Julien SUAUDEAU

  • " Les joues de Stéphanie étaient roses d'impatience quand elle a ouvert, et leur baiser a duré plus longtemps que le nôtre l'autre soir au café. Elle portait un jean bleu délavé et le même pull échancré que dans le bus. Il lui a mis la main entre les cuisses, le vent m'a ramené le rire étouffé de Stéphanie dans le cou de son amant, et la porte s'est refermée sur eux.
    Tout ce qui était encore vivant en moi s'est envolé à ce moment-là. Si quelqu'un était passé dans la rue, il n'aurait vu que le vent, le béton de notre ville et le ciel tout blanc au-dessus du plateau comme un grand drap tiré sur nos malheurs. "
    /> De l'ennui normand au chaos syrien, la métamorphose d'un inoffensif garçon de campagne en petit soldat du terrorisme. Un voyage au coeur des ténèbres.
    "Impressionnant de maîtrise et de réalisme."
    Jean-Christophe Buisson, Le Figaro Magazine

    "Remarquablement écrit, ce roman permet de comprendre l'incompréhensible."
    Alexis Broca, Le Magazine littéraire


  • Dawa

    Julien Suaudeau

    " Où avez-vous l'intention de faire sauter vos bombes ?
    - Je vous demande pardon ?
    - Les cinq bombes. Paris piégé. Dawa al-Islamiya, ajoute l'homme en arabe, avec un parfait accent constantinois qui lui glace le sang.
    - Qui êtes-vous ?
    - Quelqu'un qui a vécu en Algérie, il y a très longtemps, à l'époque où ton père sévissait dans les Aurès. Quelqu'un qui te protège depuis une semaine, et qui va vous tuer, toi et lui, comme j'ai tué ton chien de frère il y a dix-sept ans. "

  • " Si les choses pouvaient en rester là. Le boulevard Magenta, marinant à jamais dans le bruit, le noir des murs et les vapeurs des pots d'échappement. Les feuilles encore vertes aux branches des platanes. Ma bouteille à moitié vide, mais à moitié pleine. Moi, toujours en vie, sentinelle au-dessus du trafic, parlant au chien pour le rassurer et sentant sous mes doigts le fer forgé de la balustrade. Cinq sens, aucune raison que ça s'arrête. Pas de date de péremption. J'envelopperais tout dans du papier cadeau et je le mettrais à l'abri, en promettant de ne pas regarder. J'aimerais la pollution et le vacarme des autobus comme la prunelle de mes yeux - comme la vie elle-même. Les feuilles des arbres ne finiraient pas par tomber. Ma bouteille ne se viderait pas. J'aurais neuf vies de chat devant moi. " Du petit matin jusqu'au soir du 13 novembre 2015, cinq personnages chassent le bonheur dans les rues de Paris, poussés par des vents contraires : l'espoir et les regrets, la colère et le calme, la joie et le deuil. Les pas de ces Parisiens les rapprochent du concert ou les en éloignent ; leurs destins s'entrelacent ou s'écartent. Ni le feu ni la foudre capte la lumière de ces étoiles sur le point de s'éteindre.

  • En avant-première, découvrez les premiers chapitres des titres de la rentrée littéraire 2015 des éditions Robert Laffont:

    Littérature française - Jean d'Ormesson, Dieu, les affaires et nous - Sorour Kasmaï, Un jour avant la fin du monde - Jean-François Kervéan, Animarex - Eugène Green, L'inconstance des démons - Julien Suaudeau, Le Français - Jean-Marie Rouart, Ces amis qui enchantent la vie Littérature étrangère - Colm Tóbín, Le Testament de Marie

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