Georg Simmel

  • Quel sens peuvent avoir l'avarice et le gaspillage, alors que l'argent se caractérise par son abstraction ? Et qu'est-ce que la pauvreté, qu'elle soit choisie comme dans le cas de certaines communautés religieuses (franciscains et bouddhistes) ou subie ? Pour y répondre, deux essais du grand sociologue allemand : un texte de 1899, inédit en français, suivi de la célèbre étude de 1907 où Simmel montre que le pauvre n'est pas caractérisé par le manque de ressources, mais bien plutôt celui que nous désignons comme pauvre et que nous plaçons dans une relation d'assistance. Dès lors, comment le pauvre peut-il sortir de la pauvreté ?

  • L'étranger : menace ou promesse ? Une étude magistrale d'un des pères de la sociologie moderne sur une question qui agite nos sociétés à l'heure des tensions communautaires et du scandale des migrants. Pour Simmel, dans ce texte culte, c'est quelqu'un qui appartient à un groupe sans en faire partie car, venu d'ailleurs, il n'en partage ni l'histoire ni la culture. Ce n'est pas un marginal, et pas non plus un exclu. Ce n'est pas un touriste. Il y a du positif en lui puisqu'il apporte au groupe des qualités étrangères à celui-ci. Ni là-bas, ni d'ici, il est l'intermédiaire idéal, le pont, entre deux groupes. Il importe des idées et des marchandises. Il est plus libre dans son jugement, moins empêtré dans les conventions et les habitudes. On se confie à lui, et il est bon juge. C'est d'ailleurs en Italie, pays de plus en plus violemment opposé aux étrangers, que certaines cités, autrefois, ont fait appel à des étrangers pour rendre la justice. Peut-être est-ce l'occasion de le rappeler.

  • Les grandes villes et la vie de l´esprit suivi de Sociologie des sens par Georg Simmel Traduit de l´allemand par Jean-Louis Vieillard-Baron et par Frédéric Joly. Préface de Philippe Simay. Éditions Payot Quelle est la psychologie de l´habitant des grandes villes ? Son rythme de vie est-il à l´origine de son individualisme ? Comment s´adapte-t-il aux normes de la société ? Et surtout : que ressent-il ? Pourquoi le regard, l´ouïe, l´odorat sont-ils si importants pour comprendre les interactions sociales dans un environnement urbain ? Georg Simmel (1858-1918), philosophe allemand, pionnier d´une approche écologique de la ville, est notamment l´auteur de Philosophie de l´argent, La Tragédie de la culture et Philosophie de la modernité.

  • Que faire de la religion, que tout concourt à déqualifier, mais qui résiste, obstinément, à la menace de sa disparition ? Et qui résiste, non pas comme un vestige du passé, mais comme une ressource de mobilisation, une source de sens et de légitimité de l'action collective, un outil de construction de soi, en dépit de tout, parfois au risque du pire ? Cette question est au coeur des quatre principaux essais, dont deux sont inédits en français, que Simmel consacre, entre 1903 et 1912, à la religion et à la religiosité : « Du salut de l'âme », « La religion », « La personnalité de Dieu » et « La religion et le positionnement religieux aujourd'hui ». 
    Avec une préface de Denis Pelletier, historien, spécialiste du catholicisme, directeur d'études à l'Ecole pratique des hautes études (Paris).

  • Psychologie des femmes, de Georg Simmel Préface de Jean-Jacques Guinchard Traduit par Frédéric Joly Texte inédit Éditions Payot Pour bien vivre en société, il faut soi-même avoir trouvé la bonne distance avec les autres. Penseur de la sociabilité, du plaisir d'être ensemble, Georg Simmel (1858-1918) est l'un des premiers sociologues à s'être intéressé sérieusement à la question féminine. Il le fit dès 1890, dans cette Psychologie des femmes qui était restée inédite en français. Empathie, sentiment amoureux, prostitution, coquetterie, stratégies de séduction, sens même de l'acte sexuel sont autant de thèmes qui lui permettent d'étudier la différence des sexes - radicale, selon lui - et les solutions que les hommes et les femmes inventent au quotidien pour se définir les uns par rapport aux autres.

