Dominique Méda

  • Alors que les pays occidentaux font face à une crise économique et sociale d'une extrême gravité, responsables politiques et experts attendent le salut du seul retour de la croissance. Pourtant, si celle-ci revenait, elle contribuerait sûrement à aggraver la menace écologique à laquelle le monde est confronté. Comment sortir de cette contradiction ? En comprenant pourquoi et comment nous sommes devenus des « sociétés fondées sur la croissance ». En tirant toutes les conséquences du caractère anachronique et pervers des indicateurs - tel le PIB - qui sont devenus nos fétiches. En mettant au coeur de l'action publique ce qui compte pour inscrire nos sociétés dans la durée.
    La reconversion écologique est le seul moyen de maintenir des conditions de vie authentiquement humaines sur Terre, mais elle suppose de rompre avec une partie de nos croyances, liées à l'avènement de la modernité - le caractère intrinsèquement bon de la maximisation de la production, le progrès confondu avec l'augmentation des quantités, la passion de l'enrichissement personnel... Elle exige aussi de mettre un terme à la prétention de l'économie à décrire seule le monde que nous voulons.

    Création Studio Flammarion © Flammarion, 2013, pour l'édition originale © Flammarion, 2014, pour la présente édition en coll. « Champs »

  • Paru en 1995 sous un titre qui suscita la polémique, Le Travail.Une valeur en voie de disparition a été perçu comme un manifeste contre le travail et une prophétie annonçant le déclin de la valeur travail. Le débat qui s´est alors ouvert, auquel fut associé, notamment, Jeremy Rifkin, ne s´est depuis plus refermé.
    Dominique Méda y revient, quinze ans plus tard : la valeur travail s´est-elle dégradée ? Faut-il réhabiliter le travail ? Est-ce la fin du travail ? Elle précise les raisons pour lesquelles le débat auquel elle invitait alors - comprendre si le travail peut ou non, en régime capitaliste, devenir une oeuvre à la fois individuelle et collective - n´a pas pu avoir lieu.
    Cet ouvrage démontre, en mobilisant les principaux textes philosophiques et l´histoire des idées politiques, comment le travail est devenu une valeur centrale. Il invite à remettre sur le métier la question lancinante du rôle que tiennent l´échange économique et le travail dans la fabrique du lien social.
    Il propose enfin une voie pour permettre à tous les membres de la société, hommes et femmes, d´accéder non seulement au travail - un travail décent ou soutenable -, mais aussi à l´ensemble de la gamme des activités, qu´elles soient amicales, politiques, parentales ou de développement personnel, qui constituent le bien-être individuel et social.

  • Il y a presque dix ans, Dominique Méda faisait le constat suivant : les femmes françaises travaillent de plus en plus, mais les institutions, les mentalités ne se sont pas encore adaptées à cette nouvelle réalité sociale. Qu'en est-il aujourd'hui ? Le «temps des femmes» est-il enfin advenu ? Pour la sociologue, le constat est, hélas, préoccupant. Les inégalités professionnelles entre hommes et femmes ont cessé de se réduire, l'écart des salaires reste significatif (près de 25 %), le temps partiel - qu'il soit choisi ou subi - concerne majoritairement les femmes, lesquelles, par ailleurs, accèdent toujours aussi peu aux postes de responsabilité. Pourquoi cette piètre performance de la France ? Comment expliquer cette résistance à des changements que d'autres pays - nos voisins nordiques par exemple - ont menés avec succès ? Que faire pour relancer une dynamique qui paraît d'autant plus grippée qu'elle ne relève pas de «l'urgence» sociale ? Dominique Méda en appelle à une véritable révolution mentale : il faut inciter les hommes à s'impliquer davantage dans la prise en charge des enfants, déspécialiser les rôles - notamment pour les tâches ménagères -, et reconnaître que certaines activités, jugées peu productives comme tout ce qui touche au care, au soin d'autrui, sont une richesse pour notre pays. Cette révolution est à notre portée.

  • Nous vivons les yeux rivs sur le taux de croissance du Produit Intrieur Brut, comme si celui-ci suffisait faire de nous des socits vraiement riches. Indiffrent la manire dont sont rpartis les biens, les services, les revenus et les acquis, le PIB n'est affect ni par la monte de la violence ni par le dveloppement des ingalits ou l'altration de l'environnement, pas plus qu'il ne le serait par l'accroissement constant du niveau d'ducation, la facilit d'accs des services publics de qualit, l'amlioration gnrale de l'tat de sant de la population ou la promotion d'une relle galit entre les hommes et les femmes. Si ce qui importe, c'est ce qui est productif, comment donner de la valeur des activits qui ne sont productives de rien, ou seulement de relations, de sens, de qualit de vie ? Cette question est particulirement importante au moment o s'opre une rduction de la dure lgale du travail, activit productive par excellence. Si les femmes, sur lesquelles psent aujourd'hui les contradictions de notre socit, parviennent promouvoir une autre organisation des temps sociaux, alors peut-tre pourrons-nous exprimenter des modes de partage et des types de richesse plus modernes, plus dmocratiques et plus civiliss. Ce livre a obtenu le prix Synapsis-CRC-Mutations et Travail 1999.

