Fawzia Zouari

  • Arrière-petite-nièce de Lamartine, d'un anticonformiste aussi affiché dans ses publications et ses chorégraphies que dans sa vie privée, elle fut l'égérie de l'avant-garde artistique et littéraire de la Belle Époque. La beauté et les provocations de Valentine de Saint-Point, tout comme ses liaisons illustres, lui offrirent l'image d'une scandaleuse à la mode. Elle posa pour Mucha et Rodin, Satie et Ravel mirent en musique ses vers. Apollinaire, Stravinski, Picabia, Chagall, Léger, Sonia et Robert Delaunay fréquentèrent son salon.Mais la Grande Guerre fut pour cette idéaliste effrontée une prise de conscience du matérialisme et de la violence du monde occidental. Convertie à l'islam, elle s'installa au Caire, devint intime de René Guénon et fut l'une des premières voix européennes à dénoncer la colonisation et à militer pour l'indépendance des pays arabes. Dérangeante, combattue de tous les côtés, elle mourra dans la misère et l'anonymat.
    Sa vie passionnante, sa pensée avant-gardiste et son parcours à la Lawrence d'Arabie méritent d'être redécouverts.
    Fawzia Zouari est une romancière et journaliste franco-tunisienne. Prenant parti pour les droits des femmes, chevalier des Arts et des Lettres, elle a déjà publié, entre autres, La deuxième épouse, Ce voile qui déchire la France, et Le corps de ma mère (Prix des cinq continents).

  • Il aura fallu le déclenchement de la révolution du Jasmin, en Tunisie, pour que la narratrice se décide à écrire sur sa mère. Elle revient sur ce printemps 2007, quand, au chevet de sa maman malade, elle n'a qu'une envie : percer l'énigme de cette femme rétive aux confidences et à la tendresse. S'engage une enquête qui a tout de la chasse au trésor... où l'on apprend que la vie de Yamna était loin de ce qu'en imaginaient ses enfants.
    "Fawzia Zouari nous livre un récit familial extraordinaire, shakespearien dans sa trame, son ampleur et son style, dont on ne sort pas indemne. Le lecteur en est averti, le vertige le saisira dès les premières pages, il ne pourra échapper au désir, plein de risques, de tourner son regard sur lui-même et de s'interroger sur l'histoire de sa propre famille. Il lira le récit de Fawzia Zouari autant qu'il fouillera en lui, et de cette mise en parallèle sourdra un irrépressible malaise."
    Boualem Sansal.

  • Réfléchir à la formule d'un féminisme méditerranéen, c'est dépasser le modèle des débats vains autour de "cette inégalité des sexes qui n'en finit nulle part de finir", disait J. Berque. Pour l'auteur, l'"approche méditerranéenne" consisterait à trouver au féminisme une tonalité plus authentique, plus savoureuse, plus chargée de sens. Si les femmes de la Méditerranée ont un rôle à jouer, c'est, entre autres, de renouer le dialogue entre les communautés et les cultures, de redonner à cette région des raisons d'espérer.

  • En novembre 1998, un fait divers hors du commun fait la une des journaux. Une jeune Maghrébine de vingt-six ans vient de mourir de faim à Paris, dans le petit appartement du quatorzième arrondissement qu'elle partageait avec sa soeur. Celle-ci, secourue dans un grave état de sous-nutrition, va être sauvée de justesse. Comment les deux jeunes femmes ont-elles pu préférer une dignité muette à la survie ? Bouleversée par cette affaire, l'auteur a imaginé leur histoire. Leur mère, jamais guérie de son exil, organise les retours au village natal, bras chargés de cadeaux qui la ruinent. Amira, la petite, née en France, blanche de peau, se fait appeler Marie, mais perd l'appétit, aux prises avec une maladie que, là-bas, on ne connaît pas, l'anorexie. Et puis, l'accident du père... Les mots simples, dépouillés de toute dramatisation, empreints de la nostalgie et des parfums du passé, mettent en place le mécanisme impitoyable qui broie les exilés. Attirés par le mirage français, réduits à une précarité aggravée par la référence à une double culture, ils ne peuvent revenir en arrière. Ni avouer leur défaite et leur misère. Il ne s'agit pas ici d'un règlement de comptes avec la France, ou avec l'Algérie. Et, malgré l'évidente gravité du sujet, c'est avec une grande pudeur que Fawzia Zouari nous entraîne dans une réalité que la fiction transcende.

