Littérature générale

  • Les enfants

    Jean Cau

    'Ce sont des histoires de "vrais petits garçons" qui m'ont été soufflées par mes enfances... En ce monde simple, chacun avait ses royaumes. Pour avoir peu fréquenté celui des fillettes, je ne parle ici que de celui des garçons. Vous verrez qu'il s'agit d'un royaume d'épopée. Vous verrez que je parle des temps barbares, rudes, forts, courageux, naïfs, féodaux et héroïques. je ne sais pas comment sont les enfants en 1975 ; mais je sais que, lorsque j'étais petit - dans mon milieu, ma province, mon sexe et mon royaume -, nous étions, ô Parsifal, frères et compagnons en la chevalerie de l'enfance. Nous étions, je m'en souviens, comme je nous chante dans ce livre.'
    Jean Cau.

  • 'Qu'est-ce qu'un adulte sinon l'héritier d'une enfance? Qu'est-ce qu'un adulte sinon le traître et le meurtrier d'un enfant? L'enfant qu'il a été
    c'est ce qu'il y a de mieux chez un adulte. L'âge adulte c'est de l'enfance pourrie. Voilà ce que j'ai essayé non pas de décrire ou d'expliquer, mais de dire, en allant tout simplement à la pêche de quelques anciennes émotions, en promenant mon pendule sur quelques sources enfouies, en évoquant, avec la mémoire du coeur, les passions, les élans et les fois dont il a bien fallu que je devienne le traître et l'assassin.'
    Jean Cau.

  • Ce que le lecteur, s'il existe, lira dans cet amas de signes est, et n'est pas, un essai éclaté, est et n'est pas un journal mais, mises à bout, rien que des rêveries d'écritures Or si, ici ou là, il a entendu, roulant, un collier brisé, le bruit de quelques perles, s'il a entendu quelques notes égrenées sur un piano qui, tel jour, à telle page, était par hasard accordé, s'il a, collant son oreille contre une phrase - une seule phrase peut-être et qui, d'apparence, était de bavardage entendu une voix, qu'il sache que, là, le temps fragile d'un frisson, se cachait mon aveu.

  • Les otages

    Jean Cau

    'Trois terroristes ont pris neuf personnes en otage, sept hommes et deux femmes, et les ont parquées dans un bureau.
    En vérité, ce livre, que j'ai écrit à l'écoute angoissée de notre époque, est une fable, une allégorie ou, si l'on veut, un mystère. D'où viennent ces trois terroristes implacables? Qui sont-ils? Que veulent-ils? Je ne le sais pas. Mon unique certitude c'est qu'ils sont là, prêts à tuer, et que j'ai écrit ce livre sous leurs regards et la menace de leurs armes.
    Et, à la fin, qui - dans ce monde et dans l'autre - est terroriste et qui est otage? Qui terrorise et qui est terrorisé? Qui nous séquestre dans le royaume de la terreur? Comment s'en évader - et pour aller où? Je me le demande dans ce livre clos. Je vous le demande.'
    Jean Cau.

  • L'esprit d'enfance inspire les trente-quatre courtes nouvelles de ce recueil. On y trouve donc beaucoup d'histoires d'école, et encore plus d'école buissonnière. Un enfant se fait passer pour orphelin alors qu'il ne l'est pas. Un autre apprend à nager pour humilier le meilleur nageur, qui d'ailleurs se noie dans la rivière. Il y a des amours enfantines, avec des gosses du Midi, batailleurs, menteurs, voleurs, vaniteux, mais aussi généreux et tendres. Plusieurs histoires ont trait à la période de l'Occupation et de la Libération : un enfant qui parle à tort et à travers provoque le départ des derniers soldats allemands de Perpignan. Des résistants sont sauvés par leurs enfants. Le narrateur se demande si la belle boulangère, revue tant d'années après, a toujours des croix gammées tatouées sur les fesses, punition qui lui fut infligée à la Libération. Parfois aussi, ces nouvelles présentent d'anciens enfants, qui ont gardé leur innocence : un commandant de paras, retour d'Indochine, retrouve son vieil instituteur gâteux qui l'interroge sévèrement sur les dates d'histoire et les départements. Enfin, Carcassonne n'étant pas loin de la frontière, plusieurs de ces nouvelles se situent en Espagne.

  • 'Ce livre est l'expression d'un sentiment et d'une idée fixe : tout amour est reflet, mascarade et nostalgie d'absolu. Trois êtres, un homme, une femme et un adolescent (leur fils bâtard) tournent en rond dans la fosse de l'amour impossible. La femme va se dissolvant dans une très lente et très raisonnable folie. L'homme plaide son impossible cause et l'adolescent ne comprend pas comment s'est brisé le miroir entre cet homme et cette femme.
    Il arrive qu'un livre se déterre du coeur. Si possible en allant au plus profond, tantôt à coups de pioche sourds et tantôt, pour ne rien briser de la statue enfouie, avec des gestes si légers qu'ils donnent des crampes à la main qui
    s'avance, rôde et touche enfin la tête décollée. Le Spectre de l'amour est ce que j'ai ramené d'une fouille au cours de laquelle j'ai gratté et creusé avec beaucoup d'instruments mais, le plus souvent, avec les ongles.'
    Jean Cau.

