Jacques Le Goff

  • Saint Louis

    Jacques Le Goff

    Qui fut Saint Louis ? Peut-on le connaître et, Joinville aidant, entrer dans son intimité ? Peut-on le saisir à travers toutes les couches et les formations de mémoires attachées à construire sa statue et son modèle ? Problème d'autant plus difficile que, la légende rejoignant pour une fois la réalité, l'enfant roi de douze ans semble avoir été dès le départ programmé, si l'on ose dire, pour être ce roi idéal et unique que l'histoire en a fait.

    Cette étude approfondie ne se veut - c'est ce qui fait sa puissante originalité - ni la "France de Saint Louis" ni "Saint Louis dans son temps", mais bien la recherche, modeste et ambitieuse, tenace et constamment recommencée, de l'homme, de l'individu, de son "moi", dans son mystère et sa complexité. Ce faisant, c'est le pari de fondre dans la même unité savante et passionnée le récit de la vie du roi et l'interrogation qui, pour l'historien, le double, l'habite et l'autorise : comment raconter cette vie, comment parler de Saint Louis, à ce point absorbé par son image qu'affleure la question provocatrice "Saint Louis a-t-il existé ?".

  • Traduit dans plus de vingt langues, ce livre est le bréviaire indispensable de qui veut se familiariser avec le Moyen Âge. Car, entre la légende noire d'un « âge des ténèbres » et la légende dorée d'une « belle époque » médiévale, il y a la réalité d'un monde de moines, de clercs, de guerriers, de paysans, d'artisans, de marchands ballottés entre violence et aspiration à la paix, foi et révolte, famine et expansion. Une société hantée par l'obsession de survivre et qui parvient à maîtriser l'espace et le temps, à défricher les forêts, à se rassembler autour des villages, des châteaux et des villes, à inventer la machine, l'horloge, l'université, la nation. Ce monde dur et conquérant, c'est celui de l'enfance de l'Occident, un monde de « primitifs » qui transforment la terre en gardant les yeux tournés vers le ciel, qui introduisent la raison dans un univers symbolique, équilibrent la parole et l'écrit, inventent le purgatoire entre l'enfer et le paradis.

  • Un livre qui redresse les idées reçues sur ce sujet méconnu, par le plus grand médiéviste français.
    Au Moyen Âge, l'argent répugne, l'argent fascine, et la monnaie est rare. " Dans cet essai, je veux expliquer quel a été le sort de la monnaie, ou plutôt des monnaies, dans l'économie, la vie et la mentalité médiévales ; et dans cette société dominée par la religion, comment l'Église a considéré et enseigné l'attitude que le chrétien doit observer face à l'argent et à l'usage qu'il doit en faire. Si l'argent a joué un rôle important dans la constitution des États, si les techniques financières et bancaires ont progressé, si le commerce s'est largement développé, le Moyen Âge, faute d'un marché global, n'a pas connu ne fût-ce qu'un précapitalisme, même à la fin. C'est pourquoi son développement économique a été lent et limité, en dépit d'îlots de prospérité. Au Moyen Âge, donner de l'argent est aussi important que d'en recevoir, l'esprit de charité l'emporte sur le désir de profit, François d'Assise sur Jacques Coeur. Aussi une crise comme celle d'aujourd'hui y est-elle inconcevable. " Jacques Le Goff " Un ouvrage lumineux. "L'Express " Une synthèse éblouissante. "Le Point

  • Ni thèse, ni synthèse, cet essai peut être lu comme l'aboutissement d'une longue recherche. Et d'une réflexion sur l'histoire, sur les périodes de l'histoire occidentale, au centre de laquelle le Moyen Âge est mon compagnon depuis 1950. Il s'agit donc d'un ouvrage que je porte en moi depuis longtemps, des idées qui me tiennent à coeur.Écrit en 2013, à l'heure où les effets quotidiens de la mondialisation sont de plus en plus tangibles, ce livre-parcours pose des questions sur les diverses manières de concevoir les périodisations dans l'histoire : les continuités, les ruptures, les manières de repenser la mémoire de l'histoire.Traitant du problème général du passage d'une période à l'autre, j'examine un cas particulier : la prétendue nouveauté de la « Renaissance » et son rapport au Moyen Âge auquel j'ai consacré avec passion ma vie de chercheur.Reste le problème de savoir si l'histoire est une et continue ou sectionnée en compartiments ? ou encore : s'il faut vraiment découper l'histoire en tranches ? Jacques Le Goff

