Christian Prudhomme

  • Les mots et les images dans Les écrits ne font pas que se côtoyer : ils se compénètrent, s'imprègnent les uns des autres, s'impriment l'un sur l'autre, s'influencent, se contaminent, les premiers devenant l'ombre portée des seconds et inversement... C'est d'autant plus vrai dans le présent numéro, dont l'iconographie a été confiée à l'artiste-écrivain Alain Fleischer qui, en plus de nous offrir une quarantaine d'images, nous a donnée un texte d'une grande force, Le bain de Diane, où il met en relation pour une très rare fois ses deux passions, pour la littérature et les arts visuels. Puis, des textes de Jacques Henric, Antoine Volodine, Christian Thorel et François D. Prud'homme accompagnent ou analysent les imaginaires de l'oeuvre de fleischerienne. Ailleurs dans ce numéro, un hommage à la traduction ainsi que les contributions de Martine Audet, Diane Régimbald, Paul Chanel Malenfant, Louis-Philippe Hébert, et plusieurs autres.


  • En 2017, Christian Prudhomme fête ses dix ans à la tête du Tour de France. L'occasion pour lui de revenir sur son parcours et son histoire d'amour avec le Tour de France en nous livrant de nombreux secrets et anecdotes sur la grande et la petite histoire de cette course mythique et mondialement connue.

    " Je vais donner le départ du Tour de France. C'est enivrant. Je me refuse à céder au sentimentalisme et j'éprouve comme une sorte de lucidité défensive. J'ai du mal à croire à ce qui m'arrive. Tout ce que j'ai aimé jusque-là se trouve réuni dans un même creuset qui s'appelle la passion du Tour de France. Nous sommes à Londres, en ce mois de juillet 2007.
    C'est l'heure de l'événement. Je n'arrête pas de rouler et de dérouler mon drapeau, debout dans la voiture. Ca en devient une manie. Je suis seul au monde. Le Tour est sous ma loi dirigeante.
    Soudain, le drapeau du Tour claque au vent de la plaine. Il est petit, j'ai envie de dire minuscule, mais il m'apparaît, tel une immense oriflamme. Jamais mon geste n'a paru aussi ample. Je ne m'appartiens plus.
    Je disparais, comme replongeant sous les eaux, au fond de la voiture directoriale pilotée avec maestria par l'ancien routier, double champion de France contre-la-montre, Gilles Maignan.
    Le peloton accélère et gloutonne ses horizons nouveaux. Le charme tranquille des vallons anglais n'est pas pour cette chenille multicolore. Le 94e Tour est parti à grande allure... Je ne voudrais pas qu'il lui arrive du mal. De temps en temps je me sens absent, jamais rebelle, mais, très vite, je retrouve ma combativité. L'épreuve me dépasse, mais pour quelques secondes seulement... Je crois que je ne guérirai jamais du Tour de France.
    Nous étions le dimanche 8 juillet 2007. "
    Christian Prudhomme

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