Lucius Shepard

  • Abimagique

    Lucius Shepard

    « C'EST LA FILLE coiffée style Halloween. Coupe Morticia Addams, teinture noirde jais, mèches orangées asymétriques. Elle a vingt-quatre ou vingt-cinq ans. Une femme-enfant, songes-tu, qui dévore des biographies d'empoisonneurs célèbres et s'est affublée des piercings les plus douloureux du marché. De la chair à gothtypique. Pourtant, une fois passé les cheveux, les robes vintage, la bague-araignéeau ventre de perle, les tatouages sur les mains (un crâne de vampire, un coeurhumain) et le maquillage outrancier, tu remarques que son visage est empreint d'une douceur et d'une sensualité maternelles qui semblent trop vulnérables pour participer de ce monde moderne... »

    Elle a pour nom Abi - diminutif d'Abimagique. Elle est volupté, sensualité, violence aussi, parfois. Le monde court à sa perte, elle en est convaincue, maiselle dit avoir le pouvoir de sauver ce qui peut l'être... Elle est impénétrable. Possible qu'elle soit Cybèle, Magna Mater, femme sorcière tellurique. Possible aussi que le temps soit venu ; celui du sacrifice...

    « Lucius Shepard est incomparable... » THE TIMES

  • Londres, fin du XIXe siècle. Une métropole enfumée, étouffant sous le smog et les remugles de l'industrialisation en pleine explosion... Samuel Prothero est aliéniste. L'un des meilleurs de sa profession. Membre du sélect Club des Inventeurs, jeune homme respecté, son avenir est tout tracé dans cette société victorienne corsetée. Jusqu'à ce que Jeffrey Richmond, inventeur de génie mais personnage sulfureux, sollicite son expertise sur le plus étrange des cas. Troublante mission, en vérité, pour laquelle le jeune Prothero devra se résoudre à embrasser tout entier l'autre côté du miroir, les bas-fonds de la ville-monde impériale et ceux, bien plus effrayants encore, de l'âme humaine...

  • C'est bien connu, les bluesmen n'ont que des emmerdes, et Jack Mustaine ne déroge pas à la règle.
    Peu avant d'arriver à La Nouvelle-Orléans, où il était censé se produire, sa décapotable vintage tombe en rade dans un trou paumé au milieu du grand nulle part moite de la Louisiane. Un endroit qui porte néanmoins un nom : Graal, où la vie s'écoule lentement, chargée d'une magie immémoriale. Sur fond de slide guitar, Jack rencontre des personnages étranges, tombe amoureux, s'enfonce toujours plus loin dans d'insondables mystères.
    Quelle vérité se cache au coeur des bayous ? Écoutez la légende de Jack Mustaine et vous le saurez... peut-être.

  • Qu'il décrive l'existence d'un simple d'esprit dans le huis clos d'une station spatiale, qu'il donne la parole à un fantôme qui hante les champs de bataille du Vietnam, qu'il anime un joueur de poker aux références douteuses, qu'il jette dans les limbes un Orphée des temps modernes à la recherche de son amour perdu, ou encore qu'il ruine la vie d'un musicien victime de phénomènes étranges, Lucius Shepard nous parle de l'Homme, de son âme et de ses errances, de son génie et de ses défaites, en cinq novellas où le sublime côtoie la plus grande noirceur.

  • « Le soir, les rues sinueuses de Matinombre résonnaient de rires, de cris et de musiques antagonistes, grouillaient de poivrots, de bagarreurs, de vendeurs, de putains, de vide-goussets, de pickpockets et de leurs rares et précieuses victimes ; tout ce monde-là se pressait, se poussait, se bousculait sous une chape de fumée, fleuve paresseux d'humanité en haillons et en pauvres nippes bariolées coulant entre deux rives de tavernes et de troquets, d'auberges et de lupanars interlopes ? des bâtisses branlantes qui se soutenaient les unes les autres comme des vieux oncles blafards titubants, coiffés de galures en papier goudron. Et, les dominant de toute sa masse, cette immense enflure de ténèbre absolue que formaient le ventre et le flanc de Griaule, où pendouillait un rideau effrangé de lianes et d'épiphytes en chapelet, si bas qu'il en frôlait les toits, découpés en ombres chinoises sur le ciel d'un indigo luisant. » Lucius Shepard fait paraître « L'Homme qui peignit le dragon Griaule » en 1984, récit qui introduit l'univers de Griaule, un monde préindustriel dans lequel un dragon titanesque a été pétrifié par un puissant sorcier voilà plusieurs millénaires. L'histoire d'un monstre immobile, enfermé en lui-même, en somme, mais qui n'en continue pas moins d'instiller son influence, une insidieuse corruption s'attaquant aussi bien aux hommes qu'à la nature...
    Septembre 2011. Les éditions du Bélial' publient Le Dragon Griaule, fort volume réunissant ce qui est alors l'ensemble des textes du « corpus Griaule », six longs récits. Deux ans plus tard, Lucius Shepard écrit Le Calice du Dragon, premier, et à ce jour, unique roman du cycle Griaule, la peinture d'une rivalité entre deux hommes, le fantasme de deux ambitions politiques s'affrontant dans un contexte de fantasy fascinant. Un roman proposé en exclusivité mondiale, à l'instar du recueil qui le précède.

