Flammarion

  • Marseille, ce matin-là, avait des couleurs de mer du Nord. Loin, sur la digue du Large, oubliés, trois hommes survivent à bord de l'Aldébaran, un cargo dont l'armateur a fait faillite. Le capitaine libanais Abdul Aziz, le Grec Diamantis, son second, et le Turc Nedim, la radio. Tous trois espèrent, sans trop y croire, la reprise de leur navire.
    Au fil des jours, les trois hommes apprennent à se connaître, mieux qu'ils ne pouvaient le faire en mer. Ils partagent leurs souvenirs, puis leurs doutes, et leurs peurs. Pourquoi ne sont-ils pas partis, comme le reste de l'équipage? Pourquoi s'engluent-ils à bord de ce bateau qui rouille? Autour d'eux, la ville, Marseille. Ville d'exil. Ville métisse. Ville à leur image, pleine de souvenirs, et sans avenir, mais avec la vie à fleur de peau.
    Ils y nouent des aventures, des rencontres, des amours, avec des hommes, des femmes aussi perdus qu'eux.
    Le drame se tisse, à leur insu. Une tragédie que ces trois hommes portent en eux, comme Marseille son histoire. Ils n'en déjoueront pas les pièges. Au contraire, ils en seront les acteurs. Parce que - et sans doute le savent-ils depuis le début - c'est dans le dénouement du tragique qu'ils sauront, enfin, qui ils sont.

  • Lorsque les pompiers évacuent le corps de Titi, son seul vrai copain de galère mort sous un banc de la station Ménilmontant, Rico décide de foutre le camp. De quitter Paris pour le Sud. À mourir, autant mourir au soleil.
    Dans l'hiver glacial, Rico rumine l'échec de sa vie. Son divorce. Son fils, Julien, qu'il n'a plus le droit de voir. L'engrenage qui l'a jeté à la rue. À Marseille il voudrait revoir Léa, le premier amour de sa jeunesse. Qui a dit que l'espoir est au bout du chemin ?

empty