Littérature générale

  • « Le nom de Mohamed Ali semble désormais évoquer à lui seul le combat des hommes, l'insoumission. Comme si la vie était un ring. C'est pourquoi il fascine tant  jusqu'aux générations qui n'étaient pas nées,  et jusqu'au bout du monde.
    Il y a deux ans, France Culture me demandait de le raconter sous la forme d'une Grande Traversée, une série documentaire de dix heures. Je me suis mise en quête de témoins directs et nous sommes partis sur les routes américaines à la rencontre d'un journaliste sportif du New York Times en retraite,  d'un Imam d'Indianapolis, ancien de Nation Of Islam et grand ami d'Ali, du vieux Captain Sam qui l'entraîna tout jeune à la mosquée de Miami,  de la famille de son manager,  des copains d'enfance restés à Louisville...
    Leur voix sont puissantes, tout droit sorties d'une époque folle, dangereuse, clivée et rêveuse, elles jubilent de chacune de ses victoires comme si elle avait eu lieu hier,  elle souffrent encore de la mort de Malcolm X, reviennent au fondement de la foi musulmane chez une partie des Noirs Américains, se rappellent son déchirement au moment de la guerre du Vietnam, son lien au tiers-monde en plein réveil, puis comment l'amnésique Amérique se mit à l'aimer, malade et condamné au silence.
    J'ai aimé ces gens, me frotter à leur expérience, leur croyance.
    Il fallait faire un livre de cette série radio. Pour mieux revisiter ce voyage dans le temps et l'espace américain. Mieux lire ces voix. Et s'immiscer dans les oublis volontaires de nos mémoires. »

  • «  Le téléphone sonne. C'est Charlotte qui m'appelle d'Israël. Nous étions dans la même classe à Montélimar. Elle a été arrêtée après moi, mais je ne l'ai pas croisée à Birkenau.
     
    -  Qu'est-ce que tu fais en ce moment  ? demande-t-elle.
    -  Je travaille sur l'amour.
    Un silence alors, comme si le mot amour s'égarait, se cognait dans sa tête. Elle ne sait qu'en faire.
    -  L'amour au camp ou quoi  ?
    -  Après les camps.
    -  Ah, c'est mieux. L'amour au camp, j'en ai pas vu beaucoup.  »
     
    Comment aimer, s'abandonner, désirer, jouir, quand on a été déportée à quinze ans  ?
    Retrouvant à quatre-vingt-neuf ans sa «  valise d'amour  », trésor vivant des lettres échangées avec les hommes de sa vie, Marceline Loridan-Ivens se souvient...
    Un récit merveilleusement libre sur l'amour et la sensualité.
     

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