Laurent Lèguevaque

  • Et si les bâtisses pouvaient parler ? Par exemple le palais de justice de Bénipurain, ville endormie située quelque part au centre de la carte judiciaire... On en entendrait des histoires salées, et salaces. On découvrirait que nos existences de contrevenants, d'accusés, de divorcés, d'enfants malmenés ou de plaideurs confiants, bref, nos vies, se heurtent aux murs d'une administration miséreuse et mesquine. Pire, on risquerait de contempler le vrai visage de ceux qui nous jugent. Au risque d'en rester pétrifié...
    Ce roman au vitriol met en scène des magistrats blasés, flanqués de hiérarques carriéristes évoluant au sein d'un personnel qui élève la médisance au rang d'art pour lutter contre l'ennui, mais aussi : un juge des enfants cédant à ses basses pulsions, un juge d'instruction abusant des médicaments légaux, une juge aux affaires familiales esseulée et franchement dépressive, en clair, un univers en pleine décrépitude, comme le palais qui les abrite tous.
    Une intrigue médiatico-policière accompagne cette description très crue, sous la forme d'une d'enquête qui sert à une implacable démonstration : la déshumanisation de notre justice est achevée. La dernière tranche de travaux est entamée ! Mettez un casque de chantier et suivez le guide : l'auteur, Laurent Lèguevaque, ancien magistrat démissionnaire « de son plein gré », est justement du bâtiment.

  • Les auteurs reviennent sur les erreurs judiciaires qui font les unes de la presse mais également sur les erreurs quotidiennes des tribunaux. Ils proposent des réformes concrètes pour une justice plus humanisée, notamment l'application de la démocratie participative.

  • Ne pas se laisser ABATTRE, corriger son ACCENT, vivre en ANARCHIE, rencontrer un CHAUFFEUR de taxi de gauche, une FEMME libérée, fomenter une GRÈVE d'écrivains, se refaire au JEU, se priver de MAUVAISE foi, MOURIR pour des idées, reposer en PAIX, POLLUER impunément comme autrefois, être PROPHÈTE en son pays, conserver la PURETÉ de la langue, enfin, rester ZEN : cherchez l'erreur. 
    Non, il ne s'agit pas d'un couac alphabétique, tous sont bien dans l'ordre du Larousse. Mais voilà : tous constituent ce qu'il est raisonnable d'appeler une cause perdue. 
    Compromise, pour le moins, par exemple changer les paroles de la MARSEILLAISE. Un peu désespérée parfois, comme vaincre la CALVITIE ou trouver un EDITEUR. Jamais complètement perdue, finalement. Parce qu'il arrive de FAIRE FORTUNE en ramassant une épingle. Ou parce que nous sommes en passe de rétablir le sens MORAL. Et surtout parce que ce livre en est la preuve : un éditeur, ça se trouve. 
    Toujours drôle et cultivé, jamais malveillant, un dictionnaire délicieusement impertinent, écrit dans une verve réjouissante. A savourer sans modération pour faire de sa vie une continuelle FÊTE et, pourquoi pas, AIMER son prochain comme soi-même...

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