Littérature générale

  • Il croit avoir dispensé aux fils une éducation ferme et juste, ne tolérant ni la mollesse, ni la lâcheté, ces défauts impardonnables chez un homme. Il conçoit une fierté secrète à avoir élevé seul ces deux gars. Peut-il pour autant être assuré de leur dévotion, de leur fidélité, de
    leur ambition ? Désormais que les fils sont adultes, peut-il se féliciter d'être parvenu à leur transmettre autre chose qu'une propriété : cette conviction, cette foi en la terre?

  • "C'est un homme sans vertu, sans conscience. Un libertin, un impie. Il se moque de tout, n'a que faire des conventions, rit de la morale. Ses moeurs sont, dit-on, tout à fait inconvenantes, ses habitudes frivoles, ses inclinations pour les plaisirs n'ont pas de limites. Il convoite les deux sexes. On ne compte plus les mariages détruits par sa faute, pour le simple jeu de la séduction, l'excitation de la victoire. Il est impudique et grivois, vagabond et paillard. Sa réputation le précède. Les mères mettent en garde leurs filles, de peur qu'il ne les dévoie. Il est arrivé, on le soupçonne, que des dames se tuent pour lui. Après les avoir menées aux extases de l'amour, il les méprise soudain car seule la volupté l'attise. On chuchote qu'il aurait perverti des religieuses et précipité bien d'autres dames dans les ordres. Il détournerait les hommes de leurs épouses, même ceux qui jurent de n'être pas sensibles à ces plaisirs-là. Oh, je vous le dis, il faut s'en méfier comme du vice." Paris, 1760. Le jeune Gaspard laisse derrière lui Quimper pour la capitale. De l'agitation portuaire du fleuve aux raffinements des salons parisiens, il erre dans les bas-fonds et les bordels de Paris. Roman d'apprentissage, Une éducation libertine retrace l'ascension et la chute d'un homme asservi par la chair. Prix Goncourt du premier roman 2009

  • Le sel

    Jean-Baptiste Del Amo

    'Leur famille est ce fleuve aux courbes insaisissables dont il n'est possible de cerner la vérité qu'en l'endroit où la mémoire de tous afflue pour se jeter, unifiée, dans la mer.' Un grand dîner doit rassembler chez Louise, la veuve d'un pêcheur sétois, ses enfants dispersés et leurs familles. La perspective de ce repas fait remonter en chacun d'eux des souvenirs, des rancunes, des attendrissements mélancoliques, des regrets et des drames intimes.

    Sous le patronage de Virginia Woolf, Jean-Baptiste Del Amo dessine l'histoire d'une famille. D'une prose virtuose, au souffle exalté et tremblant, il nous offre une chronique hantée par le caractère périssable de l'amour et par la toute-puissance de la mort.

  • Pornographia

    Jean-Baptiste Del Amo

    "À la tombée de la nuit, je marche vers l'océan, longeant les murs parmi les ombres dans un grand silence. Je respire un effluve tenace, une essence aux notes d'abattis, de fleur pourrissante, un remugle charnel et végétal, mais je ne peux déterminer s'il émane de mon haleine ou de la ville, puisque je marche à cette heure où les murs suent et exhalent un long soupir." Après Une éducation libertine (2008) et Le sel (2010), on retrouve avec Pornographia, récit d'une errance hallucinée dans la nuit d'une ville tropicale, l'univers sensuel et violent de Jean-Baptiste Del Amo.