  • Que nous apprend cette crise ? En premier lieu que les humains au travail ne peuvent être réduits à des « ressources ». Les caissier.es, les livreurs, les infirmier.es, les pharmacien.nes, les docteurs, toutes celles et tous ceux qui nous ont permis de continuer à vivre dans la période de confinement en ont été la démonstration vivante.

    Cette pandémie nous montre en second lieu que le travail lui-même ne peut être réduit à une marchandise. Les soins de santé, la prise en charge et l'accompagnement des plus vulnérables sont autant d'activités qui doivent être protégées des seules lois du marché, sans quoi nous risquons d'accroître toujours plus les inégalités, jusqu'à sacrifier les plus faibles et les plus démunis.
    Pour éviter un tel scénario, que faut-il faire ? Démocratiser l'entreprise - c'est-à-dire permettre aux employés de participer aux décisions. Et démarchandiser le travail - c'est-à-dire à la fois protéger certains secteurs des seules lois d'un marché non régulé, mais aussi garantir à chacun l'accès à un travail qui lui permette d'assurer sa dignité.

    Au moment où nous faisons face à la fois au risque pandémique et à celui d'un effondrement climatique, ces deux changements stratégiques nous permettront non seulement d'assurer la dignité de chacun, mais aussi d'agir collectivement pour dépolluer la planète et la sauver.

  • La France serait le seul des grands pays d'Europe à avoir un taux de chômage élevé, une croissance faible et une dette abyssale. Nous serions les seuls à avoir conservé un Code du travail lourd et rigide, un modèle social affreusement coûteux, et à ne pas encore avoir mené les réformes permettant de nous adapter à la fois à la mondialisation et à la révolution technologique.
    Cette vision est radicalement fausse. Incapables de gérer correctement les dysfonctionnements du capitalisme financier, les pays européens ont imposé des mesures d'austérité qui ont aggravé les inégalités de manière inacceptable et accru la vulnérabilité de tous les systèmes. Malgré les coups de trompette macroniens annonçant l'entrée dans un Nouveau Monde, ce sont en réalité les mêmes politiques qui sont aujourd'hui poursuivies. Il nous faut rompre avec elles. Un autre projet est possible. Il est urgent de le mettre en oeuvre.
    Conjuguant trois disciplines - économie, droit, sociologie - et mobilisant les études les plus récentes, ce livre réfute les explications simplistes, propose un diagnostic puissant et dessine une autre voie.

  • Sommaire
    Préambule
    1 - Qu'est-ce que la croissance ?
    2 - La croissance : une histoire millénaire
    3 - Des pays développés condamnés à une croissance faible ?
    4 - Les dégâts de la croissance
    5 - La croissance verte est-elle une solution ?
    6 - De nouveaux indicateurs au service d'un nouveau modèle
    7 - Quel modèle social dans une société post-croissance ?
    8 - Quels changements pour une société post-croissance ?
    Conclusion générale
    Bibliographie

  • Heureux au travail ? Une enquête exceptionnelle dans le quotidien de l'entreprise.

    Le travail est-il un instrument d'aliénation ou de progrès ? Dans un contexte de crise permanente, dont les grands marqueurs sont le chômage de masse, la pénibilité et la perte de sens, le travail peut-il encore être une expérience heureuse ?
    Tandis que s'effacent les repères de l'ère industrielle (organisation " scientifique " de la production, poids politique de la classe ouvrière), Travailler au XXIe siècle donne la parole aux salariés et revisite le concept classique de reconnaissance. Comment le travail, au-delà de sa dimension lucrative, peut-il être source de prestige et de gratification personnelle ?
    Forts de trois ans d'enquête et d'entretiens avec des salariés, des syndicalistes et des cadres dirigeants, les auteurs explorent la réalité complexe du monde de l'entreprise aujourd'hui en France et montrent les vertus de la reconnaissance au travail.

  • This book looks at the history of work and the meanings that are attached to it over time. Taking as its basis a number of international surveys and interviews conducted in Europe, the authors consider the significance of work for Europeans today.Over the years the meaning of work has changed. It has become more highly diversified, and it is today invested with high expectations that conflict with organisational developments and the changing nature of the labour market. The authors use a generational perspective to explore whether it is possible to reconcile the contemporary "ethos" of work, especially with regards to women and young people, with organisations that are increasingly under pressure to be profitable and productive.Reinventing Work in Europe will be of interest to scholars and students in the areas of sociology of work, employment and organizations, labour studies, digital economy, and political economy.    

  • Un spectre hante le monde occidental, le spectre du chômage. Et pourtant, nous n'avons jamais produit autant de biens de consommation et de services. Quand on perd son emploi, on perd tout : l'argent, le statut social, l'identité. Dominique Méda, philosophe et auteur d'un ouvrage remarqué, Le Travail, une valeur en voie de disparition, nous rappelle que l'organisation de la société autour du travail est très récente, un modèle transitoire qu'il est peut-être nécessaire de dépasser. Pour Juliet Schor, économiste et professeur à Harvard, des alternatives existent, mais les forces du capitalisme résistent. Comment vaincre ces résistances, et pour quelle société ?

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