  • Aztechs

    Lucius Shepard

    Depuis la, fosse du " Ground Zero " après le 11 septembre...
    Au sein d'un Mexique futuriste ultra violent où les I. A. se font la guerre par maffias interposées pour la régence mondiale... Du coeur de l'Afrique noire et ses magies mortelles après la chute de Mobutu... Dans la folie des nuits moscovites, au sein du terrifiant royaume d'un nouveau Keyzer Söze bâti sur les ruines de l'ex URSS... En six récits exemplaires, autant de peintures d'une humanité en quête d'elle-même, six voyages âpres, violents mais ô combien touchants, Aztechs nous parle d'aujourd'hui et des demains possibles, de nous, de ce que nous sommes et ce que nous deviendrons.

  • En 1853, dans un lointain pays du Sud, en un monde séparé du nôtre par la plus infime marge de possibilité, la vallée de Carbonales, une région fertile entourant la cité de Teocinte et réputée pour sa production d´argent, d´acajou et d´indigo, était placé sous la domination d´un dragon nommé Griaule. Il y avait d´autres dragons en ce temps-là, vivant pour la plupart sur des îlots rocheux à l´ouest de la Patagonie - de minuscules créatures irascibles, dont la plus grande avait à peine la taille d´une alouette. Mais Griaule était l´une des Bêtes géantes qui avaient régné sur un âge antique. Au fil des siècles, il avait grandi jusqu´à mesurer sept cent cinquante pieds au garrot et plus de six mille pieds de la queue au museau...

  • Le crâne

    Lucius Shepard

    Voici ce que l'on sait :
    À la suite de la mort du dragon Griaule, après qu'on eut prélevé ses écailles, qu'on l'eut vidé de son sang pour le stocker dans des bidons, qu'on eut mis en conserve sa chair et ses viscères au moyen de divers procédés, qu'on eut pulvérisé ses os pour en faire des panacées contre le cancer, l'incontinence, l'arthrite, l'indigestion, l'eczéma et bien d'autres afflictions. après toutes ces opérations, on chargea le crâne de Griaule (dont la longueur approchait les six cents pieds) sur une remorque à plusieurs roues que l'on tracta à travers la jungle jusqu'à la cour du Temalagua, située à onze cents milles de là. Plusieurs volumes seraient nécessaires pour conter l'histoire de ce périple, qui dura deux décennies, fut émaillé de maintes batailles rangées, ainsi que d'une brève traversée en mer qui faillit tourner à la catastrophe, et coûta plusieurs milliers de vies. Peut-être en fera-t-on un jour le récit, mais, pour les besoins de notre histoire, nous nous bornerons à dire que lorsque le crâne gagna enfin sa destination, à savoir une esplanade proche du palais royal, Carlos VIII, qui l'avait acheté au conseil municipal de Teocinte, était mort et enterré, et son fils Adilberto Ier était monté sur le trône d'onyx.

    Cette nouvelle est extraite du recueil Le Dragon Griaule

  • Si un homme peut se mesurer à l'aune de ses obsessions, alors on aurait pu qualifier George Taborin de très petit, plus petit encore que les quartdhommes censés hanter les forêts de Tasmanie. Il était numismate de métier, passionné de pièces antiques par vocation, et il passait ses journées à cataloguer, à nettoyer et à contempler ses trésors, imaginant ce faisant les sociétés dont ils avaient symbolisé la vitalité. Frotter, par exemple, le visage de Ptolémée sur une drachme trouvée à Alexandrie, et frappée à l'époque de l'invasion de Chypre par Démétrios Ier Poliorcète (sans doute à Salamine, la dernière cité à succomber au « Preneur de villes »), lui évoquait non seulement le contexte historique de l'Empire romain et de l'Égypte ptolémaïque, mais suscitait en lui des visions si saisissantes qu'il croyait sentir sur son torse le poids d'un plastron métallique ou humer l'odeur de naphte d'une flèche trempée dans le feu grégeois alors qu'elle grésillait dans les chairs de sa cible. On eût dit que du pouce il réveillait l'énergie de cette pièce de monnaie, qu'il libérait l'essence des instants qu'elle avait traversés, et il en allait ainsi depuis le jour de son sixième anniversaire, jour où son oncle lui avait offert une monnaie de cuivre phénicienne.

