normale supérieure, a pris la forme d´un séminaire, lieu de libre parole et laboratoire de pensée. Les éditions Fayard publient l´ensemble de ces Séminaires de 1983 à aujourd´hui, période où la documentation est abondante et continue. Ce volume est le quatrième de la série.

  • La publication des seize volumes du Séminaire d´Alain Badiou constitue un événement. Non seulement parce que, depuis 1966, la renommée du Séminaire n´est plus à démontrer, mais aussi parce qu´il est le laboratoire de la pensée du philosophe ; c´est dans ce cadre qu´Alain Badiou teste ses idées, les nourrit, les affute. Ces presque cinquante années de libre parole sont enfin et surtout un moyen d´accès privilégié pour les non-spécialistes à l´histoire de la philosophie et à ses grandes figures tant le ton est vivant et le propos limpide. En 1986, Alain Badiou consacre son enseignement à Malebranche (1638-1715). A priori, nul penseur plus éloigné de nous, aussi bien dans ses visées de philosophe, qui, dans le contexte du rationalisme de Descartes, se propose de donner une armature scientifique au christianisme, que dans son militantisme d´ecclésiastique. Pourtant, nul besoin d´être un théologien ou un homme du Grand Siècle pour comprendre Malebranche et être touché par la sincérité de son entreprise, la souplesse de son style. Guidés par Alain Badiou, on découvre un penseur étonnant.

  • « Cet imposant ensemble, représentant deux années et demie d´intervention mensuelle, est à plus d´un titre une sorte de tournant dans l´histoire générale de mon séminaire. Il ouvre la série des séminaires qui traitent un même motif pendant plusieurs années consécutives. La poésie et le théâtre sont très souvent convoqués, en même temps que le commentaire politique est plus précis et plus constant. Les vingt séances articulent des éléments qui peuvent paraître disparates, mais dont l´unité tient à la question philosophique du présent, du temps présent, et des conditions sous lesquelles la philosophie peut être contemporaine de son propre temps. La courbe générale va d´une analytique de notre présent, dominé en réalité par sa fuite ou son absence, aux maximes de la construction d´un présent réel et des caractéristiques d´un Sujet qui s´y ordonne. Elle tente d´éclairer l´unique question réellement importante de la philosophie, qui est la question de la vraie vie."A. B.

  • « L´année de ce Séminaire (1986), j´étais en train d´achever L´être et l´événement, qui constitue le socle de l´ensemble de mon oeuvre philosophique. Il propose en effet une métaphysique contemporaine, où sont redéfinis et réordonnés tous les concepts classiques. Centralement, le triptyque fondamental : être, vérité, sujet.
    Finalement, dans la mesure où c´est Heidegger qui a rendu à la philosophie contemporaine le couple originaire, parménidien, de l´être et de la pensée, mon entreprise ne peut se présenter que comme un dépassement dialectique de Heidegger. En un sens, avec et contre Heidegger, ce Séminaire raconte comment s´invente une ontologie dans le discord philosophique, l´amitié pour le poème, et l´instruction du mathème. »A. B.Depuis 1966, une part importante de l´enseignement du philosophe Alain Badiou, aujourd´hui professeur émérite à l´École normale supérieure, a pris la forme d´un séminaire, lieu de libre parole et laboratoire de pensée. Les éditions Fayard publient l´ensemble de ces Séminaires de 1983 à aujourd´hui, période où la documentation est abondante et continue. Ce volume est le cinquième de la série.

empty