Grasset

  • Voilà l'un des premiers livres sur l'opéra qui nous révèle l'importance de l'intrigue, les paroles échangées, "dans" et "à travers" la musique. Et ce livre, c'est une femme qui l'a écrit.
    Car, si l'on prête attention aux drames qui se jouent dans le trompe-l'oeil de la mise en scène et d'une musique sublime, on y voit de longs cortèges de femmes bafouées dont une société d'hommes va admirer les malheurs, avant le souper. Femmes tuées, abandonnées, méprisées et magnifiées, détestées et adorées : voix chantantes des mamans et des putains dans les bourgeoisies régnantes. Certes, au tomber du rideau, la cantatrice morte se relève, noyée sous des bouquets d'adorateurs : mais l'image de la jeune fille tuée par les familles des pères reste au coin des sourires. Un livre qui fascinera aussi bien les amateurs d'opéra que tous ceux qui n'ont jamais été à l'opéra. Tous seront touchés par les accents d'une femme qui n'en finit pas de découvrir que notre culture s'est jouée des femmes en faisant mine de les adorer.

  • Séminaire dirigé par Maria Antonietta Macciocchi, avec la participation de Laura Betti, Christine Buci-Glucksmann, Italo Calvino, Catherine Clément, Roger Dadoun, Jean-Paul Dollé, Alain Finkielkraut, Enrico Groppali, Pierre Mertens, Alberto Moravia, Geoffrey Nowell-Smith, Marcelin Pleynet, Antonio Prete, Anna Rocchi Pullberg, Donald Ranvaud, Peter Schneider, Enzo Siciliano, Philippe Sollers, François Wahl ; précédé de "Esquisse pour une biographie de Pasolini" par M. A. Macciocchi.

  • Séminaire dirigé par Maria Antonietta Macciocchi, avec la participation de Laura Betti, Christine Buci-Glucksmann, Italo Calvino, Catherine Clément, Roger Dadoun, Jean-Paul Dollé, Alain Finkielkraut, Enrico Groppali, Pierre Mertens, Alberto Moravia, Geoffrey Nowell-Smith, Marcelin Pleynet, Antonio Prete, Anna Rocchi Pullberg, Donald Ranvaud, Peter Schneider, Enzo Siciliano, Philippe Sollers, François Wahl ; précédé de "Esquisse pour une biographie de Pasolini" par M. A. Macciocchi.

  • La sultane

    Catherine Clément

    • Grasset
    • 8 Juin 1994

    C'est à un véritable voyage dans le temps, une fête de l'imaginaire et des sens que nous convie la Sultane. Soliman le Magnifique, son Grand Vizir Ibrahim et son épouse Roxelane, dite Hürrem, "La Rieuse", en dépit de leur stature historique nous sont rendus tout à fait proches, dans ces vies rêvées par l'auteur, malgré les quelque cinq cents ans qui nous séparent très officiellement d'eux.

    Ibrahim et Roxelane ont été arrachés à leur pays et à leur langue, à leur religion, à leur joie de vivre. Du jour de leur enlèvement, leurs existences de prisonniers seront marquées du sceau de la dépossession de soi, de la déchirure, de l'amour manqué, de la souffrance intérieure, de la révolte muette et ardente qui embrase leurs songes, rouge et violente comme la couleur de leurs chevelures, par quoi ils vont se reconnaître frère et soeur, désormais pris dans les rets d'un attrait mortel, inceste imaginaire. Tout, dans ce livre, évoque les flammes et l'eau, rêves des amants impossibles, tentatives d'évasion.
    A pénétrer dans ce monde étrange, bouleversant et poétique, l'on pense à ces autres enfermés de toujours - par la passion, la solitude, les murs et la tradition - Tristan, Iseut et le roi Marc.

  • Le gout du miel

    Catherine Clément

    • Grasset
    • 14 Octobre 1987

    Parcourant le Brésil et l'Inde, arpentant la Russie du XIXe siècle et le pays de toutes nos légendes, Catherine Clément nous raconte le suicide sacré des veuves indiennes, les écoles de samba, la lutte pour la survie dans le Nordeste, les bûchers de la Khovantchina... Et pose la question : existe-t-il une loi morale vraiment universelle ? Analysant, comparant, opposant, Catherine Clément montre l'extraordinaire persistance des cultures, y compris celles que l'on dit mortes, et rejoint Claude Lévi-Strauss : la "bonne distance" entre les peuples, entre la mère et l'enfant, entre les amants s'établit en tapinois sous le grand tracé tapageur des contradictions et des conflits. Ce n'est pas la raison qui agit mais "la pensée sauvage, bricoleuse, fouineuse, plus féminine que masculine, et qui se moque des belles consciences et de leurs déchirements". Le miel, qu'il soit doux et tendre en Europe, ou violemment enivrant chez les Indiens d'Amérique, est à cette image. Le goût du miel, ce "sweet-and-sour", cet idéal de l'éthique cuisinière, équilibre entre le poivré et le sucré, la cardamome et le safran, l'ail et le gingembre, la vie et la mort...c'est aussi le bonheur.

