Eric Marty

  • « Pourquoi le XXe siècle a-t-il pris Sade au sérieux ? » Cette question a la force de l´évidence. Elle n´a pourtant jamais été posée aussi clairement et ouvertement que dans ce livre qui explore un des fétiches philosophiques et politiques majeurs de la Modernité dont les noms sont Adorno, Klossowski, Bataille, Blanchot, Foucault, Lacan, Deleuze, Sollers, Barthes... ou encore Pasolini avec son terrible et magnifique Salò ou les 120 journées de Sodome.
    Chacun de ces penseurs, écrivains ou artistes a fait de Sade un personnage fondamental de son aventure intellectuelle qui fut aussi une aventure personnelle.
    Le temps est venu d´interroger cette fascination ambiguë qui nous concerne profondément, et peut-être plus que jamais.

  • « La littérature et le droit à la mort » est le titre d'un texte célèbre de Maurice Blanchot.Trente ans après la mort de Roland Barthes (26 mars 1980), un de ses proches amis, Éric Marty, lui rend un hommage fondé sur les textes mêmes, en particulier le Journal de deuil, publié en 2009.Rappelant le climat des années 1970, et soulignant l'audace et parfois la solitude de Barthes, ce bref essai issu d'une conférence donnée le 9 février 2010 au Collège de France, part d'une question éminemment moderne : « qu'ai-je le droit, que m'est-il possible d'écrire ? »Avec le Journal de deuil, Barthes plonge au plus profond de l'intime, tout au bord de là où la parole s'éteint. Ce texte, suggère Éric Marty, ne pouvait exister qu'à titre posthume, car il n'y avait personne pour l'entendre du vivant de l'auteur. Ce Journal était posthume dans son écriture même.

  • « Il se revoyait maintenant le rasoir dans la main droite, revenir près du lit où elle reposait. Et le mouvement précis, sûr et net avec lequel il l'avait égorgée. Où avait-il appris un tel geste ? D'où le possédait-il ? Et cette démarche de fou ? D'où lui venait-elle ? Un meurtre, il le savait maintenant, il suffit d'en commettre un, et l'on comprend alors que ce n'est pas si difficile. Le meurtrier n'éprouve pas seulement de la jouissance, il atteint à une connaissance, c'est-à-dire une délivrance.
    Il sait que la vie humaine n'a aucune valeur. »

  • Le sexe des modernes - pensee du neutre et theorie du genre Nouv.

  • La Barre haut

    Eric Marty

    La Barre haut, roman inspiré d'une expérience vécue, relate le parcours des élèves d'une prépa aux concours d'entrée à l'École Nationale d'Administration confrontés à des situations cocasses, surprenantes et parfois incongrues qui illustrent les embûches de ces bûcheurs.
    Au fil des pages, joue la sélection naturelle. À l'arrivée, peu d'élus. Des deux personnages principaux, l'un réussit le concours, l'autre pas. Entre public et privé, passion et politique, amour ou amitié se déroule un chassé-croisé jusqu'à l'aboutissement ultime : l'annonce de la suppression de l'école par le président de la République. Préfacé par Denis Tillinac, il ne s'agit pas d'un énième opus sur les happy few des grands corps (Conseil d'État, Inspection des finances, Cour des comptes) et de la politique sortis dans "la botte", même si leur ombre plane sur tout le récit, mais d'une galerie de portraits d'apprentis énarques qui rejoindront la cohorte des administrateurs civils dans l'anonymat et la grisaille administrative.

