Jean-Pierre Warnier

  • L'auteur, professeur d'anthropologie, et socialiste de conviction revisite le « socialisme » (d'où le "s" final du titre), de manière historique et critique. Le livre est écrit de manière non académique, sans aucune note de bas de page ; il est donc d'une lecture simple et s'adresse à tout « honnête homme », quelles que soient par ailleurs ses opinions politiques. Un CD, comportant toutes les sources et références, sera fourni gracieusement (bon de commande à la fin de l'ouvrage) à tout lecteur qui voudrait en savoir plus.

  • Avant de dire que l'Afrique est en panne, ou mal partie, ne convient-il pas d'observer l'action des Africains qui, en faisant appel aux ressources de leur propre civilisation, dessinent les trajectoires locales du politique, les modes d'accumulation, le profil des entreprises africaines de demain et leur mode de gestion ?
    Atchul est une tare qui consiste en une dilapidation inexplicable de nourriture, de biens matériels, de richesse. Cest le mal qui affecte les individus qui ne peuvent rien accumuler, ni rien garder dans leus mains. Un homme ne peut pas faire d'affaires s'il est affecté d'atchul. Un entrepreneur est comme un notable ; c'est une tirelire vitale, qui retient l'argent, les épouses, la progéniture, les maisons, les terres. Il ne dilapide rien.
    Jean-Pierre Warnier a étudié l'anthropologie à l'Université de Pennsylvanie (Philadelphie) et à Pairs X-Nanterre. Il a séjourné plus de dix ans au Cameroun, alternant recherche et enseignement sur une période de plus de vingt ans. Ses travaux portent sur l'histoire socio-économique des sociétés hiérarchiques de l'Ouest camerounais au cours des trois derniers siècles. Depuis 1985, il est professeur d'anthropologie à l'Université René Descartes (Sorbonne).

  • Le roi Ngwa'fo des Mankon est ingénieur agricole, homme d'affaires et premier vice-président du parti de Paul Biya. Il a succédé à son père en 1959. Son règne couvre cinquante ans d'indépendance. Il affiche des convictions modernisatrices tout en remplissant à la lettre ses fonctions monarchiques. Il fait des offrandes aux défunts. Son corps propre est investi de substances de vie ancestrales. Il les communique à son peuple et à ses épouses par sa parole, son souffle, sa salive, sa semence, et par des substances qui démultiplient ses humeurs corporelles. Il agit comme un "roi-pot" muni d'une enveloppe et d'orifices qui ordonnent et contrôlent des transits en flux entrants et sortants. Ses sujets mettent en oeuvre des techniques du corps et des techniques de soi qui les identifient à des récipients en rapport avec le corps du roi. La combinaison d'une problématique d'inspiration foucaldienne de la gouvernementalité et d'une ethnographie très concrète des pratiques matérielles et motrices, peu verbalisables, démontre que le pouvoir s'adresse aux corps et aux objets. Les sujets s'assujetissent, sans prise de conscience critique, aux enveloppes qui les contiennent.

  • Dix chercheurs en sciences sociales analysent ce corps à corps avec l'objet, à partir de terrain aussi divers que le sport, le confucianisme, le travail dans les égouts, l'élaboration de parfums, le triage des déchets Emmaüs, le logement d'une pièce, ou le déménagement. Ils partent de l'idée que tous nos gestes prennent appui sur des objets et incorporent leur dynamique. Le rapport avec la culture matérielle est donc aussi structurant pour l'être humain que le discours, mais il l'est de manière muette, et tend de ce fait à échapper aux regards scientifiques.

  • A l'intersection de l'anthropologie et de la science politique, ce recueil d'essais emmène le lecteur à Java, dans différentes sociétés africaines, gare Saint-Lazare et faubourg Saint-Antoine. Le lecteur tirera du périple une compréhension renouvelée de l'exercice du pouvoir, de la vie de la marchandise et des pratiques sociales de la globalisation. Accessoirement il ne pourra plus jamais acheter son journal quotidien de la même façon, qu'il soit adepte du "Monde" ou de "Paris Turf".

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