Jean-Pierre Guay

  • «INFORMER» À l'heure des réseaux sociaux et du Web 2.0, où en sont les relations entre l'art actuel et les médias? La réflexion sur les paradoxes des relations entre les principaux acteurs de la communauté (critiques, artistes et institutions), palpable dans coulisses de l'art actuel, remet à l'ordre du jour la nécessité de se demander si les codes relationnels et médiatiques du monde de l'art agissent positivement ou négativement sur le développement des pratiques et sur la réception publique des oeuvres. Ainsi, l'article de Sébastien Hudon examine la rhétorique journalistique autour de la polémique de la fontaine de Tourny à Québec, Jean-Pierre Guay traite de la singulière réussite de l'émission de radio l'Aérospatial et Elena Lopez Martin analyse l'évolution du ­Net.art­. Section « Néomédias » : retour sur l'exposition Ryoji Ikeda à la Fondation DHC/ART et le travail photographique intimement lié à la création numérique de Thibault Brunet.

  • Cette année marque le 35e anniversaire de Nuit blanche : la revue braquera naturellement ses projecteurs sur les auteurs âgés de 35 ans et moins, relève bouillonnante et passionnante. En couverture, Maude Veilleux, qui depuis 2010 construit une oeuvre bicéphale poésie/fiction mordante, provocante, qui interroge la sexualité et le désespoir (Les choses de l'amour à marde, Prague). Autre jeune écrivaine de l'heure, Chloé Savoie-Bernard nous parle en entrevue de son recueil de nouvelles Les Femmes savantes. Ce numéro vous propose également de découvrir la plume colorée du dramaturge franco-manitobain Marc Prescott ainsi que le français Emmanuel Robin (1900-1981), auteur d'un roman mythique, L'Accusé, précurseur des existentialistes. Également au sommaire, Simon Roy et son nouvel ouvrage Owen Hopkins, Esquire; la poésie profondément humaine de Normand Bellefeuille; les textes inédits du philosophe Vladimir Jankélévitch réunis sous le titre L'Esprit de résistance; ainsi qu'une généreuse moisson printanière de comptes rendus de tous genres.

  • Château-Richer, mardi 24 novembre 1992. - Eau grise, ciel gris, falaise noire de l'île d'Orléans de l'autre côté du fleuve, herbe ocre tout près de la maison. La brise, la marée montante, les mouettes. Mais il n'y a plus de chien pour courir et sauter dans l'herbe, mais il n'y a plus sa magnifique fourrure noir et feu pour donner une âme au paysage. Mon Dieu, mon Dieu, je ne trouve pas même les mots pour te demander de me consoler. Que des larmes, tantôt douloureusement contenues, tantôt désespérément versées. J'ai si mal mon Dieu, j'ai si mal.
    Je ne m'habitue pas à son absence. Je ne me pardonne pas sa mort brutale. Et je ne sais plus si je dois rester dans cette maison vers laquelle il m'avait guidé ou mettre la clé dans la porte et m'en aller, pour toujours.
    Bientôt 47 ans et me voilà plus démuni qu'un enfant de trois ans. Aussi quelle couardise m'empêche donc de marcher vers le fleuve, d'entrer dans l'eau et de me laisser recouvrir corps et âme par le vide éternel. Tout sauf cette douleur atroce plantée dans ma chair comme du verre brisé.

  • À Montréal, au début des années 2000, une série d'événements violents mènent à d'importantes opérations policières qui, jumelées à un grand battage médiatique, propulsent à l'avant-scène les gangs de rue. Jusque-là considérés comme de la petite délinquance et essentiellement associés aux difficultés d'intégration des nouveaux immigrants, ces groupes apparaissent comme une nouvelle menace à la sécurité publique. Qu'en est-il vraiment ? Curieusement, il n'existe aucun consensus quant à la définition du phénomène, même si certaines caractéristiques - la jeunesse des membres, le caractère illégal des activités ou l'identité commune - se retrouvent dans tous les cas de figure. Comment prévenir et traiter ce phénomène ? Dans cet ouvrage, des criminologues et d'autres spécialistes chevronnés font un tour d'horizon des aspects liés à cette forme de criminalité déjà bien installée dans plusieurs pays, mais dont l'existence au Québec commence à peine à être admise et comprise.

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