Ismaïl Kadaré

  • La poupée

    Ismaïl Kadaré

    • Fayard
    • 1 Avril 2015

    Dédié à la mémoire de sa mère, ce court récit est, pour le grand écrivain albanais, prétexte à évoquer à nouveau sa ville natale Gjirokastër. C´est aussi, et surtout, l´occasion de décrire les relations entre une mère aussi frêle et légère qu´une poupée de papier mâché, égarée dans une vaste maison dont elle est censée assumer la gestion sous le regard revêche des femmes de sa belle-famille, et un fils intellectuel, émancipé, entretenant une relation hors mariage, usant de mots qu´elle ne comprend pas, dont elle redoute qu´il en vienne à renier tout ce qu´elle incarne : une des plus anciennes traditions balkaniques.Ismail Kadaré est né en 1936 à Gjirokastër dans le sud de l´Albanie. Traduit dans une quarantaine de pays, il a publié l´essentiel de son oeuvre aux éditions Fayard. Il a reçu en 2005 le Man Booker International Prize, en 2009, le prix Prince des Asturies et, en 2015, le prix Jérusalem.

  • Une compilation de textes du monde entier sur Noël et les fêtes de fin d'année, présentée par l'auteur du Général de l'armée morte.
    D'Andersen à TchekhovQuand vient le temps de Noël, les hommes de neige prennent vie et les jouets s'animent, le Ciel apparaît aux orphelins et les mères retrouvent leurs enfants disparus. Le givre fleurit sur les branches et les loups sortent des forêts.En Espagne et en Russie, aux États-Unis et dans l'antique Byzance, conteurs et poètes prêtent voix aux légendes et mystères de leur pays. D'Andersen aux frères Grimm, de Lope de Vega à Hoffmann, de Oscar Wilde à Tchekhov, ce livre, préfacé par Ismaïl Kadaré, rassemble quelques-uns des plus beaux textes inspirés par l'hiver, Noël et l'année nouvelle.

  • Le dîner de trop

    Ismaïl Kadaré

    • Fayard
    • 2 Septembre 2009

    Gjirokastër - la " ville de pierre " au sud de l´Albanie - voit déferler les troupes allemandes qui remontent de la Grèce envahie. À leur tête, un colonel nazi qui a fait ses études en Allemagne avec un dignitaire de la ville, le docteur Gurameto. Le colonel von Schwabe retrouve avec effusion son ex- condisciple qui l´invite à dîner. Or, des maquisards ouvrent le feu sur l´avant-garde des blindés allemands . En représailles, les nazis raflent des otages parmi les habitants de la cité. Le docteur Gurameto se sent contraint durant le souper avec l´état-major allemand de convaincre le colonel de les libérer - y compris un pharmacien juif- sous peine de passer pour traître aux yeux de la population. Il obtient gain de cause.
    Une fois la guerre terminée et le communisme instauré, cette affaire revient sur le tapis. Au moment où dans tout le bloc communiste la paranoïa stalinienne atteint des sommets, la libération du pharmacien juif par le colonel nazi désigne Gjirokastër comme un noyau du grand complot planétaire visant à décapiter les pays socialistes...
    Quelle est la clé de l´énigme du fameux dîner ? Et si l´invité du docteur Gurameto n´avait été autre qu´un mort ?
    Brassant avec une virtuosité encore jamais atteinte balades balkaniques, chroniques de sa ville natale et charges tragi-comiques contre les dictatures défuntes (l´ottomane, la fasciste, la communiste...), Ismail Kadaré donne ici un roman qui le montre au sommet de son art.

