Bernard Roy

  • « En 2017-2018 nous ne célébrons pas les 50 ans de la Faculté des sciences infirmières. Plutôt, célébrons-nous les 50 ans de présence des sciences infirmières à l'Université Laval. » Cette première précision apportée, Olive Goulet, artisane de la première heure de l'Ecole des sciences infirmières, haussa le ton. Un petit rictus se dessina sur son visage et, d'un ton cynique, elle me mentionna que, dans les années 1960-1970, l'implantation des sciences infirmières dans la « très catholique Université Laval » ne se fit pas sans heurts... sans effort. Ces propos, vous vous en doutez, ébranlèrent mon inconfortable ignorance. Tout comme moi, j'imagine que vous souhaitez connaître les évènements qui motivèrent de tels propos. En parcourant les pages de cet ouvrage, vous saisirez les racines de ces mots.

    En travaillant à l'élaboration de ce livre, j'ai parfois ressenti que je réalisais, avec Olive Goulet comme guide, le travail d'un archéologue qui, dans un premier temps, entreprend le décapage de la zone à explorer. Chacune des couches mises au jour dévoile, suggère un moment de l'histoire et oriente le travail. En écoutant la « voix humaine » d'Olive Goulet, j'ai suivi l'empreinte de ses pas, depuis son enfance jusqu'à la création de l'Ecole des sciences infirmières, en 1967 et bien au-delà. En entreprenant la lecture de cet ouvrage, vous prendrez la mesure d'une histoire dont il nous faudra prendre soin.

  • Les taux de diabète de type II observés dans les communautés autochtones du Québec sont alarmants. Mais si plusieurs membres des Premières Nations souffrent de cette maladie, les femmes sont davantage concernées par ce syndrome associé à l'ère industrielle. Beaucoup plus que les hommes, elles sont porteuses du diabète. Par ailleurs, c'est aux femmes qu'incombe la responsabilité d'assurer le maintien de la santé des membres de leur famille.

    Ces femmes, détentrices de vastes expertises, sont malgré tout considérées comme des profanes par les professionnels de la santé. Dans les pages de Paroles et pouvoir de femmes, avec des mots de tous les jours, des femmes attikamekw, micmacs et innues se racontent. Plus, elles vont à la rencontre d'une estime quelque peu perdue au fil des relations entretenues avec les experts de la santé.

    Au coeur de Paroles et pouvoir de femmes vit une conviction profonde. Si la prise de médicaments soulage et atténue les symptômes, la prise de parole dans un lieu permettant l'autodétermination offre des conditions favorables à l'acquisition, au développement et à l'exercice d'un pouvoir sur la vie et la santé !

    Réalisé sous l'égide de la Commission de la santé et des services sociaux des Premières Nations du Québec et du Labrador1, ce livre offre à des femmes des Premières Nations un lieu de parole et de partage de leurs savoirs. Cet ouvrage intéressera aussi toutes les personnes à la recherche de nouvelles manières d'intervention en santé.

    1. Avec le soutien financier du Centre d'excellence pour la santé des femmes (CESAF).

    « La parole est aux femmes et la voix des femmes autochtones est puissante. Elle transcende les actions des systèmes de santé ; elle passe outre les connaissances scientifiques issues de leur situation de maladie. Cette voix résonne d'une sagesse populaire et mérite une reconnaissance telle que je la trouve dans ce manuel... Paroles et pouvoir de femmes des Premières Nations est un manuel vivant, un outil essentiel à la mise en place d'une intervention novatrice qui stimulera l'action des femmes de chez nous et d'ailleurs. »

    - Extrait de la préface de Bibiane Courtois, infirmière innue, présidente de l'Association des femmes autochtones (1983-1986), membre du Conseil du statut de la femme du Québec (1995-1999)

    « C'est avec fierté que la Commission de la santé et des services sociaux des Premières Nations du Québec et du Labrador s'associe aux Presses de l'Université Laval pour la publication du manuel Paroles et pouvoir de femmes des Premières Nations. Si l'élaboration et la réalisation de ce manuel relèvent de l'anthropologie, l'ouvrage émane surtout de femmes des Premières Nations, des femmes qui ont su, au coeur de leur quotidien, au coeur de leur famille et de leur communauté, établir des stratégies gagnantes leur permettant d'accéder à un état de santé de plus en plus satisfaisant. »

    - Extrait de la préface de Garry Carbonnel, directeur général, Commission de la santé et des services sociaux des Premières Nations du Québec et du Labrador

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Depuis les attentats du 11 septembre 2001, la violence n'a plus pour seul témoin le protagoniste présent au moment des faits. Elle a désormais pour contemporaine une société de lecteurs, de spectateurs, de joueurs et d'internautes. Cet ouvrage souhaite précisément interroger l'apport des différentes pratiques médiatiques dans le processus de transmission de la violence et témoigner de la constante transfiguration de ses contours émotionnels, dont les fictions culturelles, sociales ou politiques tirent parfois profit.