  • De la petite à la grande Histoire. Dans un village isolé d'Espagne, Juan attend sur le pas de sa porte celles et ceux qui viennent pour exproprier le vieil homme de là où il a vécu et grandi. Ils sont jeunes et ambitieux, pressés de faire table rase du passé. Ce sont les enfants de Clio fille d'émigrés à Paris revenus au village le temps d'un été durant l'enfance de Juan. C'était alors les années 60, Clio rencontrait Juan, lui apprenait à lire et lui faisait découvrir un monde vaste et diversfié. Elle incarnait la promesse d'un avenir meilleur... La destinée de deux Espagnols reflète celle de l'Europe d'après-guerre, avec son lot de désillusions. EXTRAIT Les épaules nues, adossé à la façade en pierre, il attend. Il a posé son transistor allumé sur le rebord de la fenêtre, et il puise dans un sachet des graines de tournesol qu'il décortique comme un perroquet. Il paraît que nous sommes l'Europe. Une histoire centenaire. Juan s'en moque de cette joie, de la Neuvième de Beethoven qu'on repasse à toute heure, des discours des politiciens. Elle arrive trop tard, l'Europe. Lui, il est plus vieux que tout ça - Juanito, tu es presque devenu une tombe - et il se demande, sans trop forcer, juste pour tuer le temps de l'attente, si l'Europe arrivera jusqu'ici. La terre sourit sous le soleil, les cigales s'éclatent, les bourdons survolent le ruisseau, les pierres s'agitent avec inquiétude et les bras d'herbe sèche sont bercés par un vent qui les grille au lieu de les soulager. CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE Victor del Árbol [...] noue les fils de ce récit simple et efficace avec une grande finesse. - Jacques Josse, remue.net Victor Del Árbol, que l'on connaît pour ses romans policiers, délivre ici un texte d'une grande beauté, d'une sincérité incroyable, qui laissera le lecteur franchement ému en refermant cette nouvelle - courte, certes, mais la vie ne l'est-elle pas aussi ? - Librairie Le Bateau livre À PROPOS DES AUTEURS Victor Del Árbol est né à Barcelone en 1968. Après avoir étudié l'Histoire, il travaille dans les services de police de la communauté autonome de Catalogne. Son premier roman La maison des chagrins publié en 2006 a reçu le prix Tiflos. C'est toutefois la parution en 2011 de La Tristesse du Samouraï, traduit en une douzaine de langues et best-seller en France, qui lui apporte la notoriété. Claude Bleton a été enseignant d'espagnol, puis directeur de la collection « Lettres hispaniques » chez Actes Sud entre 1986 et 1997 et directeur du Collège International des Traducteurs Littéraires (Arles) de 1998 à 2005. Il a traduit environ 150 titres et a publié en tant qu'auteur Les Nègres du traducteur (Métailié, 2004), Vous toucher (Le Bec en l'air, 2007), Broussaille (Éditions du Rocher, 2008).

  • La tragédie de l'homme qui se raconte est celle de la différence. Nain d'une laideur exceptionnelle, n'inspirant que le dégoût, il est exclu de tout et de tous. À force de subir le regard haineux d'autrui, il choisit de devenir celui que les autres voient en lui et d'entretenir sa légende maléfique. À moins que sa rencontre avec la musique ne le sauve d'un destin criminel... Né en 1933, Michel del Castillo quitte très tôt l'Espagne en pleine guerre civile pour la France. Il est l'auteur d'une oeuvre considérable. La plupart de ses romans sont disponibles en Points. «Il arrive que la littérature sauve de la déchéance.» Michel del Castillo, avril 2000

  • Un jeune homme fait une enquête sur un intellectuel mort une quinzaine d'années plus tôt et qui a la particularité de n'avoir rien publié de son vivant. Cette figure de l'intégrité, de l'exigence littéraire, est un personnage qui a existé : Roberto Bazlen, dont les écrits retrouvés ont paru à titre posthume. Mais il s'agit d'un prétexte car du véritable Roberto Bazlen peu de chose sera dit, bien que le narrateur interroge minutieusement toutes les personnes qui l'ont connu. Parmi elles, deux femmes qui vont revivre une amitié demeurée intense dans leur souvenir. De Trieste, l'enquêteur est conduit par sa recherche à Londres, à Wimbledon dont le stade vide va jouer le rôle de révélateur.
    Ce roman symbolique, singulier, plein de charme et d'intelligence, a immédiatement frappé des écrivains comme Alberto Moravia, Ferdinando Camon et Italo Calvino.
    Au fil des ans, ce roman de Daniele Del Giudice publié en 1983 est devenu un livre culte.
    Le Stade de Wimbledon a été porté à l'écran en 2002 par Mathieu Amalric avec Jeanne Balibar dans le rôle principal.