    " Kadaré poursuit les mirages d´une réalité toujours fuyante. Il s´en sort par des pirouettes de génie et en se raccrochant solidement à la littérature. " Alexis Broca, Le Magazine littéraire

  • « Si l´on se mettait à rechercher une ressemblance entre les peuples, on la trouverait avant tout dans leurs erreurs. » Ismail Kadaré, en évoquant entre autres les erreurs de son propre pays, passe en revue la symbolique de l´Albanie qui, soumis au joug ottoman pendant un demi-millénaire, a connu au XXe siècle successivement la république, la monarchie, l´invasion hitléro-mussolinienne, le communisme stalinien puis maoïste, enfin un retour à une démocratie brouillonne, tout en battant la semelle aux portes d´une Europe qui la fait lanterner. Ces symboles sont l´hymne et le drapeau, le premier non exempt d´arrogance vis-à-vis du reste du monde, le second ambigu avec son aigle à deux têtes figurant une nation divisée et un peuple en douloureuse discorde. S´y ajoute le père fondateur, Georges Kastriote Skanderbeg, lequel, trente ans durant, se battit pour contenir le déferlement ottoman qui atteignit jusqu´aux portes de Vienne, et prôna jusqu´au bout - comme le fait avec ardeur Kadaré aujourd´hui - le retour de la petite Albanie dans le giron du continent-souche, l´Europe.

  • Oeuvres complètes t.1

    Ismaïl Kadaré

    • Fayard
    • 25 Août 1993

    S'ouvre par le présent volume la série des OEuvres du grand écrivain albanais Ismail Kadaré, publiées dans leur version définitive aux côtés de textes inédits. Non seulement cette publication restitue à chacun des écrits tout ce dont une censure brutale l'avait amputé sur le plan politique, moral et artistique, mais, pour la première fois, le lecteur va être à même d'appréhender dans sa globalité, presque comme un grand livre en soi, l'une des oeuvres les plus singulières et marquantes de ce siècle.
    Son espace couvre la moitié du globe, de l'Europe à la Chine en passant par l'ancienne Egypte, mais s'étend aussi aux mondes invisibles, royaume des dieux et enfer, voire au-delà. Elle couvre des millénaires d'histoire humaine, de la plus haute antiquité à la chute du communisme, mais se déroule aussi dans le temps supra-humain de la légende et du mythe. Ses personnages son de hautes figures ou de simples mortels, des tyrans ou des esclaves, mais aussi bien des spectres, des divinités, des démons. Par ces dimensions grandioses, l'oeuvre atteint à une universalité qui la rattache à la grande tradition des Tragiques grecs, de Dante et de Shakespeare, et l'illustre dans le genre dominant de ce siècle, le roman, comme le fit aussi naguère Kafka.
    Née au sein d'une dictature implacable et sanguinaire, immergée dans un monde livré de toute éternité aux appétits de pouvoir, aux haines inexpiables, aux utopies meurtrières, voici une oeuvre qui n'en appartient pas moins à l'univers mental de la liberté en ce qu'elle témoigne que l'art est indestructible, invulnérable, hors de portée des machines et concepts forgés par les hommes pour broyer les hommes.
    Ce tome premier rassemble quatre récits mythologiques inédits (Prométhée, La Porteuse de songes, La Nuit du sphinx, Avant le bain), un récit récent, La Grande Muraille, ainsi que les versions définitives de La Pyramide, Qui a ramené Doruntine ?, Le Pont aux trois arches, précédés d'une introduction et de textes de présentation d'Eric Faye.

  • La Provocation, c´est Le Désert des Tartares par - 20ºC. Deux postes-frontières se regardent en chiens de faïence de part et d´autre d´une ligne de démarcation. Un no man´s land les sépare. Côté albanais, après la mort de son chef de poste, un sergent assure l´intérim du commandant. C´est le réveillon du jour de l´An, la neige tombe sans désemparer, le poste est coupé du reste du monde, le téléphone ne répond pas, l´hélicoptère apportant courrier et vivres ne viendra pas. En face, chez l´ennemi, on fait bombance et on a même invité des filles. Dans l´ivresse, il y a des échanges de coups de feu. Soudain, le lendemain, du poste adverse se détache un infirmier brandissant un drapeau blanc : une des filles, blessée, réclame les soins d´un médecin. Le praticien albanais accepte de l´examiner. Elle est déposée sur une civière dans le no man´s land, puis admise de l´autre côté de la frontière. Est-ce vraiment une fille de joie ou une espionne chargée d´évaluer les capacités de résistance du poste albanais ? Aux dernières lignes du récit, alors que la neige a cessé de tomber, d´importants mouvements de troupes se laissent distinguer sur les versants ennemis... « Microromans » ou nouvelles, Kadaré excelle dans la prose brève. Il livre ici quatre de ces textes inédits, auxquels il a ajouté quelques « embryons narratifs » enchâssés jusqu´ici dans des oeuvres plus longues comme Le Concert, et qui recouvrent désormais leur autonomie.

