Fayard

  • Pour le pain

    Steven L. Kaplan

    • Fayard
    • 22 Janvier 2020

    Américain amoureux de la France et historien majeur du pain, Steven Kaplan lance un cri d'alarme et d'amour pour le pain. Jamais on n'a mangé aussi peu de pain en France, jamais il n'a eu, dans une indifférence assez générale, aussi peu de goût. On l'accable de tous les maux, on l'oublie... Or, pour reprendre les mots de Jean Anouilh, en France, la réalité a le goût du pain. Plus encore, cet aliment a structuré notre identité, notre culture, a déclenché des émeutes, a été au coeur de la vie politique, idéologique, culturelle, sociale de la France. Militer pour la cause du pain et sa culture, à l'heure de la mondialisation, est-ce une cause perdue  ? Steven Kaplan, loin d'être passéiste et idéaliste, a les pieds plantés dans le champ des céréales, le moulin et le fournil. Quand une culture ne s'adapte pas au monde, mais s'oublie, il est temps de résister, de rappeler ce qu'elle fut et de sonner le tocsin. Une savoureuse leçon vivante d'histoire, une enquête inquiétante et un appel à reprendre le chemin des boulangeries, la tête haute  !
     

  • Laisser-faire contre interventionnisme, c'est sur ce thème qui met aux prises aujourd'hui nos hommes politiques, nos intellectuels et nos économistes que se sont affrontés les plus grands esprits du  XVIIIe  siècle, Diderot, Galiani, Turgot, Necker,  parmi d'autres.
    Alors que la science économique vient de naître, les «  économistes  », comme s'appellent eux-mêmes les physiocrates, deviennent un groupe influent auprès de Louis  XV et vont transformer le monde, notamment grâce à l'idée nouvelle de liberté. Mais les premières tentatives de l'appliquer politiquement, par des réformes radicales dans  le domaine de l'approvisionnement, débouchent sur de très graves crises sociales, économiques, politiques et culturelles.
    De nombreux critiques pointent la dangerosité d'un désengagement drastique de l'État et mettent en relief le caractère ambigu d'une liberté sectaire incapable de porter une émancipation socialement juste. Du grand débat sur les blés que font naître ces affrontements  brutaux, tant sur les marchés et les chemins que dans les livres et les salons,  émergent  deux visions du monde qui continuent de nous diviser aujourd'hui.
    Steven Kaplan nous plonge dans les écrits et les correspondances des protagonistes pour répondre à cette question fondamentale  : comment concilier marché et régulation, liberté et égalité  ? Ce faisant, il offre une vision renouvelée du  XVIIIe  siècle français et une manière originale de pratiquer une histoire des idées.

  • La fin des corporations

    Steven L. Kaplan

    • Fayard
    • 17 Janvier 2001

    Les communautés d'arts et métiers sont une clef essentielle pour comprendre l'Ancien Régime, puisqu'elles réglementaient l'organisation du travail dans les villes et assignaient à chacun une place dans la hiérarchie de la société.
    Quels pouvoirs détenaient-elles ? Etaient-elles une barrière contre l'anarchie ou une entrave à la liberté des individus et du commerce ? Ces questions sont au coeur des débats sur la modernisation qui ont enflammé la France des Lumières. En 1776, Turgot, le ministre philosophe, tente de les abolir, mais le vaste mouvement de résistance qu'il soulève le contraint à reculer. Necker impose alors, avec plus ou moins de succès, un corporatisme d'Etat, à la fois plus souple et plus rationnel. Les nouvelles communautés qui se forment aux quatre coins du royaume ne sont abolies qu'en 1791, preuve qu'au début de la Révolution elles constituaient encore, malgré les critiques, l'un des piliers de l'ordre social et politique.
    Dans ce récit de la lente agonie des corporations, Steven Kaplan fait revivre maître, apprentis et compagnons, montrant les conflits et les tensions qui agitaient souvent échoppes et ateliers derrière la fraternité affichée. Ce tableau coloré démystifie les visions caricaturales d'une institution dont l'histoire a longtemps été trop idéalisée avant de tomber dans l'oubli.
    Steven L. Kaplan est professeur d'histoire européenne à Cornell University. Il a publié, entre autres, Les Ventres de Paris. Pouvoir et approvisionnement dans la France d'Ancien Régime(Fayard, 1988) et Le Meilleur Pain du monde. Les boulangers de Paris au XVIIIe Fayard, 1996).

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