  • L'expulsion

    Michel Del Castillo

    • Fayard
    • 21 Mars 2018

    1609-1610  : Philippe III d'Espagne et le duc de Lerma décident d'expulser les morisques de la Péninsule ibérique. Ces cinq cent mille hommes et femmes, nés en Andalousie, sont les descendants des populations musulmanes converties au christianisme plus d'un siècle auparavant, et, pour la plupart, travaillent sur les terres des Grands d'Espagne comme cultivateurs, jardiniers, artisans. 
    Embarqués de force dans des navires loués aux Vénitiens, aux Génois et aux Français, les morisques sont envoyés malgré eux en Afrique du Nord, soupçonnés  d'apostasie et de trahison. 
    Cette trame historique est la toile de fond du nouveau roman de Michel del Castillo, où se côtoient les figures emblématiques de cet épisode tragique de l'histoire d'Espagne : celles du roi et de son favori, des représentants de l'armée, des Grands, de l'Eglise, mais aussi celles, plus juvéniles et plus humbles, de leurs victimes ou de leurs ennemis.
    Michel del Castillo livre un roman troublant dont les racines plongent dans cette Espagne qui lui est si chère et nous rappelle un épisode oublié qui fait écho à la sourde angoisse planant aujourd'hui sur l'Europe.

  • Les chats sont des êtres fascinants, dotés d'une sagesse telle qu'ils étaient considérés comme des demi-dieux dans l'Égypte ancienne. Ils nous hypnotisent, nous ensorcellent. Qu'ils soient sauvages ou domestiqués, ils apaisent et intriguent par leur besoin de solitude, d'indépendance, mais aussi par l'indéfectible amour qu'ils peuvent porter à un être humain ou à l'un des leurs. Dans ce roman-fi ction initiatique, Laila del Monte nous raconte l'histoire d'Amata, un chat sauvage apparu de nulle part et recueilli par Speranza, une musicienne. La rencontre avec Amata transforme la vie de la jeune femme de façon inattendue et déclenche chez elle une série de souvenirs de chats avec lesquels elle vit des initiations qui l'emmèneront de l'Égypte ancienne à la Chine en passant par Pompéi, chez les Gitans d'Espagne, ou même en Inde. Traversant les siècles et les cultures, ces initiations vécues au contact de chats énigmatiques et pleins de sagesse nous offrent une compréhension de la conscience et de la communication animales, de l'art de la guérison et de la musique. Un VOYAGE INITIATIQUE unique au royaume des CHATS.

  • Carlos Sanchez, un jeune étudiant atteint de folie mystique, devient l'enjeu, l'appât et la victime de ceux qui tiennent les rênes du pouvoir politique et religieux et de leurs intrigues... Une allègre fureur anime de bout en bout l'étonnante et cruelle mascarade à laquelle nous fait assister Michel del Castillo. Le Manège espagnol s'affirme comme une satire de la bourgeoisie issue de la guerre civile mais aussi, grâce au personnage de Carlos Sanchez, comme une méditation douloureuse sur l'Espagne éternelle.

  • Mamita

    Michel Del Castillo

    • Fayard
    • 18 Août 2010

    « Cette décision -livrer son fils- Xavier la considérait maintenant avec une sourde terreur. Etait-ce plus criminel que d´envoyer à la mort le père de ses enfants ? Tout, dans cette existence tissée de mensonges et de parjures, inspirait de l´épouvante. Il y avait chez cette femme qu´on pouvait croire folle une dureté, une vigilance stupéfiantes. Alors qu´elle semblait céder à ses impulsions, elle calculait froidement. Il faisait ainsi partie d´une algèbre criminelle. »  Pianiste virtuose, Xavier s´installe à Redwoods, sa maison du Vermont, pour préparer l´enregistrement de l´oeuvre de Chopin, intimement liée à son existence. Au gré de ses déplacements entre New York, le studio de Boston et les paysages américains, il fait deux rencontres essentielles, Sarah et le jeune Tim, admirateur fervent. Chacune le renvoie à son enfance dénaturée.  Par cercles concentriques de plus en plus étroits, il s´enfonce jusqu´au trou noir de la mémoire - le désamour et la trahison de son énigmatique Mamita.Né à Madrid en 1933, de père français et de mère espagnole, Michel del Castillo a évoqué son enfance et son adolescence chaotiques dans nombre de ses livres.

