Jean Imbeault

  • Ce livre est le récit de la pratique (non exclusive) de l'auteur qui enregistre des cures analytiques, et les écoute après coup. Récit double, fait d'un premier chapitre - "Observations et hypothèses" - qui décrit les effets et les avancées théoriques de cette technique a priori transgressive ; et d'un second chapitre d'explications avec trois psychanalystes curieux et un peu décontenancés, sans concessions de part et d'autre.
    "Cette double expérience, souligne l'auteur, était animée par la seule ambition d'éclairer, d'un point de vue sans doute inusité, le traitement que la cure analytique fait subir à l'expression verbale : comment la décomposition et la recomposition incessantes de la parole entraînent le patient et l'analyste dans l'indéfini autant que dans l'infini de la vie psychique ; et comment la traversée qu'est l'analyse peut en venir à constituer d'elle-même une pensée, inédite et véritable." Une pensée différente du moi, notamment, un moi vu comme une 'permanence qui passe, qui ne s'appréhende que dans la dimension de la durée, de ce qui s'écoule. D'abord et foncièrement : une variation. Un moi qui coïncide à chaque instant avec l'étrange - et trompeuse - nouveauté du présent qui passe. Il se peut que le propre de la cure soit de recréer le moi dans ses variations".

  • Remake

    Jean Imbeault

    Dans Remake, le psychanalyste Jean Imbeault aborde un certain nombre de questions à partir du cinéma classique et contemporain : l'empreinte freudienne dans Le Guépard, Les Arnaqueurs ou encore Paranoid Park, la portée de la pensée d'Aristote dans Head On . Onze films (de J. Losey, G. Van Sant, L.Visconti, J. Gray, J.-L. Godard, M. Pialat.) sont ainsi repris (premier sens de Remake ), résumés, décomposés et recomposés avec l'idée de mettre au jour et de circonscrire l'échange et la concordance entre le cinéma et la psychanalyse. La progression est celle d'un journal : autant de dates, autant de séances. En effet, comme dans une psychanalyse, les histoires semblent d'abord se tenir, puis des fragments se détachent, des hypothèses, des constructions apparaissent. Car ce livre est aussi une réfection - autre sens de Remake : il est l'oeuvre d'un psychanalyste qui ne cesse de penser et repenser la théorie freudienne qui guide sa pratique. Remake est le livre d'un amoureux des faits qui cède à la nécessité de se refaire son cinéma.

  • À l´époque de la Nouvelle-France, les de Lanaudière, seigneurs et militaires, ont fait fortune. La Conquête britannique de 1760 force l´élite de la colonie à faire un choix : rentrer en France ou s´adapter. Les Tarieu de Lanaudière choisissent de rester. Favorisés par le gouverneur Carleton, ils récolteront privilèges et honneur, multiplieront et cumuleront les postes.Pourtant, n´avaient-ils pas perdus le patronage du roi de France ? N´étaient-ils pas privés de leurs émoluments d´officiers et des revenus tirés du commerce des fourrures ? De plus, une nouvelle élite se mettait en place. La noblesse canadienne a-t-elle accepté de s´allier à l´élite anglaise ?La société canadienne de 1760 était une société normale composée de gens dotés de l´instinct de survie et de capacités d´adaptation dont les Tarieu de Lanaudière sont un bel exemple.

  • Après deux ans d'âpres négociations et de graves disputes, la France, l'Angleterre et l'Espagne signent à Paris le 10 février 1763 un traité de paix qui met fin à une guerre qui a embrasé les quatre coins de la planète. L'Amérique du Nord devient britannique. Le Canada, dont on ne connaît pas bien les limites, est officiellement cédé à l'Angleterre.
    1763 est l'occasion de faire le point sur l'état de la Nouvelle-France avant la guerre, de se questionner sur la portée du traité et de revisiter les lendemains de conquête.
    D'ailleurs, est-ce une conquête ou une cession ? La France remboursera-t-elle son immense dette de guerre laissée en argent de papier ? Qu'arrive-t-il à ceux qui choisissent de partir à demeure en France ? Que signifie ce traité pour les Amérindiens ? Quel sort attend les communautés religieuses ? Des voix se sont-elles élevées en France pour conserver le Canada ? Quels choix s'offraient à la France ?
    Le commerce, le droit, les pêches, les habitudes alimentaires, les pratiques culturelles, ou le régime seigneurial sont autant de sujets abordés par les auteurs qui apportent une contribution originale sur cette période déterminante de l'histoire. Cet événement ouvre la voie à l'indépendance des États-Unis et aux débuts du parlementarisme.
    Sophie Imbeault et Denis Vaugeois sont historiens et éditeurs. Laurent Veyssière est conservateur général du patrimoine et chef de la délégation des patrimoines culturels à la Direction de la mémoire, du patrimoine et des archives (ministère de la Défense) en France.
    Avec la collaboration d'Alain Beaulieu, Éric Bédard, Charles-Philippe Courtois, Yvon Desloges, Michel De Waele, Marcel Fournier, Donald Fyson, Joseph Gagné, Alain Laberge, Robert Larin, Raymonde Litalien, Didier Poton, Jean-Pierre Poussou et Laurent Turcot.

