Daniel D. Jacques

  • A la manière de Charles Taylor, dans les travaux qu'il a consacrés à la genèse du « moi » ou à l'évolution du sentiment religieux à travers les âges, Daniel Jacques trace un vaste panorama historique où il suit le développement de l'idée d'humanisme depuis l'Antiquité à nos jours. Il montre comment l'humanisme est posé à la Renaissance comme un retour à la sagesse des Anciens, puis comment il est, à l'époque des lumières, la mesure suprême de l'action et de la pensée des forces progressistes. Il montre enfin comment, à partir du 19e siècle, des critiques perçoivent l'humanisme non plus comme l'heureuse manifestation d'une liberté conquise de haute lutte à l'encontre des traditions passées, mais comme la cause même de cette démesure et du déclin du sens moral qui l'accompagne.

  • Qu'est-il advenu des québécois sous l'influence de la passion qu'a suscitée, depuis quatre décennies, le projet de fonder un État souverain sur le territoire du Québec ? Si le projet d'indépendance du Québec fut autrefois élaboré dans une grande liberté d'esprit, il est aujourd'hui sous la surveillance des « fiduciaires » de ce qui n'est plus qu'un simple patrimoine symbolique, c'est-à-dire un amalgame indistinct d'espérances révolues et d'intérêts bien réels. Pour reconquérir une part de cette liberté de pensée perdue, il nous faut franchir les limites du cercle dans lequel s'est enfermé notre imaginaire politique. Les réflexions rassemblées ici s'inscrivent dans un dialogue avec l'oeuvre d'Hubert Aquin, celui qui écrivit autrefois, dans La Fatigue culturelle du Canada français, qu'on ne saurait parvenir à penser notre destin véritable sans accepter la dimension proprement dramatique qui lui est inhérente.

    Il est nécessaire aujourd'hui de mettre fin à la confusion entourant notre destinée politique, à tout le moins d'amorcer une sortie progressive de l'ambivalence dans laquelle nous nous sommes enfoncés depuis la Révolution tranquille. Il nous faut parvenir à penser autrement les événements qui ont marqué notre histoire, à commencer par le référendum de 1980. C'est donc un retour sur l'histoire qui est proposé ici, plus particulièrement sur le rôle joué par les élites politiques et intellectuelles dans cette affaire. Voilà pourquoi le présent ouvrage prend la forme d'une galerie de portraits, à caractère philosophique, de personnages comme René Lévesque, Fernand Dumont, Paul-Émile Borduas et d'autres. Par l'examen de ces figures éminentes, Daniel D. Jacques a tenté de faire apparaître certains aspects de la méprise qui a conduit à l'avortement du projet d'indépendance de ce pays.

  • Cet hiver, la revue L'Inconvénient propose un numéro hommage à l'écrivain Pierre Vadeboncoeur dont 2020 marquera le centième anniversaire de naissance et le dixième anniversaire du décès. Le numéro comprend des lettres inédites à Yvon Rivard et à Jean-Pierre Issenhuth, des gravures et des dessins de sa main dont l'autoportrait en couverture, ainsi qu'un entretien avec son fils Alain Vadeboncoeur, mené par Mauricio Segura, des essais d'Isabelle Daunais, Jonathan Livernois, Daniel Jacques, une lettre d'Yvon Rivard, « Des nouvelles de l'autre royaume », adressée à Vadeboncoeur et un long éditorial de Mathieu Belisle qui insiste sur la contribution unique de l'écrivain et sa suprême indépendance, « capable de rompre avec l'unanimisme, assez confiant dans ses moyens et dans ses valeurs pour formuler des vérités désagréables, assez amoureux de sa société pour la rappeler à ses devoirs, assez généreux en amitié pour ne pas hésiter, comme Diogène, à "mordre" ses amis pour les prévenir du danger. »

  • Sujet chaud, s'il-en est, c'est de laïcité dont il est question à la une du numéro du printemps de L'Inconvénient. En ouverture, Alain Roy met la table en distinguant d'abord laïcité et sécularisation, ou du moins effet sécularisant. Daniel D. Jacques fait une incursion au « royaume de la confusion », Yolande Geadah et Jacques Beauchemin s'entretiennent avec Georges Leroux, Guillaume Lamy discute de controverses identitaires, Joseph Rosen raconte sa vie entourée de voisins hassidim et Ugo Gilbert Tremblay offre ses considérations sur la laïcité, le droit et les moeurs. Ce numéro comprend aussi un photoreportage sur l'art de la boxe, le retour au réalisme où « une collectivité est abordée selon ses dynamiques d'intérêts et de pouvoir » dans des séries télé comme The Night of et Big Little Lies ainsi qu'un entretien avec David Dorais sur l'état de la critique littéraire au Québec.

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