  • Un jour, Sandro choisit un livre parmi les piles de volumes qui encombrent sa table de chevet. Le nom de l'auteur, Aldo Casseto ; le titre du livre, Une enquête à Syracuse, l'attirent sans doute plus que les autres. Sandro a grandi lui aussi en Sicile, à Palerme, auprès de sa mère Dina. Au moment d'entreprendre sa lecture, Sandro se connaît un demi-frère. Il aura hérité de deux frères supplémentaires le livre achevé : Aldo, l'auteur du roman, et Brunetto, fils de Dina comme lui. Deux frères qu'il n'a jamais vus ni approchés, que Dina semble-t-il, a toujours voulu lui cacher. Cela paraît incroyable, presque impensable ces deux frères tombés du ciel par l'intermédiaire d'un livre, et plus encore cet Aldo, romancier comme Sandro, publié par le même éditeur, qui aura fatalement côtoyé les mêmes personnes, évolué dans le même monde. Combien de fois Sandro et Aldo ont-ils pu se croiser ainsi sans se reconnaître ? Tout se confirme pourtant. De correspondances en coïncidences, Sandro va découvrir combien de secrets il lui reste à percer, de chemin à parcourir. Il lui faudra remonter le temps de son enfance sicilienne, redessiner inlassablement la figure de cette mère qu'aucun superlatif ne réussirait à définir vraiment. Car comment expliquer Dina et la comprendre ? Sa beauté, ses amours, ses vies multipliées, toujours recommencées, ses engagements politiques, son exil forcé en France et puis bien sûr ses fils perdus... Pourquoi les perdre alors ? Comment les retrouver ? Aldo et Sandro finiront-ils par se rencontrer eux-mêmes ? Le pari de Sandro se révèle peu à peu insensé de vouloir tout consigner enfin, tout ramasser du roman de sa vie. Il le gagnera au prix d'un livre, mais le sien propre, écrit à la gloire de Dina qui seule possède les fameux secrets, qui seule connaît le nombre des cartes, leur valeur, le nom du jeu, qui seule en a inventé les règles. La partie, Sandro le sait bien, ne s'arrêtera jamais.

  • Only rêve de fuir la « zone », un bidonville en bordure de Madrid dans lequel il vit en compagnie se son jeune frère et de parents alcooliques. Quittant la misère la plus sordide, s'ouvrant à l'amour de Marianita, il parvient, sous la protection de son ami Santiago, à trouver un peu de paix et de bonheur. Il découvre dans le même temps la politique, l'idéal du parti communiste et l'espoir révolutionnaire. Mais sa nouvelle vie sera de courte durée. Nous sommes en 1936, et l'Espagne va connaître une guerre civile effroyable. Tous les protagonistes de cette histoire vont y être étroitement mêlés, y compris la ville elle-même, Madrid, symbole de la résistance au fascisme et du fameux No pasarán. Certains de ces hommes y trouveront la mort. Aucun n'en sortira indemne.

  • À quoi servent les fenêtres en littérature ? Comment et à quelles fin encadrent-elles si souvent les aventures des personnages de fiction ou les contemplations des poètes, depuis le courtois Moyen Âge jusqu'aux plus urbains XIXe et XXe siècles ? Seuil à double sens entre l'intérieur et l'extérieur, mais aussi entre le sujet et le monde, la fenêtre rapporte l'identité individuelle au surgissement de l'altérité ; en même temps qu'elle ouvre l'espace fini d'une représentation, elle facilite l'accès à la connaissance.Par ses multiples fonctions, la fenêtre est ici conçue moins comme un objet référentiel ou un thème littéraire que comme un objet théorique, défini par la notion d'hypersigne : c'est-à-dire comme un noyau de la représentation, qui préside au système de signes instauré par l'oeuvre, opérant une densification du sens et fondant les modèles herméneutiques de son déchiffrement. Le pari de cet ouvrage consiste à proposer une vision renouvelée du concept de représentation, par la définition d'une approche inédite, appelée « sémiologie historicisée », susceptible de conjuguer la théorie et l'histoire de la littérature.

  • Fuyant l'Espagne et le franquisme triomphant, Clara del Monte et Tchoun-Tchoun, son fils de six ans, arrivent dans une France qui se prépare à son tour à la guerre et où tous deux vont connaître les tourments des exilés : internement dans le camp de Rieucros, en Lozère, errance entre Vichy, Montpellier et Marseille.
    Selon les témoins qu'interrogera cinquante ans plus tard Élisa Toldo, une amie de l'enfant entre-temps devenu le célèbre pianiste Xavier Montel, l'énigmatique, scandaleuse et flamboyante Clara perd alors le pouvoir de conduire sa vie à sa guise. Soumise à des forces qu'elle ne contrôle plus, il lui faut désormais user d'expédients, quémander, se lancer dans de mystérieuses intrigues.
    Et Tchoun-Tchoun, encore marqué par la terreur de la guerre civile, s'accroche à cette mère incompréhensible qui tantôt le protège et tantôt le rejette. Comment expliquer cette passion entourée de violence ? Les faits sont là mais leur sens ne cesse de se dérober : face à l'enquête d'Élisa, Xavier peut-il voir dans l'enfant qu'il fut la victime expiatoire de Clara ?
    Après les Étoiles froides, ce roman orchestre, développe et module les thèmes chers à l'auteur : la manipulation, la trahison, le mensonge, mais aussi le rôle salvateur de l'art.