  • L'accident

    Ismaïl Kadaré

    • Fayard
    • 27 Août 2008

    Il est question ici d'un accident dans l'acception littérale du mot : un taxi quitte la route et plonge dans un ravin, il y a deux tués, un homme et une femme, un couple d'amants à l'évidence ; quant au chauffeur survivant, il est bien incapable d'expliquer la cause de l'accident.
    Il semble que cette cause ait un rapport avec ce qu'il a vu ou cru voir dans son rétroviseur. Mais il n'est pas en état de préciser ce qu'il a vu au juste, ni même de dire qui étaient les deux passagers, où ils se rendaient et pourquoi, tout, chez eux, paraissait si indéchiffrable.
    Une histoire d'amour peut sembler la chose la plus banale qui soit au monde, mais peut aussi apparaître comme inextricable. Des millions d'individus ont beau en faire l'expérience chaque jour, rien ne permet d'en résoudre l'énigme.
    On finit par croire qu'en cela même réside son pouvoir. A l'immémoriale question "L'amour existe-t-il ou n'est-il qu'une illusion ? " fait à présent écho cette autre interrogation : "S"il existe, peut-il se raconter ?" Dans cette oeuvre magistrale, Ismail Kadaré a tenté de raconter l'irracontable : une histoire d'amour ou l'histoire d'un meurtre, voire une tout autre histoire les recouvrant toutes deux tel un masque ? Jusqu'à la fin, la question ne cesse d'obséder le lecteur.
    Ismail Kadaré, écrivain albanais traduit dans une quarantaine de pays, a publié l'essentiel de son oeuvre aux éditions Fayard. Il a reçu en 2005 le Man Booker International Prize.

  • Oeuvres complètes t.2

    Ismaïl Kadaré

    • Fayard
    • 1 Septembre 1994

    Ce second volume des Oeuvres d'Ismail Kadaré, tout comme le suivant, englobe ce que la critique a appelé la "période impériale" de l'oeuvre du grand écrivain albanais.

    L'Empire ottoman, l'un des plus implacables et lourds de tragédies de l'histoire de l'humanité, est indissociable du destin de l'ensemble des peuples des Balkans qu'il a dominés pendant cinq siècles. Les Balkaniques et, parmi eux, surtout les Albanais ont donné à cet Empire nombre de hauts dignitaires, tout comme celui-ci a fourni à Kadaré nombre de personnages de première grandeur. Souvent eux-mêmes natifs de la péninsule, mais hissés aux sommets par les rouages monstrueux du pouvoir, ils apparaissent lointains et étrangers à leurs compatriotes, comme remontés des régions de l'enfer.

    Ces zones enténébrées de l'enfer qui ont si souvent inspiré la littérature universelle, Ismail Kadaré les a précisément trouvées dans le cadre de l'Empire turc, enfer multiséculaire de l'occupation des peuples sous le joug, mais aussi et surtout prototype de l'Etat totalitaire tel qu'il a pesé non seulement sur l'ensemble des Balkans, mais sur près de la moitié du continent européen, pendant la glaciation communiste, jusqu'à la fin de ce second millénaire.

    Le lecteur trouvera réunis dans ce volume les versions définitives des Tambours de la pluie, de la Niche de la honte, du Porte-malheur, ainsi que deux récits inédits, Notes de la

  • Ce douzième tome des OEuvres d´Ismail Kadaré rassemble six oeuvres : trois romans et trois microromans, écrits pour partie sous la dictature, pour partie après sa chute.

    La Fille d´Agamemnon et L´Envol du dernier migrateur ont vu le jour en 1985 et ont été publiés ici sans aucun changement par rapport aux manuscrits originaux déposés à présent aux Archives nationales d´Albanie. Le premier de ces romans ouvre un diptyque dont le second volet, Le Successeur, a été écrit en 2002-2003 moitié à Tirana, moitié à Paris.

