David Le Breton

  • Mal-être, conduites à risque, contrôle de son apparence, addictions, troubles alimentaires, difficultés affectives ou sociales, rites de la virilité et de l'entre-soi... L'adolescence se révèle pour certains une épreuve difficile. Vécue avec exubérance ou discrétion, elle reste un passage obligé, même si elle est ressentie de façon différente par chaque nouvelle génération. Le sociologue et anthropologue David Le Breton, professeur à l'Université de Strasbourg, revient sur ce qui caractérise l'adolescence dans notre société en perpétuel changement.

  • Jean Duvignaud est un sociologue qui a profondément marqué le champ de la sociologie des imaginaires sociaux. Ses travaux sur le théâtre, l'anomie, le don, la fête, le rire continuent à nourrir la réflexion. Toute son oeuvre est dominée par les figures sociales du don, de la gratuité, de l'improductif, du prix des choses sans prix. Toujours, il s'agit de l'élégance de vivre dans le don du rien, mais d'un rien qui fait toute la valeur de l'existence individuelle et collective. Le sentiment aigu que les meilleures choses de l'existence sont éphémères, jamais cumulées, toujours perdues, mais que dans ces moments culmine le goût de vivre, un enchantement qui ne vaut que de se perdre. Des ouvrages comme La sociologie du Théâtre, Le don du rien, Chebika, L'anomie, hérésie et subversion, Fêtes et civilisations, Rire et après et tant d'autres sont devenus des classiques. Personnage multiple : écrivain, dramaturge, grand voyageur, inlassable fondateur de revues (Arguments, Cause commune, Internationale de l'imaginaire, entre autres). Il est président de la Maison des Cultures du monde à Paris et dirige la revue Internationale de l'imaginaire.

  • Il y a autant de douleurs que d'individus qui souffrent. Issu des regards croisés de trois spécialistes - un neurobiologiste, un médecin de la douleur et un anthropologue -, ce livre montre que la douleur ne s'élabore pas dans un cerveau amnésique, mais au sein d'un système nerveux façonné par le passé singulier et les expériences de chacun. Voilà pourquoi, sans négliger les progrès considérables de la biomédecine et des neurosciences, il est urgent de remettre le patient au coeur du phénomène douloureux. Ce qui implique de se focaliser sur son histoire individuelle et, donc, sur sa vulnérabilité particulière à la douleur, laquelle relève autant de questions existentielles que de questions biologiques. Une analyse complète et originale du phénomène douloureux en même temps qu'un questionnement salutaire sur le rôle possiblement délétère de certains médicaments. Guy Simonnet est professeur émérite à l'université de Bordeaux. Membre de l'Institut de neurosciences cognitives et intégratives d'Aquitaine du CNRS, il est à l'origine du concept d'hypersensibilité durable à la douleur, observée après l'analgésie induite par la morphine et ses dérivés. Ce regard nouveau sur la prise en charge de l'homme douloureux, qui tient compte de son histoire individuelle, l'a conduit à proposer des stratégies thérapeutiques innovantes, dont une thérapie nutritionnelle. Bernard Laurent est professeur de neurologie à l'université de Saint-Étienne, membre de l'équipe Inserm NeuroPain, qui étudie les réponses cérébrales à la douleur chez l'homme. Il a consacré sa carrière médicale à la prise en charge de la douleur chronique et des troubles de la mémoire. Membre correspondant de l'Académie de médecine, il a été successivement président des Sociétés françaises de la douleur, de neuropsychologie et de neurologie. David Le Breton est professeur de sociologie à l'université de Strasbourg. Membre de l'Institut universitaire de France et de l'Institut des études avancées de l'université de Strasbourg (USIAS), il est l'auteur de plusieurs ouvrages sur l'anthropologie de la douleur.

  • « La parole est cet instrument précieux qui nous lie aux autres, elle est au coeur de toutes les relations sociales. En ce sens elle est fondatrice de la condition humaine. Cependant la parole contemporaine témoigne d'une nette ambivalence. Jamais elle n'a connu un tel déploiement, mais elle sert le meilleur et le pire. Si elle contribue en permanence à transformer le monde dans une réciprocité aux autres, elle est aussi manipulée ou brisée par les puissants. Souvent elle est difficile à prendre ou bien elle reste sans écho, et nombreux sont les sans-voix dans nos démocraties contemporaines.

