Andre Brochu

  • Très rapidement, Anne Hébert trouve sa voie, singulière entre toutes celles de notre littérature : le matérialisme. Entendons par là que, récusant l'enseignement religieux, c'est dans les profondeurs du moi que l'auteure cherche la vérité de l'être ; et la plongée en soi révèle essentiellement, comme le disait Freud, le jeu des pulsions. Pulsions de vie et de mort. Toute l'oeuvre est un quête du secret logé dans le coeur charnel, une quête du désir et des risques mortels qu'il fait courir à celui ou celle (François, Catherine, Elisabeth, Julie, Héloïse, Stevens...) qui s'abîme en lui. Cette étude couvre l'ensemble des écrits (poésie, roman, théâtre), jusqu'aux plus récents publiés par Anne Hébert. Les textes les plus importants font l'objet d'une analyse détaillée. Les continuités thématiques, relevées avec précision, font ressortir l'unité de l'oeuvre ainsi que la complicité entre roman et poésie. Et la mise en lumière des différences permet d'observer l'évolution de la problématique d'ensemble. Écrit dans une langue claire, le discours critique évite tout jargon, et l'analyse se garde de toute perspective réductrice. L'oeuvre est mise en parallèle avec les grandes orientations littéraires contemporaines, ce qui met en évidence des aspects nouveaux comme la différence fondamentale avec l'oeuvre de Saint-Denys Garneau, et révèle en Anne Hébert l'une des grandes exploratrices de l'intériorité pulsionnelle de notre littérature.

  • André Brochu n'a nul besoin de présentation dans le paysage littéraire québécois. On lui doit beaucoup et ce, sur plusieurs plans. Auteur de nombreux essais, de romans, de poésie, ce touche-à-tout a toujours de nouvelles choses à nous dire pour notre plus grand bonheur.Avec la parution du recueil Je t'aime, je t'écris, on peut dire que la collection « Mains libres », dirigée par Jacques Allard, a le vent dans les voiles!Divisé en deux parties, Le Corps de l'amoureuse et Je t'aime, je t'écris, le recueil d'André Brochu se veut une véritable ode à l'amour et à ses tourments. L'excitation, l'extase, l'attente, la rupture se côtoient comme autant de parties intégrantes de cette grande aventure humaine qu'est l'amour. Pour illustrer le tout, André Brochu utilise les mots tel un magicien pour exprimer chaque nuance avec justesse, émotion et sensibilité.

  • Ce numéro de printemps de Lettres québécoises est sous le signe de la poésie. La discrète poète Martine Audet (en couverture) se dévoile dans un autoportrait poétique et répond aux questions de son amie Catherine Mavrikakis dans « un entretien n'en est pas un, car c'est l'oeuvre d'Audet qui parle ». Gaston Bellemare est en entrevue pour souligner la 30e édition du Festival international de poésie de Trois-Rivières qui se tenait en octobre dernier et un article sur le Printemps des poètes nous rappelle que le Mois de la poésie est à nos portes. À lire aussi dans ce numéro, un dossier abordant la problématique de l'enseignement et de l'apprentissage de la littérature québécoise au secondaire et au collégial.

  • Lettres québécoises a eu une bonne idée : nous faire pénétrer dans l'univers de Jimmy Beaulieu, auteur de bandes dessinées autodidacte et passionné originaire de l'Île d'Orléans. Son parcours d'éditeur, d'animateur d'atelier, de commissaire, etc. est aussi riche que son oeuvre éblouit. Cette édition d'hiver nous offre aussi une belle sélection d'oeuvres marquantes des derniers mois, notamment le magnifique Recommencements d'Hélène Dorion, l'angoissant et psychologique Bondrée d'Andrée A. Michaud et le passionnant roman historique Les filles peintes de Cathy Marie Buchanan. À lire aussi : un dossier sur l'état « critique » du métier de critique, un compte-rendu des 12e Correspondances d'Eastman et un article soulignant les 15 ans de l'événement Livres comme l'air.

  • Profondément québécois et pourtant parmi les plus exotiques des romanciers d'ici, Éric Dupont écrit à partir d'un pays loin d'être figé dans son passé et limité par son territoire. Chez Dupont, les Gaspésiens vont à la recherche du vent (La logeuse) et les gens du Bas-du-Fleuve conquièrent la planète (La fiancée américaine). S'il a été abreuvé d'une ferveur catholique, souverainiste et féministe, Éric Dupont est aussi l'enfant arraché au pays béni, fruit d'un divorce et de nombreux exils, lancé très tôt dans une vie de voyages formée pour le roman d'aventure. L'auteur se livre à nous dans un savoureux autoportrait et une entrevue signée Elsa Pépin, tandis que son éditrice, Mélanie Vincelette, vient compléter le profil de ce portraitiste hors-pair en commentant sa bibliographie.

  • C'est à l'écrivain acadien Claude Le Bouthillier, emporté par un cancer en mars dernier, à qui Lettres québécoises rend hommage dans ce numéro. Préparé juste avant sa mort, ce dossier comportant un auto-portrait, une entrevue ainsi qu'un profil de son oeuvre littéraire nous fait (re)découvrir le parcours de cet homme qui, issu de la plus ancienne famille de la Péninsule acadienne, a été bercé par la mer et les récits de huit générations d'aventuriers et de pêcheurs. Cette édition dévoile aussi de nombreuses critiques, dont notamment celles des romans récents de Michel Tremblay, Marie Laberge et Marie-Claire Blais, des premiers romans de Fanny Britt, Tristan Malavoy et Laurence Olivier, et s'intéresse au récit troublant de Juliana Léveillé-Trudel, Nirlit, ainsi qu'au premier livre superbe d'Antoine Dumas, Au monde. Inventaire. Les essais de Martin Gibert, Voir son steak comme un animal mort, ainsi que celui d'Yvon Rivard, Exercices d'amitié, sont aussi analyés dans ce numéro.

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