    C´est dans ces deux capitales que les autres oeuvres ont été élaborées et publiées. C´est entre elles que l´auteur partage sa vie depuis de nombreuses années.

  • Oeuvres t.10

    Ismaïl Kadaré

    • Fayard
    • 19 Septembre 2001

    Ce tome X des oeuvres de Kadaré réunit trois romans dont le thème majeur est la rencontre/confrontation entre l'univers albanais et l'Occident : L'Ombre, Spiritus et Froides Fleurs d'avril.

    Ismail Kadaré est le plus grand auteur albanais vivant et l'un des tout premiers écrivains européens de ce temps.

  • Oeuvres t.9

    Ismaïl Kadaré

    • Fayard
    • 20 Septembre 2000

    Ce neuvième volume des Oeuvres d'Ismail Kadaré est composé de cinq romans ou récits et de onze nouvelles, écrites à des périodes différentes. Hormis Le cortège de la noce s'est figé dans la glace, Trois chants funèbres pour le Kosovo et Ballade sur la mort de J.G., qui évoquent les drames anciens et récents du Kosovo, la plupart des autres oeuvres ont pour thème et décor l'ère socialiste.

    On a beaucoup disserté, dans les pays ex-communistes et hors d'eux, sur la façon dont cette époque fut dépeinte par ses propres écrivains et sur leur degré de soumission ou d'autonomie par rapport au conformisme en vigueur. Pour ce qui est d'Ismail Kadaré, ce volume fournit d'intéressantes réponses à cette question. Il s'ouvre notamment sur un roman intitulé La Peau de tambour (ou Les Noces), écrit et publié en 1967, le seul, de l'aveu même de l'auteur, à avoir subi l'empreinte du réalisme socialiste. Pourtant, à la lecture de cette oeuvre surprenante - que Kadaré a pu lui-même qualifier de " plus mauvais roman que j'aie écrit " -, on est frappé de constater à quel point l'altération de la personnalité de certains auteurs a été bien moindre qu'on ne l'a prétendu.

    Un autre roman, Clair de lune, a été interdit dès sa publication en Albanie, en 1985, pour " errements idéologiques ". L'Aigle, en revanche, a été conçu et édité en France en 1995, après la chute du communisme. Enfin, la plupart des nouvelles ont été rédigées et publiées en France entre 1960 et 1990, et traitent de la vie en régime socialiste, tout en échappant aux clichés et conventions de l'époque.

  • Ce onzième tome des Oeuvres d'Ismail Kadaré rassemble sa poésie, son théâtre et trois de ses essais. Bien moins connue que ses romans, l'oeuvre poétique de Kadaré a souvent tenu lieu de " couveuse " où a germé et grandi l'embryon de certains de ses romans majeurs. Dans les pays de l'ex-empire communiste, la poésie était considérée par le régime comme un avant-poste de la propagande officielle - tout à la fois " bombe et drapeau ", selon la formule alors à l'honneur. Dans un tel climat de pression et de stérilisation, préserver l'esprit humain était l'aspiration la plus pure et la plus désespérée des poètes. De cela témoigne l'univers poétique créé par Kadaré pendant quarante ans sous la dictature rouge la plus implacable qu'ait connue l'Europe.

    La pièce intitulée Mauvaise saison sur l'Olympe, la seule et unique de l'auteur, dont l'objectif ambitieux est de reconstituer l'une des plus célèbres tragédies de l'Antiquité grecque, offre aussi une vue globale de l'itinéraire suivi par l'humanité des origines à nos jours.

    Enfin, pour les essais, l'un est consacré à Eschyle, père de la tragédie, et les deux autres respectivement à la chorégraphie d'Angelin Preljocaj et à la peinture d'Omer Qalesi.