  • L'ouvrage se situe dans un domaine nouveau de l'histoire, en pleine expansion, le domaine de l'imaginaire, présenté ici à travers deux composantes notoires de l'imaginaire médiéval, les héros d'une part: Charlemagne, le Cid, le roi Arthur, le comte Roland, la papesse Jeanne, Robin des Bois, sans oublier la fée Mélusine et l'enchanteur Merlin mais aussi le renard et la licorne; les merveilles d'autre part, illustrées sous la forme de trois édifices consacrés aux principales puissances qui dominent la société médiévale: la cathédrale, le château fort et le cloître.Ignorant les frontières entre le naturel et le surnaturel, l'ici-bas et l'au-delà, l'univers médiéval est illustré par une iconographie fondamentale, couvrant un large éventail géographique. Cette histoire de l'imaginaire est aussi une histoire dans la longue durée, présentant les héros et les merveilles du Moyen Âge tels que le Moyen Âge les a construits, vénérés, puis légués aux siècles futurs où ils ont continué à vivre en se transformant dans une combinaison de renvoi au passé, d'adaptation au présent, et d'ouverture sur l'avenir.

  • Le clerc, qui ne se confond pas avec le prêtre ou le moine, est le descendant d'une lignée originale dans l'Occident urbain du Moyen Age : celle des intellectuels. Le mot est moderne, il a l'avantage de désigner à la fois le penseur et l'enseignant, et de ne pas être équivoque.L'enquête de Jacques Le Goff est une introduction à la sociologie historique de l'intellectuel occidental. Mais elle fait aussi la part du singulier et du divers, et devient ainsi une galerie de caractères finement analysés.La première édition de cet ouvrage devenu classique a paru aux Editions du Seuil en 1957. Elle reparaît aujourd'hui augmentée d'une préface et d'une longue bibliographie critique dans lesquelles Jacques Le Goff fait droit aux travaux parus depuis la première publication, et bien souvent inspirés par elle.

  • "J'ai toujours été fasciné par le personnage de saint François d'Assise, l'un des plus impressionnants en son temps et jusqu'aujourd'hui de l'histoire médiévale. D'abord par le personnage historique qui, au coeur du tournant décisif du XIIe au XIIIe siècle, où naît un Moyen Âge moderne et dynamique, fait bouger la religion, la civilisation et la société. [...] Mais l'homme aussi m'a fasciné, alliant simplicité et prestige, humilité et ascendant, ouverture et refus, physique ordinaire et rayonnement exceptionnel, se présentant dans une authenticité accueillante qui permet d'imaginer une approche à la fois familière et distanciée. François a été très tôt celui qui, plus que tout autre, m'a inspiré le désir d'en faire un objet d'histoire totale, exemplaire pour le passé et le présent. Ce qui m'a retenu d'écrire cette vie, c'est que j'étais absorbé par une réflexion et des travaux d'historien d'un caractère plus général et qu'en outre il existait d'excellentes biographies de François.
    Ne me satisfaisant pas, aujourd'hui, d'avoir investi l'essentiel de mon entreprise biographique dans un Saint Louis très différent par son héros et par la dimension monumentale de ma tentative, je me suis résolu à publier l'ensemble des textes que j'ai consacrés à saint François." Jacques Le Goff.

  • Dès les premiers siècles, les chrétiens ont cru confusément en la possibilité de racheter certains péchés après la mort. Mais dans le système dualiste de l'au-delà, entre Enfer et Paradis, il n'y avait pas de lieu pour l'accomplissement des peines purgatoires. Il fallut attendre la fin du XIIe siècle pour qu'apparaisse le mot Purgatoire, pour que le Purgatoire devienne un troisième lieu de l'au-delà dans une nouvelle géographie de l'autre monde. Le Purgatoire s'inscrit dans une révolution mentale et sociale qui remplace les systèmes dualistes par des systèmes faisant intervenir la notion d'intermédiaire et qui arithmétisent la vie spirituelle. Ce Purgatoire, c'est aussi le triomphe du jugement individuel au sein des nouvelles relations entre les vivants et les morts.

    /> Cette enquête suit les avatars de la naissance du Purgatoire de l'Antiquité à La Divine Comédie de Dante. Cette naissance est un des grands épisodes de l'histoire spirituelle et sociale de l'Occident.