    Cette nouvelle est extraite du recueil Le Dragon Griaule

  • La maison du menteur

    Lucius Shepard

    Durant l'éternel instant qui précéda le Commencement, avant que le Verbe ne fût proféré dans le feu, bien avant que la poussière de l'histoire ne fût retombée des flammes, une chose dont nul vocable ne peut décrire les actes sembla envelopper le possible, l'englober à la façon d'un nuage ou d'une idée, et tout ce qu'avait façonné le feu de la genèse vint à exprimer d'une façon ou d'une autre la structure de cette dualité fondamentale. On a dit qu'entre toutes les créatures vivantes, les dragons étaient les plus aptes à percevoir celle-ci, car ils étaient issus, parfaitement formés, de la bouche même de l'Incréé, les premiers des rois de la Création, et avaient pris leur essor au sein d'une conflagration qui, bien des éons après, se fondrait pour produire les mondes, les étoiles et tous les rêves de la matière. Ainsi donc, il y avait entre leur chair et leur âme un lien qui reflétait la constitution même du Créateur, et leur âme, contrairement à celle des hommes, imprégnait et contrôlait leur matière de l'extérieur plutôt que de l'intérieur. Et, entre tous les dragons, aucun n'incarnait ce principe de façon plus poignante, plus spectaculaire, que celui qui avait pour nom Griaule.


    Cette nouvelle est extraite du recueil Le Dragon Griaule

  • Le père des pierres

    Lucius Shepard

    Comment le Père des pierres arriva entre les mains de William Lemos le lapidaire, voilà un sujet dont les citoyens de Port-Chantay n'ont pas fini de débattre. Que Lemos ait acheté cette gemme à l'importateur Henry Sichi ne fait aucun doute, de même est-on sûr que Sichi l'a échangée à un tailleur de Teocinte contre plusieurs rouleaux de soie brute, et, bien que le tailleur en question refusât de l'admettre, des témoins ont déclaré qu'il l'avait prise de force à sa nièce, laquelle l'avait repérée par son éclat au sein des fougères poussant sous la lèvre du dragon Griaule. Mais comment cette gemme avait échoué en cet endroit précis et à ce moment précis, telle est la cause première du débat. Certains affirment qu'il s'agit d'un artefact naturel de Griaule, d'une lente production de sa chair, une sorte de tumeur, peut-être, et qu'elle lui a servi à incarner ses voeux, à altérer le comportement de Lemos - qui vivait en dehors de son champ d'influence - dans l'affaire du prêtre Mardo Zemaille et du Temple du dragon. D'autres vous diront que, certes, Griaule est un prodige, une créature de la taille d'une montagne, pétrifiée depuis des millénaires à l'issue d'un duel magique, qui contrôle la population de la vallée de Carbonales au moyen du subtil exercice de sa volonté et a le pouvoir de manipuler les plus discrets des effets, les plus complexes des événements ; mais imaginer que ses tumeurs et ses calculs aient l'aspect de gemmes fabuleuses. eh bien, c'est pousser le bouchon un peu loin. Lemos, proclament ces sceptiques, ne fait que prétexter de la domination mentale de Griaule pour justifier son crime, et il ne fait nul doute que le Père des pierres provient du trésor de Griaule, et que c'est probablement un des attardés qui demeurent dans ses entrailles qui l'a laissé choir sous la lèvre. Bien entendu, c'est de cette manière qu'il a échoué là, rétorquent leurs adversaires ; comme s'il ne suffisait pas à Griaule de manipuler l'un de ses suppôts débiles pour déposer une gemme en un lieu précis à un moment précis ! Quant à l'origine de la gemme, considérez que nous avons affaire à une intelligence prodigieuse, mystérieuse et quasiment immortelle, abritée dans un corps servant d'habitat à des forêts, à des villages et à des parasites, suffisamment vaste pour détruire une ville entière. est-il si invraisemblable de supposer qu'il aurait pu fabriquer le Père des pierres dans quelque sombre recoin de ses viscères ?


