Parascolaire

  • L'enseignement de la philosophie est-il en "crise" ? On ne saurait, en tout cas, continuer d'écarter les faits car ils sont têtus et parlants : plus de 70% des élèves obtiennent au baccalauréat une note inférieure à 10. A l'agrégation, concours suprême de recrutement des professeurs, la moyenne à l'écrit n'atteint pas les 5/20 malgré de longues années d'études après le bac. Lors de la dernière session, sur 1400 copies de la première épreuve... 6 seulement ont obtenu plus de 12/20 !Ces données brutes sont d'autant plus navrantes que les finalités de la philosophie et de son enseignement sont plus légitimes que jamais : en un temps où la vitesse de la communication l'emporte si souvent sur la patience du raisonnement, comment ne pas maintenir, et même développer, dès l'adolescence, l'idéal de penser sa vie par soi-même ? N'est-ce pas là la condition même de l'accession à la citoyenneté dès l'âge de dix-huit ans ? Que faire, dans ces conditions, pour que la philosophie cesse d'être la discipline maudite, celle qui fait peur, non par l'audace des pensées auxquelles elle donne accès, mais par la dureté de la sélection qu'elle risque de pratiquer plus ou moins arbitrairement ?

  • « Notre système éducatif fut et reste encore aujourd'hui l'un des meilleurs du monde. Mais il se heurte à des difficultés inédites, longtemps déniées par manque de courage ou par démagogie. Dès la fin de l'école primaire, trop d'enfants ne maîtrisent pas assez bien les compétences élémentaires en matière de lecture et d'écriture qui leur permettraient de réussir normalement au collège. Trop d'enseignants se plaignent à juste titre des incivilités, de la violence, de l'hétérogénéité des classes ou du manque de motivation de leurs élèves. Oserons-nous nous avouer les vraies raisons de ces difficultés qui, pour l'essentiel, ne viennent pas de l'école elle-même ? Que faire pour y porter remède ? Comment aider les enseignants à faire en sorte que leurs élèves réussissent mieux ? Depuis plusieurs mois maintenant, nous mettons en oeuvre, Claudie Haigneré, Xavier Darcos et moi, des réformes qui sont autant d'urgences. Elles sont l'affaire de tous. C'est donc aussi avec tous qu'il faut en débattre. » Luc Ferry

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