Françoise Hanus

  • L'errance n'est ni le voyage programmé, ni le vagabondage sans but mais un cheminement tâtonnant, au risque de se perdre. Elle est liée à une quête incertaine, une conquête, la rencontre d'une terre promise. Vingt-cinq auteurs ont exploré les sens particuliers qu'a pu revêtir cette expérience commune aux écrivains étudiés. Ce qui caractérise l'ensemble, c'est la diversité, la richesse et l'originalité des points de vue. À l'instar des héros mythiques traditionnels - Ulysse, le Juif errant ou Don Quichotte - qui accomplissent des périples concrets à visée psychologique, philosophique ou morale, voire mystique, l'errance apparaît dans nos textes au sens littéral mais aussi au sens symbolique. Il existe toute une gamme d'errances métaphoriques, de variantes inédites qui poussent les lecteurs à lire ou relire des ouvrages connus et, bien plus, à en découvrir de nombreux autres.

  • La nostalgie fait-elle partie des universaux de l'esprit humain ? Ce thème a été développé par vingt-quatre intervenants qui en ont décliné des variations sur tous les tons, dans tous les genres. Des classiques de Chateaubriand, Mauriac à Camus, ont côtoyé des contemporains comme Koltès, Modiano ou Enard, des voisins tels que Joyce, Barry ou Nothomb ont rencontré des écrivains lointains d'Estonie, de Hongrie, du Liban, de Russie, célèbres ou inconnus, parfois émigrés : Kundera, Sandor Marai ou Isabel Allende.

  • La diversité des communications ici réunies sur le thème de l'écrivain solitaire ou solidaire dépasse le cliché romantique de l'artiste maudit réfugié dans sa tour d'ivoire. Toute oeuvre est reliée à un contexte appris, vécu ou rêvé. Selon les lieux et les époques, la portée esthétique, éthique ou politique de l'oeuvre littéraire a pu varier à l'instar de l'attitude des écrivains entre fermeture et ouverture au monde, engagement ou retrait, solitude et solidarité. Cette problématique persiste aujourd'hui. Quelle que soit l'origine géographique, culturelle, linguistique des intervenants, venus d'Europe, d'Inde, du Maroc ou du Sénégal, leurs réponses multiples font de la solitude comme résistance un thème récurrent, presque un invariant de notre présence au monde.

  • La ville de Riga (en Lettonie) a servi de cadre au colloque de juillet 2007 intitulé : "Terres mythiques du Nord de l'Europe : regards croisés". Des chercheurs y ont étudié la vision du Nord proposée par des auteurs nordiques dans leurs ouvrages, mais aussi celle que des auteurs d'origine géographique différente ont véhiculée. Comme symbole de l'Extrême, le Nord est une terre mythique qui suscite des thèmes récurrents dans l'inconscient collectif et dans l'imaginaire des écrivains européens fascinés par la magie du froid. Cette exploration du Nord nous fait découvrir une parole et une écriture où s'affrontent la vie et la mort, le repli et l'ouverture.

  • L'histoire de François Cheng est celle d'un jeune Chinois de dix-neuf ans exilé en France, dont il ignore la langue, et qui, au fil du temps, devenu traducteur, essayiste, poète, romancier, construit une oeuvre qui l'impose parmi les plus grands et le mène à l'Académie française. Cet itinéraire singulier a de quoi fasciner. C'est l'écriture de l'auteur et le dialogue instauré au confluent des cultures orientale et occidentale qui ont fourni le thème de ce colloque.

  • Ce recueil utilise comme guide la polyphonie du silence dans l'oeuvre de Mauriac. Diverses gammes de silences sont explorées : le silence comme élément fondamental de la création artistique, ascèse exigeante pour Makine, Modiano, Le Clézio... Le silence sous son aspect mystique, sa transcendance. Il y a aussi les voix assourdissantes du silence des opprimés, des morts des dictatures modernes. Enfin la litote démontre que le silence et la page blanche sont plus proches de la perfection que toute écriture.

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