  • Le Crime des pères. J'ai toujours écrit pour éviter de vivre. J'ai toujours fui mon angoisse dans les livres, lesquels contiennent ma vie la plus profonde. Aujourd'hui je n'écris pas une biographie, je ne rassemble pas des souvenirs. S'agit-il d'un roman ? D'une enquête ?Je tente plus simplement de reconstituer un récit qui se déroule à mon insu. Ma démarche relève autant de l'imagination que du témoignage. J'ignore même ce que je cherche. Je suis et je poursuis les mots et, si je m'écarte de la partition, la musique sonne faux.Ainsi ai-je accepté de retourner en Espagne, à Huesca où j'ai vécu à la fin de mon adolescence une histoire tissée d'énigmes et jamais achevée.J'aurais dû me méfier, pressentir que j'allais régler un dernier compte, mon propre compte évidemment.M.D.C.

  • Cet ouvrage en trois parties s'articule autour de l'évocation de la vie et de l'oeuvre de Jean Sénac, poète algérien mort assassiné en 1973. Évocation centrée sur une pièce de théâtre, dont la publication coïncidera en septembre avec la représentation sur une scène du 20è arrondissement, après de multiples difficultés exposées dans une toute première partie : lettre ouverte au directeur d'un théâtre parisien subventionné, ayant refusé de faire représenter la pièce. Dans une mise en abyme, la pièce met en scène trois personnages qui sont en train de monter un spectacle autour de Jean Sénac ; ce faisant, ils livrent leurs réflexions à propos de ce poète maudit, apatride, ayant refusé la nationalité française et n'ayant pas obtenu la nationalité algérienne, mais qui choisit, lui, le français comme langue, comme asile poétique, et l'Algérie comme patrie, terre de soleil et d'amour où il trouve le réconfort auprès de jeunes hommes des quartiers déshérités.

    Nombreuses sont les questions et les controverses que suscite le destin de cet homme, mort dans le plus grand dénuement et dans des circonstances restées obscures : la question des pieds-noirs et leur difficile engagement lors de la guerre d'Algérie (Sénac et Camus notamment optèrent pour des camps opposés), la question de l'homosexualité dans une société méditerranéenne qui prône la virilité comme valeur suprême, les modalités de l'indépendance algérienne et la dictature militaire qui a suivi. Michel del Castillo aborde lui-même ces questions dans sa troisième partie où il fait un parallèle entre le destin de Jean Sénac et celui de Pier Paolo Pasolini, cherchant à dévoiler ce que fut Sénac, entre poésie, amours brûlantes et engagement politique.

    À la veille des manifestations culturelles de "l'Année de l'Algérie en France" qui se dérouleront en 2003, Michel del Castillo nous invite à une réflexion sans complaisance sur les événements passés et présents en Algérie et, à l'opposé de la mouvance bien-pensante et de toutes ces manifestations opportunistes, il pose une question incontournable pour l'avenir : "quand donc l'Algérie s'ouvrira-t-elle à la tolérance et à la démocratie ?"

  • Des rues de la Havane à celles de la Seine-Saint-Denis, Maria la Cubaine et Paul le Français vont confronter leurs destins pour vaincre la conjuration babélienne de l'humanité qui sépare les êtres et transforme un perro en chien. Mêlant leurs âmes et leurs langues, les deux amants nous promènent dans cette Caraïbe luxuriante, au gré de leurs amours contrariées et de leurs passions échevelées, des sentes préhistoriques aux parkings des supermarchés.

