Ismaël Saidi

  • "Vous avez le droit de me poser les questions que vous voulez, de me faire les remarques que vous voulez, il n'y a pas de tabou ici."

    Depuis cinq ans, plusieurs fois par semaine, j'ai cet échange avec les spectateurs de la pièce que j'ai écrite, Djihad, qui tourne à travers toute la France, la Belgique et la Suisse, le plus souvent à l'initiative des professeurs de français. Dans des collèges, des lycées, des prisons, des salles des fêtes, je prolonge la représentation par un dialogue avec le public. Lors de ces milliers de conversations, j'en ai entendu de toutes les couleurs : un véritable arc-en-ciel de craintes, de méfiance, de préjugés, tant chez des musulmans que chez des non-musulmans, dans les deux sens. Parce que moi, musulman né en Belgique de parents marocains, je suis convaincu que ce qui compte, c'est avant tout de se parler et de s'écouter, j'ai choisi de susciter la parole, de répondre quand je le pouvais, de partager mes hésitations, parfois. Ces échanges, les voici. Cette France de mille nuances, défiances et croyances, en voici le pouls.

  • Savez-vous que Mahomet ne s'appelait pas Mahomet? Ce mot, qui n'apparaît en fait que quatre fois dans le Coran, était sans doute plutôt un titre de gloire politique, et il est possible que ce prénom qu'on donne habituellement au Prophète soit celui d'un de ses oncles. C'est un détail, bien sûr, mais qui nous montre que nous avons bien des choses à apprendre d'une lecture «critique» de sa vie, c'est-à-dire éclairée par la connaissance du Coran (et d'autres sources).
    Mais alors, est-il vrai que le Prophète est le seul homme à n'avoir pas le coeur noir? qu'il a épousé une jeune fille de neuf ans? Quelles étaient ses relations avec les juifs, et que dit le Coran à ce sujet? Toutes les questions que vous ne savez peut-être pas à qui adresser, Ismaël Saidi les pose avec humour et sans détour à son ami Michaël Privot, islamologue et musulman lui-même. Ce dialogue franc et bienveillant entre deux musulmans fait redécouvrir la figure de Mahomet en lui redonnant sa dimension historique et profondément humaine, sans provocation mais avec, au contraire, une profonde admiration pour l'histoire hors norme de cet homme qui a fait l'Histoire.

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