  • Quand une expression est largement utilisée dans les sciences de la santé, sans qu'on ne sache plus véritablement comment elle s'y apparente, à quoi elle renvoie spécifiquement et en quoi elle se différencie d'autres notions voisines et connexes, le moment est approprié pour la questionner, en faire le tour, analyser ce qui la fonde et participe ici à une sorte de sens commun. C'est notamment le cas pour la notion de " santé communautaire " qui se conçoit communément à travers un ensemble de repères établis, mais qui ne demeure pas moins équivoque sur le terrain des idées et des actions. Ce livre met à contribution la pensée et l'expérience d'acteurs issus d'horizons variés et se revendiquant de la santé communautaire.

    Au fil de 51 textes, 72 auteurs nous livrent leur conception de la santé communautaire. Alors que certains discutent des repères qui fondent selon eux cette idée, d'autres nous invitent à marcher dans leurs pas pour emprunter les chemins de leur pratique et pénétrer les univers qui composent le terrain de leurs actions. D'autres encore discutent de certains enjeux et défis que pose aujourd'hui la pratique de la santé communautaire. Nous retrouvons dans ces textes des acteurs et des penseurs issus de disciplines et de professions variées qui ont tous voulu témoigner de leur vision de la santé communautaire. Cet ouvrage s'entend dès lors comme une invitation à parcourir les voies tracées et sillonnées par ces auteurs.

  • Dans ce numéro de printemps, Catherine Voyer-Léger dresse le portrait posthume du poète et essayiste polémiste Robert Yergeau, figure multiple des littératures franco-canadienne et québécoise. La mémoire et l'héritage sont des thèmes récurrents dans la littérature, spécialement dans Mon père, ce truand de Deni Y. Béchard et Mémoire du feu d'Eduardo Galeano, deux parutions analysées par Patrick Bergeron et Michel Nareau respectivement. Le collaborateur Jean-Paul Beaumier découvre avec délectation le Journal d'un écrivain en pyjama de Dany Laferrière et Judy Quinn pénètre dans la Géométrie des ombres de Jean-Pierre Issenhuth.

  • D'où remonte la tradition du hockey dans la péninsule gaspésienne et qu'elle en a été l'évolution? À Gaspé, on fait mention de parties qui se tiennent sur la baie dès les années 1890. Ce numéro nous transporte à cette époque où des patinoires étaient improvisées sur des marres d'eau gelée et où l'on utilisait du crottin de cheval gelé comme rondelles et des catalogues comme jambières aux gardiens. Au quatre coin de la Gaspésie, chaque village avait ses patinoires, ses équipes de hockey ainsi que ses « glorieux ». Tant chez les joueurs que chez les partisans, le hockey est devenu au fil des ans une véritable passion et, avec la venue des arénas, le sport s'organisera et se développera afin de permettre à plusieurs Gaspésiens d'atteindre les rangs des professionnels. Ce dossier consacré à la fièvre du hockey accompagne l'exposition « Nos glorieux Gaspésiens » du Musée de la Gaspésie.

  • Les catastrophes naturelles et l'action humanitaire qui s'ensuit désapproprient-elles le savoir du parler ordinaire sur la souffrance ou donnent-elles une occasion de s'en approprier ? La question est posée dans deux contextes radicalement différents. Les catastrophes naturelles peuvent provoquer une situation d'exception ou, au contraire, elles peuvent être inscrites dans la mémoire des gens comme des situations récurrentes. Ces deux cas définissent chacun des modes d'action humanitaire qui produisent des effets distincts. Le séisme de 2010 en Haïti a non seulement créé une situation d'exception, mais il est, par son coût humain, sans précédent. Cela a sans doute justifié un afflux sans commune mesure des organisations non gouvernementales (ONG). L'ampleur du désastre et de l'entreprise correspondante de secours d'urgence dans une fébrilité parfois cacophonique a retenu l'attention tant des institutions publiques que des chercheurs. On a fait état en Haïti du coût de l'aide, du gaspillage de celle-ci, de son inefficacité, de la part non honorée de l'aide promise, de la concurrence acharnée et vaine entre les ONG, du rôle d'empiètement des ONG sur les prérogatives de l'État, du manque de considération des structures sociales existantes, du caractère uniformisant des interventions humanitaires, même parfois de la destruction irréfléchie des réseaux sociaux de la population haïtienne. Au Guatemala où les désastres sont à la fois plus fréquents et de moindre ampleur, l'action humanitaire des ONG semble mieux organisée et davantage liée aux groupes associatifs. Les effets de l'action des ONG sur le mode de mise en récit de la souffrance sont-ils alors les mêmes ? En Haïti ou au Guatemala, l'attention des chercheurs s'est tournée vers ces actions humanitaires, mais peu sur les effets qu'elles engendrent sur le rapport à soi des populations affectées.

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