  • Il y a un «vilain» Moyen Âge, intolérant, violent, pauvre - et Jacques Le Goff en parle sans détour.Mais il y a aussi et surtout un «beau» Moyen Âge, et les enfants l'adorent. C'est celui des chevaliers et des tournois, des châteaux forts et des cathédrales, des jongleurs et des troubadours, des foires et des pèlerinages. Le Moyen Âge, c'est aussi la quête du Graal, la légende des chevaliers de la Table Ronde, le roman de Tristan et Iseut, Notre-Dame, les anges, les saints, les fées et les monstres, le combat de Carnaval et de Carême... Enfin, c'est au Moyen Âge que naît l'Europe, l'unité de sa culture dans la diversité de ses pays et de ses langues

  • Jacques de Voragine, dominicain mort en 1298, archevêque de Gênes, est l´auteur d´une somme qui, après la Bible, a donné lieu au plus grand nombre de manuscrits au Moyen Age :La Légende dorée. Ce prodigieux ouvrage, maintes fois commenté, n´a pas livré tous ses secrets. Loin de se borner à rapporter la légende édifiante des saints du calendrier, il porte une ambition bien plus considérable, estime Jacques Le Goff : celle de christianiser le temps, et de montrer comment Dieu, à travers le temps et par son bon usage, peut enchanter le monde. Ainsi le temps divin et le temps humain dialoguent dans un mouvement perpétuel qui est celui de la vie même du chrétien, saint ou non. A ce titre,La Légende dorée, best-seller absolu, a joué un rôle déterminant dans l´élaboration de la culture européenne.

  • Un autre Moyen Âge, c'est d'abord celui qui, sans anachronisme, nous restitue quelques clés de nos origines : aux réalités dont s'est enrichie notre mythologie - la faim, la forêt, l'errance, la pauvreté, la mendicité, la lèpre, la domination des puissants et des riches sur les faibles et les pauvres -, il allie ces créations dont nous vivons toujours : la cité, la nation, l'État, l'université, le moulin, la machine, l'heure et l'horloge, le livre, la fourchette, le linge, la personne, la conscience et finalement la révolution. Un autre Moyen Âge, c'est ensuite et surtout le champ privilégié des expériences de l'histoire nouvelle : histoire du quotidien, du temps long, histoire des profondeurs et de l'imaginaire. Un Moyen Âge où les hommes vivent dans les temps divers qui rythment leur existence : temps de l'Église, temps du marchand, temps du travail. Un Moyen Âge où les hommes travaillent dans des conditions économiques et technologiques qui leur apprennent à maîtriser lentement la nature tout en approfondissant le fossé entre travail manuel et intellectuel. Un Moyen Âge où la culture évolue entre les raffinements scolastiques des universités, pépinières d'une nouvelle élite, et les rapports complexes entre la culture savante de la caste ecclésiastique et la culture populaire contre laquelle les clercs mènent une lutte multiforme.

  • L'Europe contemporaine est une longue histoire qui commence avant la venue du christianisme, et se continue avec son reflux. À l'oeil qui sait voir apparaissent des traces, strates successives de nombreuses mutations, depuis les ruines de l'Empire romain jusqu'aux découvertes du XVIe siècle. L'historien les met au jour, les explore, pour montrer combien l'Europe contemporaine hérite, emprunte, reprend bien des caractères de cette «Europe» médiévale qui n'est pas tout à fait la nôtre, mais représente un moment important dans sa constitution : unité potentielle et diversité fondamentale, métissage des populations, divisions et oppositions Ouest-Est/Sud-Nord, primat unificateur de la culture. De l'échec carolingien à la «belle» Europe des villes et des universités, Jacques Le Goff nous entraîne dans un intense voyage à rebours, dans l'espoir que, comprenant mieux leur provenance, les Européens construisent mieux leur avenir.Jacques Le GoffSpécialiste internationalement renommé du Moyen Âge, héritier de l'École des Annales, il est directeur d'études honoraire à l'École des hautes études en sciences sociales. Il est l'auteur, au Seuil, de Les Intellectuels au Moyen Âge (1967), La Vieille Europe et la nôtre (1994), Héros et Merveilles du Moyen Âge (2005), Le Moyen Âge expliqué aux enfants (2006), et L'Europe expliquée aux jeunes (2007).