  • En 1665, le roi Louis XIV envoie en Nouvelle-France un contingent de 1 300 officiers et soldats du régiment Carignan-Salières afin de mettre un terme aux attaques incessantes des Cinq-Nations iroquoises qui effraient les quelques 3 000 habitants de la colonie. L'arrivée de ce régiment a laissé une marque indélébile à plus d'un titre, notamment par sa contribution non équivoque au peuplement de la région. L'année 2015 marque le 350e anniversaire de ce tournant de notre histoire et Cap-aux-Diamants a voulu se joindre aux commémorations en publiant un numéro spécial sur le sujet. Vous y trouverez une foule d'articles fouillant des thèmes allant de l'uniforme des soldats aux legs du régiment dans la mémoire collective québécoise.

  • À l'époque contemporaine, la mort et le fanatisme - qu'il soit de droite ou de gauche - continuent à entretenir des rapports étroits. Même si le sens initial de la notion de fanatisme était dépourvu de malveillance, une réprobation s'attache depuis le xviiie siècle « à la défense intransigeante et outrancière d'une communauté, d'un parti, d'une idée, d'une opinion » (Vaneigem, en ligne). Le Dictionnaire philosophique portatif, publié par Voltaire en 1764, présente un article qui associe le fanatisme à la religion. Cette dernière n'en aura cependant pas le monopole. Les idéologies totalitaires fasciste, nazie et communiste, les deux guerres mondiales et les pratiques mortifères des États autoritaires fanatiques au xxe siècle en sont des exemples tragiques. Pourtant, depuis les années 1970 et surtout depuis le 11 septembre 2001, c'est l'internationalisation du fanatisme religieux, surtout pratiquée par des groupes transnationaux comme al-Qaida et, plus récemment, Daech[1] qui domine. L'énorme fréquence de la « mort sanctifiée », souvent sous ses formes suicidaires ou kamikazes, a mené à une banalisation de la mort, selon certains spécialistes (Bersay, 2006). Les recherches académiques sur le fanatisme religieux contemporain et la mort (Bramadat et Dawson, 2014; Grenshaw, 2010) divergent toutefois considérablement au sujet des motivations sous-jacentes aux opérations suicidaires, allant des considérations stratégiques aux récompenses spirituelles en passant par l'espoir de provoquer des changements sociopolitiques. Pourtant, aucune étude, à notre connaissance, n'a suggéré que le nihilisme et la pulsion mortifère interviennent dans ces conduites en les considérant comme à la base des désirs ultimes et des sources de motivation des djihadistes, hormis celle d'Olivier Roy. Ce chercheur émérite, spécialiste de l'islam radical, a publié en 2016 un ouvrage intitulé Le djihad et la mort, qui a suscité des débats animés. La section suivante réagit à l'observation de Roy sur la pulsion mortifère djihadiste en mettant l'accent sur les liens entre témoignage, djihad et martyre dans l'islam.

  • Le traité de Paris signé en 1763 marque la fin de la colonie française en Amérique. Mais que sait-on réellement de ce moment charnière de l'histoire? 250 ans plus tard, le numéro d'automne de ­Cap-aux-Diamants­ entreprend de nous faire découvrir ce traité fondamental par le biais de détails restés méconnus. Qu'est-ce qui a conduit à la signature de ce traité? Était-ce inévitable d'en arriver là? En quoi consiste le traité lui-même? Quelles ont été les répercussions dans la population, chez les amérindiens, dans le reste du monde? Hors dossier, la revue souligne les 25 ans des éditions du Septentrion et commente l'exposition « Paris en scène. 1889-1914. », à l'affiche au Musée de la civilisation de Québec.