  • C'est en renouant avec les valeurs initiales de la poésie que s'est construite cette anthologie des poétesses péruviennes pour faire entendre leurs voix dans toute la diversité de leurs expériences et de leurs talents. C'est aussi le patient travail de recherches, de rencontres, de traductions et d'amitiés de Luis del Rio Donoso et Maryse Gévaudan qui nous font connaître l'importante et active présence des femmes dans la vie publique et dans la création au Pérou. Porteuses de l'urgence poétique, elles viennent, après une longue traversée, donner de nouveaux sens au langage, et par leurs récits poétiques, témoigner de notre commune humanité ainsi que l'écrit Luis del Rio Donoso « qui ne se tait pas, qui ne ferme ni n'enferme, qui ne construit ni murs ni barrières. Elle est le verbe annonciateur, magique, le verbe témoin, prophétique... et éternel. Seule la parole sauve la parole et sème ses marques au coeur de toute humanité ».

  • Professeure de philosophie, l'auteure de ce livre a été confrontée comme nombre d'enseignants à une forte incitation émanant de l'Éducation nationale : celle d'évaluer systématiquement les « compétences acquises » par les élèves, sur des critères préétablis. Frappée par l'utilitarisme de cette méthode, elle a voulu en savoir plus sur son origine. À sa grande surprise, elle a découvert l'omniprésence de l'« approche par compétences » dans l'éducation : depuis les années 1980, celle-ci est de plus en plus utilisée, dans les pays du Nord comme du Sud, de la maternelle à l'université, pour l'évaluation personnelle des élèves comme pour celle des systèmes éducatifs nationaux. Ce qui l'a amenée à explorer un univers méconnu : celui du « marché des compétences », fondé sur la théorie du « capital humain », promue par des institutions internationales comme l'OCDE et l'Unesco.

    Ce livre restitue l'enquête conduisant à ces découvertes, la prolongeant par un double questionnement. Si l'approche par « compétences » progresse dans les systèmes éducatifs grâce à l'ignorance de ce qu'elle recouvre, les enseignants n'en sont-ils pas les instruments inconscients ? Mais comment s'opposer à une approche qui se place au service de l'individu et de son « employabilité», même si c'est ainsi qu'elle opère la transformation de l'Éducation nationale en « fabrique de ressources humaines » ? S'appuyant sur l'analyse de pratiques concrètes d'enseignement, Angélique del Rey explore les voies d'une « autre école » qui, plutôt que d'armer les élèves pour une « vie moderne » standardisée, assume les défis de la situation.

    Elle plaide pour qu'enseignants et parents encouragent, par leur éducation, les jeunes à« suivre leur chemin », quitte à les mettre en conflit avec les principes utilitaristes qui prévalent. C'est le prix pour que ceux-ci sachent demain s'épanouir dans le monde et le transformer.

  • La Nature, la solitude, la famille, la nuit... Voici les themes de ce Château Rouge du coeur qui règne : beau, sanglant et lumineux comme la doctrine de l'amour.

  • Sociologues et politologues se sont jusqu'ici peu intéressés au rôle que jouent les institutions policières dans l'organisation et le fonctionnement politiques des sociétés. A partir d'une analyse comparative dans le temps et dans l'espace et en faisant un bilan des travaux consacrés à la sociologie de la police, ce livre répond aux questions de la science politique et à celles du citoyen, dans un domaine où règnent approximations et confusions.

  • "Tout bien pesé, cette prison en valait une autre. Patricia était faite pour les longues fidélités. Elle aimait ce qui dure. Dans cette demeure, elle discernait moins une habitation qu'une pensée, et c'est elle seule qui lui importait. Le feu pouvait bien détruire ces pierres, ou l'eau, ou la pioche des démolisseurs, elle n'en éprouverait nul chagrin. Pas davantage de la joie. Elle trouverait une autre pensée, elle s'inventerait une difficulté nouvelle. Ses pensées à elle lui arrivaient toujours à travers un regard. Elle ne croyait, comme les humbles, qu'aux idées qui s'incarnent."
    Michel del Castillo

  • Vous avez été convié(e) à une soirée mondaine dans une grande et belle bâtisse bourgeoise où des convives un peu prolixes se racontent des histoires. En français, en anglais, en espagnol ou en créole, ils conversent et philosophent quand ils ne se moquent pas des petites misères humaines. Joueurs de loto presque gagnants, amants séparés et Homo erectus se côtoient dans une ambiance légèrement empruntée, propice à la réécriture des histoires les plus célèbres commeSdes plus anodines.

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