  • Par-delà le droit social auquel il est spontanément associé, Georges Gurvitch (1894/1965), philosophe, juriste et sociologue, n'a cessé de questionner le statut du juridique et du politique dans l'espoir d'en rendre raison sous l'horizon d'une démocratie

  • Jacques Le Goff est sans conteste l'un des grands historiens médiévistes français. Ses nombreux ouvrages ont trouvé une large audience et ont contributé à renouveler profondément la vision de cette époque charnière.Dans ce livre d'entretiens initialement publié en 1996, Jacques Le Goff retrace sa " vie pour l'histoire " : son enfance, ses années de formation à l'École normale supérieure, à Prague, à Oxford et à Rome, puis sa carrière universitaire qui l'amènera à jouer un rôle décisif à la direction de l'École normale supérieure en sciences sociales. On découvrira d'abord l'enthousiasme communicatif de Jacques Le Goff pour cette " nouvelle histoire " qu'il a contribuer à forger : une histoire complète, nourrie des autres sciences sociales, dont l'objet est autant de comprendre le passé que d'éclairer le présent. Mais on y trouvera également retracée l'aventure intellectuelle de l'équipe des Annales, et celle de la Ve section de l'École pratique des hautes études (devenue EHESS en 1975), qui a joué et joue toujours un rôle majeur dans le rayonnement internationnal des sciences sociales françaises.Ce portrait attachant révèle une grande personnalité de notre temps, passionnément attachée à son métier, mais aussi soucieuse des problèmes de la Cité et de construction européenne.

  • La vieille Europe est ancienne mais elle peut et doit répondre aux défis daujourdhui et de demain. Notre Europe doit sappuyer sur sa longue histoire pour réussir son XXIe siècle. Lancienneté bien comprise est un atout.On verra jespère, dans ce livre, où lhistorien rejoint le citoyen, que le débat pour lEurope nest pas entre la tradition et la modernité. Il est dans le bon usage des traditions ; dans le recours aux héritages, comme force dinspiration, comme point dappui pour maintenir et renouveler une autre tradition européenne, celle de la créativité.J.L.G.

  • Si toute société, toute époque a son imaginaire, certaines semblent en receler plus que d'autres ou lui donner une importance plus grande. Ainsi en allait-il des hommes et des femmes de l'Occident médiéval. Immergés dans un monde de réalités cachées qu'ils considéraient comme plus réelles et plus vraies que celles saisies par leurs sens extérieurs, ils se nourrissaient de cet imaginaire que leur fournissaient les sens intérieurs dont l'Église leur enseignait qu'ils leur apportaient les messages de Dieu - à moins que Satan ne se fût glissé en eux.
    On verra ici, dans ce «long» Moyen Âge qui pour Jacques Le Goff aborde jusqu'à nos rivages, l'univers multiple et conflictuel du merveilleux, les images de l'espace et du temps de l'ici-bas et de l'au-delà, les représentations du corps et leur saisie par l'idéologie, les codes symboliques et les métaphores littéraires qui ont permis de penser le monde et la société. Les attitudes à l'égard des rêves fournissent un observatoire privilégié : d'une Antiquité passionnée par l'oniromancie, comment est-on passé à la révolution répressive que le christianisme a fait subir à l'interprétation des rêves et quels enjeux de fond révèle leur retour en force à partir du XIIe siècle ? Et, à la suite du Marc Bloch des Rois thaumaturges, quelle place faire à l'imaginaire dans le retour à l'histoire politique de l'anthropologie historique ?
    L'imaginaire, un des grands acteurs de l'histoire.

  • In this ground-breaking new study,Jacques Le Goff, arguably the leading medievalist of his generation, presents his view of the primacy of the Middle Ages in the development of European history.
    "[A] superb and necessary book. This provocative assessment from a lifetime of scholarship might help us to place ourselves, not just territorially, but in that other precious element of history: time." The Guardian
    "A book that never fails to be informative, readable and provocative. Le Goff... has been the bravest and best of champions for medieval history. This book... is in every sense an inspiration." BBC History Magazine
    Praised by prominent figures in Europe and history including: Rt Hon Christopher Patten, CH, Former Member of the European Commission, and Neil Kinnock, Vice-President, European Commission.

  • En 2004, à l'occasion de leur anniversaire respectif, 80 et 90 ans, France Culture et Emmanuel Laurentin organisent une rencontre entre Jacques Le Goff, spécialiste du Moyen-âge, et Jean-Pierre Vernant, historien de la Grèce antique. Au cours de ces entretiens, ces deux célèbre historiens reviennent sur leurs maîtres, leur parcours de vie et de recherche, à l'école des hautes études, au CNRS ou au Collège de France, conscients tous deux de la chance qu'ils ont eue de trouver des institutions ouvertes, prêtes à les accueillir et à lever les barrières disciplinaires. Ils échangent aussi sur leur travail, la manière dont leur génération a examiné les questions que le présent posait et le rapport entre l'histoire qu'ils ont produites et la société contemporaine. Au lendemain du décès de Jacques Le Goff, on relit cet échange avec émotion et on mesure l'héritage ouvert que ces deux penseurs laissent à la génération actuelle.

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