    Cette nouvelle est extraite du recueil Le Dragon Griaule

  • Peu après que se fut estompée la lumière christique du premier matin du monde, quand les oiseaux volaient encore entre la terre et le ciel et que les plus perverses des créatures elles-mêmes brillaient comme des saints, si pure était la parcelle de mal qu'elles recelaient, il était un village nommé Hangtown accroché au dos du dragon Griaule, une gigantesque bête d'un mille de long qu'un charme magique avait paralysée sans toutefois la tuer et qui régnait sur la vallée de Carbonales, contrôlant dans ses moindres détails la vie de tous les habitants, auxquels elle manifestait sa volonté grâce aux ineffables radiations émanant de la soute froide de son esprit. Du garrot à la queue, la majeure partie de Griaule était recouverte de terre, d'herbe et d'arbres, ce qui, par certains côtés, le faisait paraître comme un élément du paysage, une colline parmi toutes celles qui entouraient la vallée ; hormis les sections dégagées par les chasseurs d'écailles, seuls demeuraient visibles une portion de son flanc droit, son cou et sa tête, et celle-ci s'était effondrée sur le sol, ses gigantesques mâchoires à demi ouvertes, pour former un talus presque aussi élevé que les éminences alentour. Perché à environ huit cents pieds d'altitude, juste derrière la plaque fronto-pariétale qui le surplombait ainsi qu'une falaise moussue, le village se composait de plusieurs douzaines de masures aux toits en bardeaux et aux murs de planches usées par les intempéries, qui entouraient un lac alimenté par une rivière issue d'une colline proche et coulant sur le dos de Griaule ; ce lac était cerné par des bosquets de cerisiers de Virginie, des enfilades d'aubépines et de chênes étiques, et, n'eût été la sensation de hantise qui imprégnait les lieux, comme un frémissement évoquant l'atmosphère d'une ruine antique, un promeneur arpentant la rive du lac aurait cru découvrir un village des plus ordinaires, certes un peu plus négligé que la moyenne, car ses rues étaient jonchées d'entrailles et d'os de siffleurs, de pelliculs et autres parasites infestant le dragon, mais dont les habitants, avec leurs vêtements miteux, leurs regards hostiles et leur visage empreint de lassitude, n'avaient rien que de très banal.

    Cette nouvelle est extraite du recueil Le Dragon Griaule

  • Expert de la sécurité domestique, désormais en difficulté, David Le Gary décide de se faire implanter un programme perceptif, destiné à l'expansion de facultés innées et basé sur la personnalité d'un poète décédé six siècles plus tôt : François Villon. Complot ou malédiction : voilà que, peu à peu, toutes les personnes dans l'entourage de David se mettent à ressembler aux proches du poète français... dans l'attente que celui-ci accomplisse un nouveau Grand OEuvre ?

  • Ariel

    Lucius Shepard

    Professeur d'histoire à l'université du Michigan, Dick Cyrus est l'auteur d'une hypothèse selon laquelle notre univers est anthropique. Lorsque des êtres issus d'autres univers y pénètrent, ils s'humanisent peu à peu, par exemple Springheel Jack en Angleterre ou la femme-saule aux USA. C'est à la recherche de cette dernière que Cyrus consacrera son existence. Ses existences.

  • Michael est spécialiste des reptiles. Ce qui tombe bien : un de ses anciens amis a besoin de ses compétences en République Démocratique du Congo. Là-bas, cinq personnes sont accusées d'avoir tué et dévoré des douzaines d'hommes. Si quatre nient en bloc, le cinquième revendique ses crimes et prétend même les avoir perpétrés sous la forme d'un monstre, mi-humain, mi-crocodile... Un sorcier de pacotille ? Son témoignage est des plus convaincants.

  • La présence

    Lucius Shepard

    New-York, après le 11 septembre. Bobby travaille dans la Fosse - cette plaie béante qu'est Ground Zero. Pompier, son boulot consiste à déblayer les décombres du World Trade Center. Amas de ruines où, régulièrement, il déniche de menus objets : chaussures, disques durs... A la pause de midi, avec ses collègues Pineo et Mazurek, il se rend au Blue Lady. C'est là qu'il rencontre Alicia, femme d'affaire d'allure guindée, toujours présente à la même place, porteuse d'un deuil sans pareil.

  • Bienvenue à L'Eternité, tout nouveau night club se dressant en marge de Moscou, conçu par le mystérieux Iouri Lebedev, l'ancien homme fort des mafias russes.Pour Viktor Chemayev, nouveau Russe désireux de racheter la liberté de sa compagnie, hôtesse à L'Eternité, et de fuir avec elle aux USA, rien de plus simple a priori : il lui suffit de rentrer dans L'Eternité, de convaincre Lebedev, et d'en sortir. Mais peut-on vraiment quitter les méandres de cette boîte de nuit, surtout quand ceux-ci ressemblent à s'y méprendre à l'au-delà ?...

empty