  • Oeuvres complètes t.3

    Ismaïl Kadaré

    • Fayard
    • 13 Septembre 1995

    Ce troisième volume des oeuvres d'Ismail Kadaré clôt ce que la critique a appelé sa " période impériale ", par allusion à l'Empire ottoman qui tient lieu de cadre aux romans et récits qui la composent: empire complexe et ténébreux dont le joug multiséculaire a pesé sur une vaste portion du monde, un univers d'angoisse, de terreur politique, d'exterminations massives, de surveillance et de contrôle des moindres replis de la conscience humaine, - bref, sous la plume de l'écrivain, un jumeau ou un sosie parfait du système totalitaire communiste.
    Outre les versions définitives de La Commission des fêtes, du Firman aveugle, du Palais des rêves et de La Chaîne des Hankoni, ce volume réunit aussi trois récits inédits: L'Abolition du métier d'imprécateur, Le Vol du sommeil royal et Les Adieux du mal.

  • Oeuvres

    Ismaïl Kadaré

    • Fayard
    • 17 Septembre 1997

    Ce cinquième volume des Oeuvres complètes d'Ismail Kadaré comprend les romans Chronique de pierre et Novembre d'une capitale, ainsi que trois récits, Trois temps, dont les sujets se situent à la veille de la Seconde Guerre mondiale, puis dans la période même du conflit et dans les premières années qui le suivirent, quand, en Albanie, fut instaurée la dictature communiste.

    De sombres nuées, tantôt analogues à celles du passé, tantôt dissemblables, s'amoncellent à l'horizon de cette ère nouvelle qui promettait d'être celle de la liberté, mais se révèle être derechef celle d'une servitude, à cette différence près qu'elle a été édifiée par les Albanais eux-mêmes.

    Cette époque de profonds bouleversements coïncide avec l'enfance et l'adolescence de l'auteur. Ces textes sont quasiment les seuls de son oeuvre qui revêtent un net coloris autobiographique, généralement peu perceptible dans le reste de sa création.

    A l'exception de la Chronique de pierre, tous les textes de ce volume sont présentés pour la première fois au public français.

  • "La dictature et la littérature véritable ne peuvent cohabiter que d'une façon: en se dévorant nuit et jour l'une l'autre. L'écrivain est l'ennemi naturel de la dictature. A tout instant, même quand il se croit endormi, il la combat. Car cela est inscrit dans son code génétique. La dictature et la littérature ne peuvent être figurées que comme deux bêtes fauves qui se prennent en permanence à la gorge. Bien qu'elles aient des griffes différentes, l'une comme l'autre provoquent également des blessures - différentes. Les blessures qu'essuie l'écrivain peuvent paraître affreuses, car immédiates. Tandis que celles qu'il cause, lui, à la dictature, sont des blessures à retardement, mais de celles qui ne guérissent jamais.
    L'instinct de l'espèce dressant l'écrivain contre la dictature, tout comme l'organisme qui devient résistant à une agression extérieure, il arrive que l'oeuvre de l'écrivain, au lieu d'être affaiblie par la fièvre tyrannique, en soit endurcie."I. K.

  • Oeuvres tome sixieme

    Ismaïl Kadaré

    • Fayard
    • 16 Septembre 1998

    Ce sixième volume des Oeuvres d'Ismail Kadaré renferme ses quatre premiers romans, écrits entre 1959 et 1970. Outre La Ville sans enseigne, récit composé à Moscou à l'époque où Kadaré y poursuivit ses études, et qui est publié en français pour la première fois, il s'agit du Général de l'armée morte, sa première oeuvre traduite en Occident et qui lui vaut d'être reconnu d'emblée par la critique internationale ; du Crépuscule des dieux de la steppe, récit autobiographique consacré aux années de jeunesse de l'auteur ; enfin du Monstre, roman interdit en Albanie communiste sitôt après sa publication et qui le demeura pendant un quart de siècle.

    Ces quatre oeuvres, écrites au fil d'une décennie dans l'ordre où elles sont ici présentées, le furent avec une ardeur juvénile qui leur confère une coloration très particulière, en complète opposition avec celle de la littérature réaliste socialiste qui dominait à l'époque dans l'empire communiste.

  • Oeuvres complètes t.7

    Ismaïl Kadaré

    • Fayard
    • 22 Septembre 1999

    Les septième et huitième tomes des Oeuvres d'Ismail Kadaré englobent le diptyque intitulé "Le Temps des querelles". Composé des deux romans L'Hiver de la grande solitude et Concert en fin de saison, cette somme occupe une place à part dans l'univers littéraire de l'auteur.