  • Le Journal de Gide a quelque chose de fondateur en ce qu'il réalise comme aucun autre ce qui fait la loi même de cette pratique qu'est l'Écriture du jour. Ni autoportrait, ni autobiographie, nos confession qui sont des entreprises de rétrospection, le Journal traque et dessine dans la trivialité fragmentée des jours, une trace singulière de soi à même le Réel.
    En ce sens, l'écriture du jour est la tentative de se dépendre de toutes les doxa tout en s'y affrontant : les discours du Monde, comme les discours du Moi ; mais c'est également le lieu où s'éprouve au présent l'authenticité de la parole dans ses engagements les plus exclusifs : l'amour, le mysticisme, le politique.
    Si Gide a pu passer pour le premier des Modernes grâce aux innovations formelles de son œuvre romanesque, son Journal extraie de lui un visage plus secret, plus fascinant et moins saisissable : celui du premier des Maîtres que le vingtième siècle ne cessera, au travers de ses lecteurs les plus attentifs (Sartre, Blanchot, Camus, Barthes, Lacan...), de vouloir ressaisir.
    Ce livre a obtenu lors de sa première publication en 1985, le Grand Prix de la critique.

  • Sacrifice

    Eric Marty

    Sacrifice est l'histoire d'une circoncision.A l'origine, l'arrivée d'un roi à la souveraineté incertaine, puis celle d'un étranger dans un village à l'orée du désert. Le rêve du premier et les fausses prophéties du second révèlent à un enfant, héros de l'aventure, l'existence de ce rite mystérieux dont son sexe porte témoignage. La fiction s'organise ainsi autour de ce sacrement dans un monde où le symbolique s'effondre, où les affabulations, les mythomanies, les rêves, les faux-semblants gouvernent et rongent toutes les certitudes de l'enfant: le circoncis. Nous sommes dans un temps et un territoire archaïques non précisés. En quittant son village pour se rendre à travers le désert dans une grande cité d'Orient, l'enfant connaîtra avec une prostituée la possibilité de nouer sa vie à un fil moins énigmatique. Mais l'espace de la ville n'est sans doute pas moins menteur, mystificateur et meurtrier que celui d'où il vient. Le roman, à la fois burlesque et cruel, associe le mythe et sa parodie, l'initiation érotique et les contre-initiations perverses dans un univers où la mort, la destruction et le désir sont conjointement les enjeux immédiats de l'existence. Et ceux de l'écriture même du livre.

  • Pourquoi Roland Barthes'? C'est peut-être à cette interrogation que le présent livre tente de répondre. Plus de vingt-cinq ans après sa mort, mais aussi, après la disparition, dans les années qui suivirent, de toute une génération qui avait donné un sens

  • La fille

    Eric Marty

    « Dans le village de Landon, à l'extrême nord de la France, celui qu'on appelait la fille était déjà depuis longtemps la proie de nombreux hommes. Il était la proie. Un joli gibier. » La fille, c'est Claudie, un garçon du village avec qui le narrateur a connu une idylle lorsqu'ils étaient enfants. Mais une dizaine d'années plus tard, c'est à une sorte de chasse à la fille que Claudie est confronté, avec pour protecteur et sauveur celui qui raconte l'histoire. Protecteur et sauveur ? Disons aussi l'un de ses poursuivants les plus acharnés.





    Ce roman cruel, tendre, poétique, réaliste, ne raconte pas seulement une histoire d'amour et de violence hors des normes, il dépeint aussi toute une humanité, celle d'un petit village à l'écart du monde, dont les habitants terribles et attachants hantent et colorent les rêves, les errances, les désirs des deux héros.





    Auteur de nombreux essais, Éric Marty enseigne la littérature contemporaine. La Fille, après Sacrifice (1992) et Le Coeur de la jeune Chinoise (2013), est son troisième roman.

  • L'argument du cours a été le suivant : on a défini comme relevant du Neutre toute inflexion qui esquive ou déjoue la structure paradigmatique, oppositionnelle, du sens, et vise par conséquent à la suspension des données conflictuelles du discours. Le relevé de ces inflexions s'est fait à travers un corpus qui ne pouvait être exhaustif ; cependant, les textes des philosophies orientales et mystiques se sont trouvés naturellement privilégiés. [...] A travers des touches successives, des références diverses (du Tao à Boehme et à Blanchot) et des digressions libres, on a essayé de faire entendre que le Neutre ne correspondait pas forcément à l'image plate, foncièrement dépréciée qu'en a la Doxa, mais pouvait constituer une valeur forte, active.R. B.

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