    Le silence est nécessaire à la parole, il introduit un espace de respiration, de méditation. Il est le souffle des conversations et leur tempo. Mais le silence tend à être chassé de mille manières de l'environnement social. Le bruit ne cesse de gagner et de rendre parfois la parole inaudible.

    Il est difficile aujourd'hui de s'abstraire, de trouver les conditions d'une intériorité. Le silence se fait rare. Mais peut-on parler sans se taire et donc sans écouter l'autre, peut-on penser dans le bruit ? La parole, dans ce sens, est étroitement solidaire du silence. » P.B. et D.L.B.

  • Préface de Boris Cyrulnik Postface de Pierre Joxe. Comment aider les adolescents à sortir de la délinquance ? En les transformant en héros, acteurs de leur propre réinsertion. L'association Seuil innove résolument dans le domaine difficile, douloureux de l'adolescence marginale en proposant individuellement à des mineurs en grande difficulté des marches qui se déroulent sur 2.000 km dans un pays étranger, en toutes saisons. Accompagné d'un adulte, chaque jeune se trouve en position de devenir  acteur de sa propre réinsertion. Des spécialistes de l'adolescence mais aussi  des acteurs - éducateurs, psychologue et adolescents ayant accompli une marche - analysent et témoignent de cette méthode exigeante et de cette aventure humaine. David Le Breton, anthropologue, université de Strasbourg. Daniel Marcelli, pédopsychiatre, université de Poitiers. Bernard Ollivier, écrivain-voyageur.

  • Quelles significations prennent les perceptions sensorielles dans la vie sociale et culturelle ? Cet ouvrage à plusieurs voix étudie les sens dans différentes circonstances de la vie collective : chamanisme, maladie, racisme, sexualité, rencontre, vie quotidienne, musique etc. Anthropologie et ethnologie sont ici sollicitées dans ces études des relations symboliques entre les sens et le sens.

  • Interroger la manière dont le corps est socialement et culturellement pensé et mis en forme en le soumettant à une perspective insolite, faire émerger ainsi des questions inédites : d'où le choix de ce thème de l'ombre et du double. Tout corps n'est-il pas accompagné de son ombre et hanté par son double ? D'une société humaine à une autre, en suivant des imaginaires sociaux, il s'agit de mener plus loin l'anthropologie du corps, d'en ouvrir un nouveau chapitre.

  • Face aux excès de la communication, les deux auteurs dialoguent sur les vertus respectives du silence et de la parole. Cette rencontre intellectuelle met en scène une vraie différence d'approche en même temps qu'une forte complicité sur l'essentiel. David Le Breton, anthropologue du corps qu'il définit comme notre souche identitaire , travaille à une approche globale de l'humain où le silence occupe une place souvent déterminante par sa capacité inouïe à porter le sens. Philippe Breton, pour qui le pouvoir de la parole est une alternative historique qui s'impose progressivement à la parole de pouvoir , propose une approche centrée sur la parole, non pas réduite à l'oral mais en amont de la communication comme source de tout l'être. Leur différence est ici mise à l'épreuve sur une dizaine de thèmes classiques, support d'une réflexion renouvelée, par exemple sur le sacré, la mémoire ou la violence, et prétexte à une exploration en profondeur de la condition humaine.

  • Le corps abîmé, ou le corps mis en abîme, est un corps difficile à recon-naître pour sien, une chair altérée qui mène à une existence diminuée. L'humain n'a pas d'autre horizon que son corps. Un corps abîmé touche l'ensemble des dimensions de l'existence. L'altération est ponctuelle ou durable, voire définitive. Elle est donnée à la naissance ou le fait de la maladie ou d'un accident. Elle est tolérable ou destructrice selon les circonstances.
    Parler de «corps abîmés» amène à souligner cette dualité constante' sur laquelle se construisent la normalité et l'exception corporelle. C'est aussi mettre en valeur le moment de contraction du corps, et donc de la présence au monde, provoquée par des amputations, des maladies, des états de paralysie ou de handicap moteur sévère, des violences physiques ou par des violences physiquement ressenties, tels les rapports entre les genres, les expériences d'attaques au corps propre ou les épreuves sportives, ou encore le mal de vivre adolescent. Cette contraction qui abîme le corps a une valeur à la fois positive et négative, elle est norme et contre-norme, elle est moment destructeur et moment créateur en même temps.
    Cet ouvrage se propose de décliner ces différentes formes de la relation au corps abîmé avec des contributions de disciplines différentes et dans un contexte international.

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