  • Maria-negre

    Jean Cau

    À Naples, peu après l'entrée des Américains, un soldat nègre, Bimbo, boit dans un café. Sa Jeep est arrêtée au bord du trottoir, chargée du cadavre d'une femme. Et la mémoire embrumée du nègre commence à reconstituer l'histoire... Maria, jeune Italienne, est tombée amoureuse du nègre Bimbo : amour blanc sur fond noir, jamais accordé, immense orgie de chair pressée et froissée, toute molle de tendresse et de peur. Mario, le frère de Marie, aime sa soeur, mais a décidé qu'elle sera à son copain Angelo. Angelo dénonce à Mario les amours de Maria et de Bimbo, et Mario tue sa soeur d'un coup de couteau. Bimbo découvre le cadavre, l'emporte, le jette dans sa Jeep et va boire dans le café... Quand il sera saoul, Bimbo, riant aux éclats, jettera sa Jeep dans le vide pour mourir avec le cadavre de Maria... Ordonnance logique, chronologique, bons et mauvais sentiments, coups de théâtre, intrigue, tout cela n'a aucune importance : le passé est là, comme un chaos. Il suffit de le remuer, de fouiller dedans, et, par lambeaux, d'en extraire, comme fait Bimbo, une 'histoire' à l'étrange visage de puzzle.

  • Jean Cau dans ce récit fait une satire cruelle, truculente et pleine de verve d'une île imaginaire des Caraïbes, de langue espagnole, peuplée d'Indiens, de Noirs et de métis. Son président pèse cent vingt-huit kilos ; il entretient avec soin son adiposité, vénérée par les 'foutus Indiens' et les 'foutus Négros', squelettiques, sur qui il exerce une extravagante dictature. Mais il ne survit pas à la terreur de la Révolution qui le hante et disparaît en se faisant fondre dans un sauna.

  • Ce qui importe, et doit occuper l'attention de chacun, c'est de connaître la vie et les moeurs des premiers Romains, de savoir quels sont les hommes, quels sont les arts qui, dans la paix comme dans la guerre, ont fondé notre puissance et l'ont agrandie ; puis de suivre, par la pensée, l'affaiblissement insensible de la discipline et ce premier relâchement des moeurs qui, bientôt entraînés sur une pente tous les jours plus rapide, précipitèrent leur chute jusqu'au temps présent où nous ne pouvons plus supporter ni nos vices ni leurs remèdes.

  • Au coeur de la forêt allemande, les oiseaux se taisent. Les daims, derrière les halliers, tremblent, pétrifiés, sur leurs pattes de verre et, dans le miroir humide de leurs larges yeux aux cils ras, vogue le chevalier de fer et d'effroi. Ils ne bougent pas. La fuite est impossible quand vibre trop aigu - jusqu'à son effilement dans le silence absolu - le cri de cristal de la terreur. Un lièvre aussi le regarde passer dont le coeur tonne plus sourd et cogne plus vite. Un bloc de vie prêt à jaillir. Une peur qui se ramasse pour mieux exploser. L'oiseau, le daim, le lièvre, toutes créatures de panique, tassées au creux de la forêt, regardent passer le chevalier solennel. Le vent lui-même s'est arrêté de souffler et les arbres sont attentifs de toutes leurs feuilles, de tous les noeuds de leur tronc et certainement de toute leur sève qui dans leurs veines se glace. La forêt est cette foule silencieuse qui s'ouvre sur le passage du grand criminel s'avançant vers l'échafaud dressé sur la place, là-bas. Au pied duquel le bourreau et ses aides attendent, bras croisés. Et ils étaient appelés, au XIXe siècle, je ne sais pourquoi : « Les hussards de la veuve »... La foule qui s'ouvre aussi comme marche le héros.