    Alors que la littérature officielle de l'empire communiste glorifiait, sur le mode du réalisme socialiste, l'hostilité et la rupture avec l'Occident, ce diptyque traité d'un phénomène diamétralement opposé : l'adieu à l'Est. La chronique de cette querelle aussi tragique que grotesque se déploie jusqu'à composer un des tableaux à la fois les plus exhaustifs et les plus sombres de l'univers totalitaire. On y retrouve tous les phénomènes qui ont marqué ce monde au cours du XXe siècle : l'oppression d'un pouvoir hypertrophié, les destinées humaines ballottées comme des fétus au gré des tourmentes politiques, les intrigues, les complots et les crimes aux sommets du pouvoir, l'angoisse sans fond en même temps qu'un timide espoir en des jours meilleurs...L'aventure même de ce diptyque est édifiante : le premier livre, paru en 1972, fut d'abord rejeté par la critique officielle qui ne l'accepta qu'après publication d'une nouvelle version censurée ; le second, écrit dix ans plus tard, en 1981, fut brutalement interdit en tant qu'"oeuvre hostile au régime".

  • Oeuvres complètes t.8

    Ismaïl Kadaré

    • Fayard
    • 22 Septembre 1999

    Concert en fin de saison constitue le second acte du drame aboutissant à l'isolement complet de l'Albanie. Le premier épisode, la querelle avec les communistes russes, après avoir suscité l'espoir d'un rapprochement de l'Albanie et l'Europe, s'acheva par l'option opposée : un éloignement et une séparation encore plus accentués.Après avoir abondamment évoqué la rupture avec la Chine, ainsi que l'espoir caressé par l'Albanie de revenir dans le concert des nations, cette oeuvre finit en faisant entendre un glas funèbre, celui du complet renfermement au pays sur lui-même.L'analogie des méfaits du pouvoir avec les crimes shakespeariens, déjà apparente dans le premier volet du diptyque, intitulé L'Hiver de la grande solitude, devient, dans le second, encore plus nette. La "nouvelle version de Macbeth" retraçant les meurtres perpétrés au sommet de la pyramide du pouvoir communiste en est une belle illustration. Notations tragiques et grotesques, entremêlées ici comme elles l'ont rarement été dans les autres écrits de Kadaré, ajoutent à la puissance d'évocation de ce livre dont on a pu dire qu'il offrait une sorte de vision "en contrechamp" du communisme.

  • En 2005, le directeur des Archives d'état albanaises, Shaban Sinani, rendait publiques les archives secrètes du parti communiste concernant l'écrivain Ismaïl Kadaré. Ces documents révèlent, à travers le cas singulier du grand écrivain, l'ampleur du système de délations, de menaces, de jugements et de condamnations qui pesait sur chaque citoyen du pays. Ce Dossier Kadaré, publié pour la première fois en Occident, nous permet de découvrir à quel point nous ignorons encore la réalité de la vie sous les régimes communistes. Dans La Vérité des souterrains, Ismaïl Kadaré, au cours d'un long entretien avec Stéphane Courtois, commente, pour la première fois, ces documents. Grâce aux questions précises et informées de l'historien, il revient sur son itinéraire, ses oeuvres littéraires, sa vie et sa survie sous le régime d'Enver Hoxha. Sa biographie, son talent et son regard d'immense écrivain font de cet entretien un témoignage unique sur le drame qu'a vécu la moitié de l'Europe. Ismaïl Kadaré, l'un des plus grands écrivains contemporains, est notamment l'auteur du Général de l'armée morte, d'Avril brisé, de L'Hiver de la grande solitude ou du Concert. Stéphane Courtois, directeur de recherche au CNRS, est l'un des meilleurs spécialistes français de l'histoire du communisme. Il est notamment l'auteur de l'Histoire du Parti communiste français et du Livre noir du communisme. Le professeur Shaban Sinani est l'ancien directeur des Archives d'état albanaises.

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