Jean-Francois Vaillancourt

  • Le but, c'est de prendre un civil et de le convaincre que, soldat, il devient quelque chose d'autre, quelque chose de plus et de mieux que tout ce à quoi peut aspirer un civil. Maintenant, tu as le privilège de faire partie de nous. Maintenant, une partie de toi pourra disparaître dans la tombe du Soldat inconnu. Comment? Grâce à l'uniforme, grâce au fusil. Pendant un été, il n'existera plus rien que l'honneur de t'effacer dans l'arme et le costume qui vient avec. Le temps d'un cours, tu n'auras besoin de rien, tu ne demanderas rien, silencieux, anonyme, inébranlable et prêt à obéir aux ordres, car les ordres proviennent de la Reine en passant par le ministre de la Défense, le peuple canadien et ultimement ta famille, dont tu es le héros. Maintenant, ta plus grande dignité, c'est le sacrifice de ta personne pour le service. Ce sacrifice, c'est pour les autres que tu le fais, c'est pour eux que tu portes cet uniforme, et c'est en leur nom que tu tireras chacune des balles de ce fusil.

  • Après le très remarqué Prisoners (2013), Denis Villeneuve réalise un deuxième film sous le sceau made in USA, Sicario, mais sans esbroufe, sans parti pris, avec une élégance sans pareille, endossant son métier de cinéaste avec un sens inné du professionnalisme. Séquences, avec un esprit d'observation aiguisé, l'oeil juste et une vision cinéphilique cartésienne, analyse ce film aux allures de western moderne sur fond d'espaces dénudés, qui, au-delà de leurs silences inquiétants et de leur luminosité aveuglante, cachent des intentions et des lendemains crépusculaires. Ailleurs dans la revue, les films québécois Guibord s'en va-t-en guerre, Le bruit des arbres et le Journal d'un vieil homme s'insèrent dans la section critique, entre autres, et la cinquième partie soulignant les 60 ans de la revue s'intéresse aux années 1995-2004.

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