  • Certains des plus beaux textes de la philosophie ont été écrits à l'approche de la mort. Ce livre ultime de Georg Simmel ne fait pas exception. Atteint d'un cancer, le célèbre philosophe et sociologue allemand, disparu en 1918, à soixante ans, se penche avec intensité, émotion et subtilité sur le mouvement de la vie, le temps et le dépassement de la mort.
    Inédit en français, animé par une vision sereine, non angoissante, de la mort, Intuition de la vie, où Simmel offre une alternative à l'impératif moral kantien et repense l'élan vital de Bergson, a suscité l'admiration de philosophes parmi les plus importants du XXe siècle, dont Martin Heidegger, Raymond Aron et Vladimir Jankélévitch.

  • La position de l'Allemagne impériale soucie Georg Simmel : où doit-elle se situer vis-à-vis de la catastrophe survenant dans la vieille Europe disloquée, et à l'heure de son « américanisation » ? Dans les textes de ce recueil réunis pour la première fois, Simmel s'exprime moins en universitaire qu'en penseur du lien social, à qui les formes et l'intensité de la guerre en cours imposent une difficile épreuve de vérité. Épreuve personnelle aussi, car la Grande Guerre oppose les philosophes de la même école de pensée - comme on le voit en lisant les pages de Simmel en regard des adresses de Bergson à ses collègues académiciens (rééditées aux PUF en 1972 par A. Robinet dans les Mélanges), puis à l'opinion américaine, lors de ses deux voyages aux États-Unis, en 1917.

  • Vier Metaphysische Kapitel :
    1. Die Transzendenz des Lebens
    2. Die Wendung zur Idee
    3. Tod und Unsterblichkeit
    4. Das individuelle Gesetz

  • Plutôt qu'un penseur politiquement engagé et révolutionnaire, il fallait un virtuose de l'interdisciplinarité comme Georg Simmel (1858-1918) pour faire raisonner entre elles les approches de l'économie sur lesquelles se fondent les différentes pratiques culturelles et disciplines scientifiques. Son oeuvre, émaillée de références à l'histoire médiévale, à la théologie, à la philosophie néokantienne, à l'éthique de Spinoza, à la critique de Marx, aux romans de Zola et à la métapsychologie naissante, notamment, rappelle comment le mot économie ne saurait appartenir en propre à aucun des champs qui s'en réclament, l'un de ceux-ci dût-il se baptiser lui-même en référence à la notion.
    Les essais de Simmel ont ainsi fait de l'argent un exemple de tout média mettant en relation la valeur des phénomènes les uns par rapport aux autres. Mais ce moyen qu'il était pour arriver à ses fins s'est hélas érigé lui-même en fin dans notre imaginaire ainsi que dans nos pratiques. Et sans varier jamais son argumentation, Simmel a pu se faire tantôt apologiste de ces puissances de l'argent, tantôt le critique intraitable, selon la façon dont les sociétés y recourent.
    L'argent, qui passe désormais pour « le Dieu de notre temps », fonde, en donnant l'impression à ceux qui le possèdent de transcender les événements, la fantasmagorie d'une « assurance » et d'un « calme » ultimes. La thèse fondamentale qui jalonne le parcours intellectuel de Simmel à travers tous ces textes s'énonce à la fin sans détour : l'argent a perverti nos plans d'organisation en s'attribuant, comme moyen, un statut de fin à prétention salvatrice.
    L'approche interdisciplinaire de Simmel est tout indiquée pour rendre compréhensibles l'ascension délétère de l'argent et d'autres modalités structurantes de la vie sociale au rang de fin en soi.

    Alain Deneault

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