  • En novembre 1998, un fait divers hors du commun fait la une des journaux. Une jeune Maghrébine de vingt-six ans vient de mourir de faim à Paris, dans le petit appartement du quatorzième arrondissement qu'elle partageait avec sa soeur. Celle-ci, secourue dans un grave état de sous-nutrition, va être sauvée de justesse. Comment les deux jeunes femmes ont-elles pu préférer une dignité muette à la survie ? Bouleversée par cette affaire, l'auteur a imaginé leur histoire. Leur mère, jamais guérie de son exil, organise les retours au village natal, bras chargés de cadeaux qui la ruinent. Amira, la petite, née en France, blanche de peau, se fait appeler Marie, mais perd l'appétit, aux prises avec une maladie que, là-bas, on ne connaît pas, l'anorexie. Et puis, l'accident du père... Les mots simples, dépouillés de toute dramatisation, empreints de la nostalgie et des parfums du passé, mettent en place le mécanisme impitoyable qui broie les exilés. Attirés par le mirage français, réduits à une précarité aggravée par la référence à une double culture, ils ne peuvent revenir en arrière. Ni avouer leur défaite et leur misère. Il ne s'agit pas ici d'un règlement de comptes avec la France, ou avec l'Algérie. Et, malgré l'évidente gravité du sujet, c'est avec une grande pudeur que Fawzia Zouari nous entraîne dans une réalité que la fiction transcende.

  • Depuis la première guerre du Golfe jusqu'à l'émergence de l'État islamique, les malentendus entre l'islam et l'Occident n'ont cessé d'ériger des barrières entre chrétiens et musulmans. L'intégrisme et les menaces brandies par les djihadistes contre les « Croisés » ont fini par accréditer l'idée que les musulmans sont les ennemis héréditaires des chrétiens.Comment lutter contre ces préjugés ? Comment revendiquer l'héritage commun dans une actualité centrée sur le « choc des cultures » ?C'est ainsi que l'idée de ce livre s'est imposée : faire entendre une parole sur le Christ portée par des musulmans. Douze, comme les apôtres. Des écrivains de traditions, de langues et de pays divers, pratiquants ou non, croyants ou agnostiques. Chacun y évoque « son » Christ, celui qu'il a découvert, imaginé ou aimé, celui de ses souvenirs, de ses interrogations, de ses espoirs...Une façon originale de refonder la force du lien entre les deux communautés à travers la figure universelle de Jésus.
    Textes recueillis par Fawzia Zouari, romancière, essayiste et journaliste tunisienne.

  • En mai 2016, se sachant condamné par la maladie et manquant de force pour écrire, Malek Chebel avait souhaité se faire aider afin de continuer son oeuvre malgré tout, et de consigner une partie, au moins, de ce qu'il avait encore à dire... C'est Fawzia Zouari qui endossa ce rôle de scribe, recueillant les mots et les idées de l'anthropologue, disparu le 12 novembre 2016.Le présent ouvrage est le fruit de ces échanges. On y découvre, derrière l'historien et le philosophe, chantre d'un « islam des Lumières » et traducteur du Coran, le cheminement d'un Chebel intime : ses souvenirs d'enfance, ses passions secrètes, ses opinions sur la politique, l'amitié ou la musique... Bref, la chronique d'un destin personnel chevillé aux inquiétudes et aux espoirs de notre époque.Ces entretiens sont enrichis par trois textes inédits, rédigés comme dans un dernier souffle, intense et mélodieux, qui révèlent cette fois, au-delà du penseur, l'écrivain et le poète qu'était aussi Malek Chebel.Fawzia Zouari est romancière, essayiste et journaliste tunisienne.

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