Jean-Luc Nancy

  • À la jointure des beaux-arts et des belles-lettres, et peut-être aussi ancienne qu'eux, la question de l'ekphrasis loge au coeur de l'expérience esthétique. La description de l'oeuvre d'art se révèle en effet très rapidement indiscernable d'une certaine manière, qui en passe elle aussi par un toucher, sinon une touche, l'expérimentation de divers aspects sensibles de la matière mise à l'oeuvre par la chose de l'art. Nous avons souhaité, dans ce numéro de la revue Études françaises, rouvrir cette question à partir du « point de vue » de la déconstruction, et notamment des propositions philosophiques de Jacques Derrida telles qu'elles se donnent à lire dans le recueil de ses écrits sur les arts intitulé Penser à ne pas voir, selon le titre d'une de ses dernières conférences donnée à la Fondation du dessin de Valerio Adami en 2002 et qui condense peut-être l'essentiel de l'approche du philosophe à l'endroit des arts dits visuels, lui qui mettra au foyer de sa réflexion sur le voir la tache aveugle qui en est la condition.

  • Dès son ouverture avec De la grammatologie- qui eût dit que le rubanvolé de Rousseau préfigurerait le déroulement d'un tel ruban d'écri-ture1? -, l'oeuvre philosophique de Jacques Derrida est impensablesans la littérature. Rarement la réflexion d'un philosophe se sera à cepoint tenue dans la proximité de l'étrange expérience commodémentdésignée par ce vocable (qu'il ne cessera d'ailleurs de distinguer des«belles-lettres», de la «poésie» et surtout de toute définition étroite-ment formaliste), non pour la domestiquer ou l'arraisonner mais pourrépondre à l'appel (et même à l'ordre, comme il l'écrira dans Le mono-linguisme de l'autre) qu'elle lui intimait.

  • La démocratie traverse une crise majeure. Les peuples doutent de leurs représentants. Certains en appellent à une démocratie « directe », sans médiation, et d'autres consentent à l'instauration de « démocraties illibérales »... Mais que recouvre en réalité le mot « démocratie » ?Dans cet ouvrage à quatre mains, Jean-François Bouthors et Jean-Luc Nancy reviennent sur ses origines et sur sa spécificité : la démocratie naît de l'effondrement d'un monde devenu caduc et elle construit le peuple comme l'être ensemble d'individus libres et égaux. Mais elle est toujours en écart avec elle-même, jamais achevée. Elle est, en elle-même, un nécessaire (re)commencement, dans une relation complexe avec la technique. Aussi doit-elle s'apprendre, hic et nunc, jusque dans ce qui la dépasse.
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    Jean-François Bouthors et Jean-Luc Nancy ont mis en commun leurs approches philosophiques, anthropologiques, historiques et géopolitiques pour décrypter ensemble les soubassements de la crise démocratique.

  • "Questions de caractère" est une collection dirigée par Adèle Van Reeth et publiée en co-édition avec France Culture. Au rythme de 3 titres par an, cette nouvelle collection explore les passions humaines, les "couleurs" de l'âme qui animent chacun d'entre nous. Adèle Van Reeth, productrice des "Nouveaux chemins de la connaissance", l'émission quotidienne de philosophie de France Culture, donne la parole à un philosophe qui éclaire ces grands mots, ressorts de nos conditions. De façon complémentaire et sur le même thème, chaque volume, à sa sortie en librairie, sera associé à une semaine d'émissions.
    L'imaginaire contemporain associe la jouissance à une expérience qui serait d'abord sexuelle. Or la jouissance, y compris étymologiquement, dépasse largement le domaine de la sexualité. Comment et pourquoi son sens a évolué selon les époques, d'une signification juridique à une notion de plaisir, en passant par la consommation ? De quoi jouit-on ? Qui jouit ? Quelle est la différence entre jouissance et joie ?... sont parmi les questions auxquelles les deux auteurs répondront dans cet ouvrage à la fois passionnant et accessible.

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