Table Ronde

  • Journal de Gand aux Aléoutiennes Nouv.

    S'inspirant d'une traversée réellement effectuée en 1980, Jean Rolin raconte, dans Journal de Gand aux Aléoutiennes, un "vrai-faux" voyage en cargo via la Norvège, l'Afrique et le Brésil à destination d'un chapelet d'îles désertes entre Alaska et Kamtchatka.
    À bord du Meistersinger, le commandant opiomane boude parce qu'on lui a volé la poire de son goûter ; on se jette du ciment frais à la figure pour se distraire ; un étrange animal, le pil-pil, tout élastique, permet d'anticiper les coups de roulis. Le narrateur ira pourtant au bout de son extravagante aventure : on le débarquera au pied du volcan Shishaldin, surnommé Sisquk par les Aléoutiens, autrement dit "la montagne qui me montre le chemin quand je suis perdu"...

  • La frontière belge Nouv.

    "Voici un petit roman qui grouille de personnages hors du commun pris dans le tourbillon d'une histoire farfelue. Nous sommes à la "frontière belge" qui semble aussi infranchissable qu'un rideau de fer ou qu'une muraille de Chine. Il faudra un enchaînement de circonstances hautement improbables pour que le narrateur franchisse, presque à son insu, cette frontière qui n'est rien moins que celle qui sépare la réalité du rêve, et qui se nomme "littérature"."
    Claude Rouquet

  • La ligne de front ; un voyage en Afrique australe Nouv.

    En 1987, Jean Rolin parcourt l'Afrique australe, de Dar es-Salam à Capetown, à travers les pays que réunit, du moins en théorie, leur opposition au régime d'apartheid. Au fil de ses tribulations, certaines rencontres l'enrichissent : Robert, un révolutionnaire au bout du rouleau, expatrié à Zanzibar ; Ned et Joan, fermiers blancs cloîtrés au Zimbabwe derrière leur enceinte grillagée, ou encore une prostituée indienne 'semi-devine' de Durban, qu'il rêve d'arracher à son sort. D'autres le mettent en rage, telle cette 'Carabosse envuitonnée' qui lui gâche le panorama des chutes Victoria. Et puis il y a les décors, qui le transportent : le vert affolant d'une plantation de thé, le chaos urbain, les chants d'oiseaux dans la nuit africaine...

  • De l'Ille-et-Vilaine à la Bourgogne en passant par le Midi, Jean Rolin a arpenté la France des canaux. Au fil des chemins de halage, il prend le temps d'écouter un Pakistanais pris de boisson qu'il croise dans une écluse, ou s'interroge sur l'exubérante sexualité des canards. Il donne à voir les lentisques tapissant les eaux stagnantes, les cadavres de chats flottant sur les bras morts, l'étang de Thau brutalement secoué par une tempête. Il bataille contre la pluie, la boue, l'imprécision des cartes, s'émerveille des constructions 'hétéroclites et aléatoires' qui font le charme de Nevers, et s'adonne, chemin faisant, à une lecture singulière et poétique des lignes du paysage.

  • Campagnes Nouv.

    "Venant de Slavonie, ayant franchi la Save à hauteur de Bosanski Samac, la première difficulté que nous ayons rencontrée ce fut à la sortie de Kakanj, au pied de la centrale thermique qui se dresse sur le côté gauche de la route, un barrage de miliciens dont il n'était pas facile de déterminer l'obédience. Après avoir fouillé la voiture, ils nous taxèrent d'un peu d'argent et de quelques paquets de cigarettes. Ils avaient l'air heureux, sinon vraiment de bonne humeur : c'était le début de la guerre, il faisait beau, les pertes étaient encore limitées de part et d'autre, et tout neuf le plaisir de porter les armes et de s'en servir pour imposer sa loi, terroriser les civils, abuser des filles, enfin jouir gratuitement de toutes ces choses si longues et si coûteuses à se procurer en temps de paix, quand il faut travailler, et encore, pour les obtenir."

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