  • La syncope ? Elle peut être médicale, grammaticale, musicale, poétique. Elle est d'abord une suspension du temps et une absence du sujet. Une "éclipse cérébrale" telle qu'on la nomme aussi "mort apparente". Un instant en moins qui ouvre sur une vie autre.

    Et pourtant la syncope, ce "faux pas du cerveau", est un ressort secret de la vie. Un coup de foudre, un tango, un orgasme, une extase, une angoisse, une ponctuation, un éternuement... Autant de ravissements nécessaires. La pensée même n'y échappe pas. Aussi, de Platon à Lacan, en passant par Descartes, Pascal, Kierkegaard et les philosophies de l'Inde, Catherine Clément nous donne-t-elle le premier traité de la syncope, le sel de la vie.

  • Jacques Lacan, psychanalyste français, est une figure mythique. Il commence sa carrière de psychiatre dans les années 30, fait scandale dans les années 50 au sein des institutions psychanalytiques, devient un personnage fameux dans les années 60 aux beaux temps du structuralisme... Dans les années 80, Lacan devient, dans la presse, l'objet d'une "affaire".

    L'"affaire Lacan", c'était qu'il avait osé dissoudre sa propre Ecole, sans consulter personne, las de l'adoration étouffante de certains de ses disciples.
    Il entre alors tout vivant dans sa propre légende et devient le héros d'une mythologie qui courait déjà depuis longtemps autour de lui, sournoise, complexe et magnifique.
    C'est cette histoire que raconte le livre de Catherine Clément : l'histoire d'un solitaire qui toujours suscita des passions publiques. L'histoire aussi d'un homme qui, à travers des schémas, des logiques, une théorie de la psychanalyse, ne cesse de parler d'amour.

    Catherine Clément a voulu le lire, non sans tendresse, comme il lit lui-même les grandes mystiques et les femmes folles : ses préférées de toujours, d'un bout à l'autre de son oeuvre. Elle a trouvé un sorcier aux multiples vies résistant à toutes les morts que ses ennemis ont voulu lui souhaiter : un sorcier têtu et inspiré.

  • Le maure de venise

    Catherine Clément

    • Grasset
    • 24 Août 1983

    On ne sait rien d'Othello avant que sa légende le fasse arriver à Venise et qu'il y devienne chef des armées. On ne sait rien de lui, sinon la jalousie qui le fit étrangler son innocente épouse, Desdémone. Une femme, aujourd'hui, hantée par le héros de Shakespeare et, plus encore, par celui de Giuseppe Verdi, le cherche. Il ne lui apparaîtra pas dans les livres ni sur une scène, mais au bord d'un fleuve, le plus grand et le plus doux des fleuves de France.
    Sur les rives de la Loire, se noue un amour d'outre-tombe entre Othello et sa très contemporaine interlocutrice qui, à mesure que le Maure de Venise fait le récit de sa propre histoire, devient lentement Desdémone.

  • Bleu panique

    Catherine Clément

    • Grasset
    • 21 Janvier 1986

    Réfugié à Paris, Georges, étudiant juif évadé des prisons tsaristes, fait la connaissance de la douce Sipa dont les parents ont fui les pogromes d'Europe centrale. A Paris encore, Louise, dont le père pharmacien, photographe et socialiste, a dû quitter Dinan pour cause de scandale, rencontre Etienne Bleu, fils d'épicier et futur industriel de la chimie. Georges et Sipa, Louise et Etienne s'aimeront, se marieront, auront pour enfants Rébecca et André. A la veille de la guerre, André, surnommé le Prince, héritier bourgeois de la tradition catholique antisémite, tombe amoureux de Rébecca, la petite juive d'Europe centrale. La naissance de Natacha, puis celle de Petia, ne sauveront pas leur couple du naufrage. Après la guerre, ils rebâtiront une nouvelle existence tandis que Natacha, à son tour...
    Au-delà de ses personnages hauts en couleurs, par-delà Louise Bleu surnommée "Bleu Panique" par ses petits-enfants et "Madame" par tous, {Bleu Panique} est une fresque qui raconte notre siècle, ses joies, ses échecs, ses espoirs.

  • Les psychanalystes sont malades, malades de la guérison. Guérir ? disent-ils. C'est bon pour les psychiatres, les psychologues, les charlatans. Alléger la souffrance des hommes ? La tâche est trop vulgaire pour les nouveaux gourous du savoir qu'ils sont en train de devenir. Et de fait, tout doucement, à mesure que freudisme et lacanisme sortent de leur ghetto, on les voit entrer un à un, tels une armée de clowns tristes, sur la scène de la culture. On les voit prendre rang, avec une étrange assurance, parmi les nouveaux riches de l'intelligentsia. Pamphlet ? Analyse ? Il y a de l'un et de l'autre dans ce livre mordant ; mais il y a surtout deux voix : chaque pas de la dénonciation est assorti d'une autocritique et d'un retour sur soi ; car ce procès n'est possible qu'au terme d'une cure dont le trajet nous est aussi conté.

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