Isabelle Arseneau

  • Pendant plus de cinq siècles, l'objet qu'est le livre imprimé a conditionné notre manière de recevoir les textes et de penser la littérature. Les concepts de texte, d'oeuvre et de livre constituent une série qui pouvait dans la « galaxie Gutenberg » souvent être lue comme une suite de parfaits synonymes. Toutefois, force est de constater qu'à l'ère du numérique, ils ne sont plus des équivalents exacts, à moins de décider, au mépris de la réalité actuelle, que tout texte est nécessairement fixé et fermé en une oeuvre et que livre a pris comme sens premier son emploi par métonymie, qui lui permet de glisser de son sens concret à un sens intellectuel et abstrait. Plusieurs décennies d'études médiatiques depuis Marshall McLuhan nous ont familiarisés avec l'idée que « le medium est le message ». Le support manuscrit de la littérature médiévale est, dès les fondements de la discipline, ressenti comme un élément saillant du champ d'études qui s'est d'abord construit méthodologiquement avec l'histoire littéraire mais, plus particulièrement, grâce à la philologie. Peut-être les pratiques numériques et les mutations des habitudes de lecture qu'elles entraînent nous ont-elles rendus plus sensibles à la spécificité du livre imprimé et à l'historicité de ce format : il est en tout cas incontestable que les dernières décennies de la recherche médiéviste ont été caractérisées par un regain d'intérêt pour la matérialité du codex médiéval et les spécificités de la textualité qui en découlent.

  • Aux yeux de plusieurs historiens et critiques, le développement du roman est intimement lié à l'expression, voire à la découverte d'une forme originale de comique ou d'humour, à laquelle les oeuvres de Rabelais et de Cervantès auraient contribué de manière décisive. Pantagruel et Gargantua font entendre un rire assourdissant, hors de toute mesure, qui ouvre pour l'imagination un champ de possibilités nouvelles, l'équivalent romanesque, suggère Erich Auerbach, des grandes découvertes[1]. Le rire rabelaisien libère le corps, continent oublié, du discrédit qui l'affligeait ; il témoigne de l'enthousiasme d'une humanité devenue la compagne des géants. Ce rire libérateur précède de quelques décennies le rire à la fois plus spirituel et plus grave du Don Quichotte de Cervantès. À l'heure du désenchantement renaissant, ce roman met en évidence, plutôt que les triomphes comiques des héros de Rabelais, le poids des limites humaines. Le chevalier errant est la proie de son imagination, maîtresse d'erreur ; son enthousiasme débordant, au contraire de celui qui anime Panurge et ses compagnons, ne manque pas de susciter l'hilarité moqueuse de son entourage. En effet, rien ne paraît plus ridicule, aux yeux des voyageurs qui peuplent les routes de Castille, qu'un homme qui, après s'être lui-même sacré chevalier, se lance à la poursuite de chimères.

  • Conforme à la majorité des travaux consacrés à l'hypertextualité, la dernière réévaluation en date de l'histoire du pastiche fait l'impasse sur la littérature du Moyen Âge. Dans l'ouvrage qu'il fait paraître en 2008, Paul Aron fait remonter les plus anciens exemples à la Renaissance et laisse en perspective l'Antiquité et le Moyen Âge, sous prétexte que leurs « pastiches et parodies [...] relèvent d'un contexte où l'activité littéraire est à ce point différente des codes actuels que toute analogie en devient trompeuse[1] ». Le numéro que nous proposons espère contourner cette impasse et réhabiliter le corpus médiéval en l'incluant dans la réflexion critique et théorique sur cette pratique qu'on définit, depuis l'ouvrage phare de Gérard Genette[2], comme l'imitation en régime ludique d'un style, d'une manière, là où on parlera plutôt, à propos de la parodie, de la « transformation ludique d'un texte singulier[3] » ou d'un genre[4]. Si les recherches menées dans le cadre de ce numéro ne parviennent pas à faire tomber toutes les réticences, elles ont néanmoins le mérite de préciser davantage les raisons de cette exclusion et de cibler, dans un corpus jusqu'ici ignoré, une pratique imitative qui n'est pas radicalement différente de celles que l'on retrouvera dans la littérature de l'Ancien Régime et du xixe siècle.

  • Hélène est victime de harcèlement et d'intimidation à son école. Elle trouve alors refuge dans le monde de Jane Eyre, le premier roman de Charlotte Brontë...

  • Votre enfant souffre d'un trouble neurodéveloppemental du langage, qu'on appelle aussi dysphasie? Grâce à son approche multidisciplinaire, Au-delà des mots vous permettra d'aider votre enfant dans sa réadaptation et le développement de ses habiletés, à la maison comme à l'école.

  • Virginia, la soeur de Vanessa, est d'humeur féroce - elle grogne, elle hurle à la lune et elle fait des choses très étranges. Elle est prise d'un cafard si intense que toute la maison semble sens dessus dessous. Vanessa fait tout ce qu'elle peut pour lui remonter le moral, mais rien n'y fait. Jusqu'à ce que Virginia parle à Vanessa d'un lieu imaginaire, un endroit merveilleux nommé Bloomsberry...

  • Sa maman est une cuillère. Son papa est une fourchette. Lui, il est un peu des deux. Voici Fourchon !

    Fourchon détonne. Dans sa cuisine, les cuillères sont des cuillères et les fourchettes sont des fourchettes. On ne se mêle pas aux autres. Il a beau tenter de passer pour une cuillère, puis pour une fourchette, Fourchon n'est jamais choisi lorsque vient le temps de se mettre à table.

    Il semble condamné à un destin de tiroir... jusqu'à l'arrivée, un beau jour, d'une chose malpropre qui ne se soucie pas des coutumes de la coutellerie. Fourchon trouvera-t-il enfin sa place à table ?

  • Alpha

    Isabelle Arsenault

    Connaissez-vous le code alpha international ? Aussi nommé Alphabet phonétique de l'Otan, il est utilisé au sein de nombreuses professions en lien avec l'aviation ou les services de secours comme les pompiers, la police ou encore la Croix Rouge. Ce langage est officiel puisque chaque lettre de l'alphabet correspond à un seul et même mot dans le monde entier.Voici donc un abécédaire international qui donne la possibilité de se familiariser et de s'amuser avec un langage codé. Une idée géniale qui nous a permis de vendre Alpha dans 8 pays avant même sa parution en français. Et devinez quel mot est utilisé pour la lettre Q...

  • Au sommaire du numéro printemps-été de Lurelu, le second volet d'un dossier « Filles et garçons : égaux ou pas ? ». Et une flopée d'entrevues avec des éditeurs, illustrateurs ou auteurs pour la jeunesse. En commençant par celle d'Annie Bacon, auteure primée et blogueuse. Un entretien avec Maxime Mongeon, éditeur jeunesse chez Leméac. Des entrevues avec Jonathan Bécotte et Frédérick Wolfe, lauréats 2017 du Cécile-Gagnon, le prix de la relève en littérature pour la jeunesse. On souligne le « passage de flambeau » aux Débrouillards, par une entrevue croisée avec Félix Maltais, fondateur du mouvement scientifique du même nom, et Isabelle Vaillancourt, la nouvelle et branchée rédactrice en chef du magazine. Côté visuel, les nouvelles gagnantes du concours littéraire Lurelu sont illustrées par la talentueuse Caroline Merola, qui fera bientôt l'objet d'une vidéo sur la plate-forme de la Fabrique culturelle - où l'on peut déjà faire la connaissance de plusieurs illustrateurs jeunesse tels Jacques Goldstyn, Guillaume Perreault, Élise Gravel ou Isabelle Arsenault.

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