  • Le maréchal Pétain et le président du Conseil Paul Reynaud, le généralissime Weygand et le président de la République Albert Lebrun, Hitler, Mussolini et Churchill, Rommel et bien d'autres encore, enfin jetés dans un roman en même temps qu'un lieutenant de vingt-trois ans aux nostalgies de gloire balayées par le désastre, un vieux paysan, une jeune infirme. Tels sont les personnages de Mon lieutenant, livre où l'auteur, bousculant les règles traditionnelles du roman, mêle le récit d'une histoire singulière aux terribles événements d'une époque - le mois de juin 1940 - qui vit la France plongée dans l'une des plus sombres tragédies de son histoire. Alternant magistralement les rythmes, faisant surgir des faits enfouis ou effacés par pieuse amnésie, dessinant au burin d'impitoyables, ou tendres, ou douloureux, ou bouffons « croquis » sur le mode de « choses vues », Jean Cau évoque, remobilise nos mémoires et donne à revivre un réel exact et romanesquement recréé. En contrepoint de la tragédie, qui sert de fond de fresque, monte, comme une romance à la musique retenue, l'histoire particulière du lieutenant Valentin, oublié par la défaite dans un coin de France perdu, où il rencontrera un étrange amour et, à la fin, le sacrifice.

  • Qui d'entre nous n'a pas la sienne ? Avouée ou dissimulée, rafraîchissante ou lancinante, inattendue ou prévisible, elle se love en nous selon ce que nous sommes et nous exprime en nous rongeant ou en nous émerveillant. La collection IDÉE FIXE donne l'occasion à tous les écrivains d'énoncer sans détours le secret dont ils ont nourri jusqu'ici sournoisement leurs livres. Aucun risque d'appauvrir leur inspiration en vidant leur coeur et leur sac : l'idée fixe a de la ressource et qui croit l'épingler ne fait que lui donner du lustre. A nous donc les essais brillants issus d'humeurs talentueuses et longtemps refoulées. "Pour tout vous dire..." il n'est pas de meilleure promesse aux lecteurs désireux d'en savoir toujours davantage.

  • La pitie de dieu

    Jean Cau

    Dans la cellule d'une prison - pas plus située géographiquement que dans le temps - se trouvent réunis quatre hommes qui tous ont commis un ou plusieurs crimes : le Docteur, qui est épileptique, doit avoir tué sa femme ; Alex une prostituée ou un de ses amis catcheurs ; Eugène sa femme ou l'amant de celle-ci (ou peut-être ni l'un ni l'autre) ; Match sa mère ou peut·être son beau-père. Chacun des prisonniers évoque des souvenirs et raconte ses "crimes" - qui peuvent être autant de mensonges que de vérités. De plus, il y a une cinquième voix qui raconte, de temps à autre, tel épisode de la vie commune des prisonniers : voix anonyme, inquiétante et froide, sorte de témoin collectif de toutes les tendresses et de toutes les misères rassemblées entre ces quatre murs. Les prisonniers parlent, se confessent, fabulent, inventent d'étranges jeux. Ils imaginent par exemple des communiqués de nouvelles délirants, prophétiques. Ils finissent dans une espèce d'osmose. Tout est échangeable - les crimes vrais ou faux, les culpabilités secrètes - et ils arrivent à confondre leur personnalité et leur vie. L'auteur communique jusqu'à l'angoisse, jusqu'au malaise, et parfois en ayant recours à un humour terrifiant, les sentiments de ses héros. Héros qui ne sont ni innocents, ni coupables, mais victimes à la fois coupables et innocentes de "passions" qui sont, transposées, celles de l'âme et de l'homme moderne en train de tourner en rond dans ses folies. Irresponsables, soumis à la seule "pitié de Dieu" mais tous liés par la solidarité des damnés ou (peut-être) des élus. Prix Goncourt 1961

  • Les chiffres parlent pour lui : 350 millions d'ouvrages vendus depuis  la publication de son premier roman en 1974, un corpus d'une cinquantaine  de romans et deux cents nouvelles...
    Stephen King, c'est aussi plus de 80 transpositions de ses écrits sur grand  et petit écrans à travers le monde, ce qui fait de lui l'auteur vivant le plus adapté.
    Son empreinte sur la pop culture, immense, indélébile, se manifeste à travers de multiples oeuvres marquantes, du Carrie de Brian de Palma à la première saison de Mr Mercedes en passant par les chemins détournés du Shining de Stanley Kubrick. Ses excroissances télévisuelles (Les Vampires de Salem,  « Il » est revenu...) ont traumatisé plusieurs générations.
    Les projections de ses tropes sous toutes leurs formes ont balisé notre façon d'appréhender le fantastique, l'horreur... comme le cinéma d'exploitation  dans son ensemble, de la série B à la série Z.
    Pour écrire ce guide exhaustif, les deux auteurs ne se sont rien épargnés :  les 4413 pages du cycle de la Tour Sombre, les 5 saisons de la série Haven, les 10 films de la saga des Enfants du Maïs, et même les 19 heures du soap opera indien vaguement inspiré de Ça.
    Qu'ils aiment ses livres, ses films, ou les deux, les fans de Stephen King  trouveront dans ces pages la totalité des adaptations des romans  de Stephen King, décortiquées et mises en rapport avec l'oeuvre originale.
    UN MUST HAVE POUR TOUS LES FANS DU KING.

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