Charles Gaucher

  • Le présent ouvrage vise à comprendre ce qui pousse certains individus à braver les euphémismes et à affirmer fièrement « je suis Sourd » afin de dire leur différence. Cette affirmation identitaire fait entrer dans l'Histoire une nouvelle façon de considérer la différence corporelle de ces personnes qui tentent de se définir à partir d'une culture spécifique plutôt que selon une particularité strictement biologique.

    *** « Revenir aux sourds eux-mêmes ne consiste pas seulement à analyser la sémantique de leurs diverses langues des signes (LSQ, LSF, et toutes les autres) - démarche somme toute assez récente que Mottez pratiquait, mais spécialement développée par l'anthropologue Yves Delaporte -, il faut aussi prendre en compte ce que Charles Gaucher nomme les fondements expérientiels de l'identité sourde. Sous ce titre, il montre comment se construit cette identité irrécusable et indispensable, mais pourtant plus souple qu'un discours convenu le laisserait penser. Ces analyses sont pleines d'aspects inattendus et sont révélatrices de pratiques originales. C'est un vrai régal de pénétrer ainsi dans le quotidien et l'inventivité des sourds. » « La culture des mains, pour reprendre le titre suggestif de Charles Gaucher, qui est déploiement dans le visuel, possède la légèreté de la danse et la plasticité du geste. Il serait contradictoire d'en faire le symbole d'une fixité et d'un repli sur soi. »

  • Les différences qui émergent des quêtes identitaires contemporaines accentuent, dans un mouvement antagoniste de repli corporatiste et de reconnaissance de la pluralité du social, le sentiment que l'identité moderne se fragmente en une constellation de possibles. L'identité sourde fait partie de cette constellation. Elle découle de conceptions qui dépassent le simple intérêt catégoriel pour faire jaillir une communauté de sens. Ainsi, pour plusieurs personnes se reconnaissant dans cette identité, la condition qui les unit est d'abord articulée à partir d'un attachement collectif à une culture spécifique, et surtout, à une langue qui leur est propre. Bien sûr, ce déplacement du stigmate ne s'effectue pas dans l'oubli des dénominations et des traitements antérieurs concernant la surdité et doit composer avec la sédimentation des représentations sociales ayant investi la surdité comme caractéristique identitaire. Les Sourds interrogent définitivement les nouvelles formes du lien social mettant en scène des spécificités qui s'expriment comme différences émancipatrices. Un ouvrage de référence en la matière est le bienvenu à une époque où plusieurs penseurs, mais aussi acteurs du monde de l'éducation et de la réadaptation, s'interrogent sur cette différence, mais aussi sur la différence en général comme vecteur d'identification.

  • Diane Demers est une enfant entendante de parents sourds, devenue éducatrice spécialisée auprès des Sourds et mère dune fille sourde. Son histoire, écrite par Francesca Bourgault, est livrée dans ce livre, suivie dune réflexion de Charles Gaucher sadressant aux intervenants uvrant auprès des Sourds, aux parents sourds et aux enfants entendants de parents sourds.

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