Daniel Schneidermann

  • Quand Hitler arrive au pouvoir en janvier 1933, ils sont quelque 200 journalistes occidentaux en poste à Berlin. Très peu d'entre eux seront expulsés. La plupart vont rester dans la capitale du Reich.
    Américains, Britanniques, Français, tous bons connaisseurs de l'Allemagne et souvent germanophiles, ils travaillent selon les standards démocratiques de la liberté de la presse. Mais leurs interlocuteurs quotidiens s'appellent Goering ou Goebbels. Alors qu'autour d'eux s'abattent bientôt les persécutions sur les Juifs et les opposants, ils se battent pour décrocher une confidence off the record ou la faveur d'une interview du dictateur.
    Pourquoi n'ont-ils pas alerté le monde sur la folie et la barbarie de l'hitlérisme, pourtant perceptibles dès le début ? L'anticommunisme viscéral de leurs employeurs, un air du temps qui banalise les dictatures, la sidération devant l'énormité sans précédent de ce que voient leurs yeux, et mille autres causes encore : tout se conjugue pour produire un aveuglement médiatique collectif qui ouvrira la voie, à partir de 1941, au déni planétaire de la Shoah.
    Voici, fondé sur un travail de sources considérable, la chronique passionnante de la vie quotidienne des journalistes occidentaux en poste à Berlin de 1933 à 1941. Un récit hanté de bout en bout par cette question : sommes-nous certains d'être mieux armés aujourd'hui pour rendre compte des catastrophes hors normes, pour nommer le Mal ?
    Daniel Schneidermann est journaliste, créateur et animateur de l'émission, puis du site, " Arrêt sur images ". Il est par ailleurs l'auteur de plusieurs essais, romans, et récits.

  • Pouvoir dire stop

    Daniel Schneidermann

    Mais pourquoi Emmanuel Macron veut-il vendre les aéroports de Paris ? Pourquoi le gouvernement a-t-il décidé de privatiser une entreprise qui est le numéro 1 mondial du secteur ?
    J'en avais assez d'entendre que c'était une question trop compliquée. Que les élus doivent décider pour nous. Alors je suis allé voir tous les camps. Celui des opposants, celui du gouvernement. En fait, le sujet est passionnant.
    Il touche aux services publics, au réchauffement climatique. Et à la démocratie : d'ici mars 2020, si 10 % du corps électoral le décide, la privatisation d'Aéroports de Paris (Orly, Roissy Charles-de-Gaulle et une dizaine d'autres aéroports) sera soumise à référendum. Sinon la vente sera lancée.
    Encore faudrait-il que les électeurs soient au courant. Ces derniers mois, j'ai croisé des pelletées d'opposants à la privatisation d'ADP qui en avaient à peine entendu parler.
    Pour la première fois, les Français peuvent dire STOP à la vente des bijoux de famille, payés avec les impôts de plusieurs générations.
    STOP à l'inflation folle du trafic aérien qui abîme la planète : des actionnaires privés n'auront comme seule boussole que le profit, quel que soit l'impact du kérosène sur le climat.
    STOP à ceux qui décident à notre place : lire ce livre, s'informer, le faire circuler, c'est une arme démocratique.

  • Quel cas, cette famille France ! Elle vit ensemble depuis mille ans, s'est mille fois déchirée et raccommodée, a inventé mille splendeurs et mille ignominies. Parfois, elle plie sous l'orage et semble prête à s'éparpiller. Pourtant, elle tient bon et se retrouve, été après été, élection après élection, Tour de France après Tour de France. Car cette tribu délicieusement contradictoire partage bien plus d'émotions qu'elle ne veut l'avouer. Les mythes qui la cimentent sont parfois de grands et majestueux mythes : le château-Margaux, de Gaulle, la première Communion, le jambon-beurre, les vacances des enseignants, la 2 CV. Autant de composantes de l'unité nationale. Autant de mots qui, à peine prononcés, déclenchent une image, la même en chacun d'entre nous. Laissant de côté ces légendes mille fois explorées, je me suis amusé à fureter du côté des mythologies en formation, en voie de cristallisation, à l'état encore gazeux - auxquelles nous croyons sans tout à fait nous en rendre compte, ces mythologies quotidiennes qui, pourtant, font de nous, indiscutablement, des Français. D. S.

  • Ce n'est pas un livre politique ni un bilan de la cohabitation. Il décrit la vie quotidienne de ceux qui prétendent faire le bonheur des Français.

  • Mode d'emploi des médias, analyse de la course effrénée au petit écran où tous, grands patrons, avocats, médecins, rêvent d'être reconnus par leur concierge.

  • Le critique du Monde explique l'ombre toujours présente du couperet de l'Audimat, l'angoisse du zapping et la nécessité de retenir captif un public présumé inconstant. Il s'interroge sur la peur de lasser, d'être précipité dans la grande oubliette, pour les présentateurs.

  • Il est journaliste, elle est écrivain. Elle ne veut pas denfant, lui en a déjà trois : ils feront un roman. Deux curs de pierre partagent leurs éboulements, et suivent les appels du sang. Leur été 2012 se passera au Liban, à Kobayat, tout près de la frontière syrienne. Il laccompagnera dans ce village maronite, au creux des montagnes, où elle a vécu ses cinq premières années, où est né et enterré son père, où survivent ses oncles, ses tantes, le clan Abdallah. Ils seront tous là sauf loncle Georges. Georges Ibrahim Abdallah, chef présumé des Fractions Armées Révolutionnaires Libanaises, condamné à perpétuité pour actes terroristes, incarcéré en France depuis vingt-huit ans. Toutes les familles ont leurs secrets et leurs drames. Celle-ci plus que dautres. Daniel Schneidermann était tout jeune père et grand reporter au Monde quand la France fut ensanglantée par une série dattentats, dans les années 1985-1987. Chloé Delaume vivait au cur dune tragédie qui est au fondement de son uvre. Leur rencontre et leur relation les fait plonger dans ces années sombres, dans une interrogation de soi-même mais aussi les enjeux pour le moins obscurs de lépoque. En amoureux décriture, ils se posent toutes les questions possibles, sans toujours trouver des réponses. Ils se confrontent à leur passé, sans concession, avec poésie et humour.

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