  • Le numéro d'hiver de Cap-aux-Diamants présente les textes gagnants de son concours d'écriture ouvert aux étudiants des cycles supérieurs en histoire. Découvrez le voyageur Thomas Verchères de Boucherville sous la plume d'Anna Ménard et revisitez le discours idéologique de Claude Henri-Grignon sous celle de Ghyslain Hotte. Puis, vivez l'expérience de la dénazification des prisonniers de guerre allemands à Sorel avec Jean-Michel Turcotte et retracez comment les felquistes percevaient et promouvaient la période patriote avec Sabrina Gaudreault. Plongez ensuite dans l'histoire de la North American Indian Nation avec Cassandre Roy Rainville et dans celle de la guerre franco-iroquoise à la fin du XVIIe siècle avec Jérémie L. St-Louis. Enfin, à travers les mots d'Emmanuel Bernier, allez à la rencontre de Pierre-Henri Bouchy, un pédagogue libéral ayant laissé sa marque sur le milieu intellectuel de Québec dans la seconde moitié du XIXe siècle.

  • Pour son numéro d'hiver, la revue d'histoire du Québec met en couverture les pionniers Louis Hébert et Marie Rollet. La toute première famille française à s'établir en Nouvelle-France a débarqué à Québec en 1617, il y a tout juste 400 ans : un anniversaire que Cap-aux-Diamants souligne en souhaitant rendre hommage à ces figures historiques exceptionnelles, mais peu connues. Couple d'apothicaires passionnés, Hébert et Rollet nous sont contés par huit auteurs qui abordent tour à tour leur contribution aux sciences naturelles de leur époque, les fouilles archéologiques entourant leur domaine, leur legs historique ainsi que leur descendance. La revue publie également le second épisode d'un récit de contrebande d'alcool dans les années 1920, et rend hommage à l'urbaniste et amoureux du patrimoine Jean Cimon (1923-2016). Pour souligner l'événement La bibliothèque, la nuit ayant eu lieu cet automne au Musée de la civilisation, Serge Pallascio a rencontré l'illustre écrivain Alberto Manguel. De nombreuses recensions d'ouvrages complètement le numéro.

  • «Si vous voyiez ce pauvre peuple, il vous arracherait des larmes. Des sujets aussi fidèles que les Canadiens l'ont été et qui ont tout sacrifié pour soutenir les armes de leur Prince.» Louis-Joseph Godefroy de Tonnancour Au lendemain de la Conquête, au-delà de la lutte pour l'hégémonie mondiale, au-delà des grandes batailles et des stratégies militaires, quel a été le sort réservé aux Canadiens, sans oublier celui des Acadiens?
    Jacques Mathieu et Sophie Imbeault ont voulu mettre des noms sur les victimes de cette tragédie. Leur recherche vise à mieux connaître les combattants et leurs familles, humbles ou nobles, dont les souffrances, les drames et les rêves brisés sont tombés dans l'oubli.
    Pourquoi la guerre des Canadiens?
    O Parce que les affrontements se déroulent sur leur territoire qui est à la fois assiégé, bombardé, occupé, dévasté et pris;
    O Parce que toutes les villes et toutes les paroisses sont touchées, qu'il s'agisse de destructions, de raids, de famines, de pillages, de menaces, de bombardements, de troupes distribuées dans les paroisses rurales à l'hiver 1759 et 1760;
    O Parce que toute la population est touchée: militaires, civils, hommes, femmes et enfants;
    O Parce que la mobilisation est totale, comme l'indique le nombre de miliciens engagés dans les efforts de guerre.
    Professeur émérite de l'Université Laval, Jacques Mathieu est spécialiste de l'histoire de la Nouvelle-France et des mémoires collectives. Il a mené plusieurs travaux de recherche en collaboration avec des chercheurs de différentes disciplines. Au Septentrion, il a fait paraître L'Annedda. L'arbre de vie (2009), avec Eugen Kedl, Les Plaines d'Abraham, le culte de l'idéal (1993) et, avec Alain Laberge, L'Occupation des terres dans la vallée du Saint-Laurent (1991). Il est également l'auteur du Premier Livre de plantes du Canada (PUL, 1990).
    Sophie Imbeault est historienne et éditrice. Elle a publié Les Tarieu de Lanaudière. Une famille noble après la Conquête, 1760-1791 (Septentrion, 2004) et s'intéresse à la période de la Conquête, particulièrement au sort de l'élite canadienne et aux papiers du Canada.

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