Martha Gellhorn

  • L'illustre correspondante de guerre américaine Martha Gellhorn (1908-1998) est l'auteur de nombreux récits, nouvelles, novellas et romans. Dans Mes saisons en enfer, elle nous raconte, avec une grande liberté de ton, ses périples les plus éprouvants : la Chine de Tchang Kaï-chek - en compagnie de son mari d'alors, Ernest Hemingway, qu'elle surnomme le Compagnon réticent -, la mer des Caraïbes où elle se lance à la poursuite des U-Boots nazis, le continent africain qu'elle traverse d'ouest en est, la Russie soviétique où elle rend visite à la veuve du poète Ossip Mandelstam, et enfin Israël, qui lui inspire une réflexion pleine d'humour sur l'ennui comme moteur au voyage. Sans concession pour elle-même, avec une curiosité qui jamais ne s'émousse, Martha Gellhorn déploie, dans chacun de ces récits, une joyeuse fureur et une élégante ironie. Le lecteur se réjouit de la suivre dans ses tribulations, tout en se félicitant - souvent - de ne pas être de l'aventure.

  • Le Monde sur le vif de Martha Gellhorn dresse un panorama de l'histoire du xx e siècle, décrite vec une grande exigence littéraire. Un remarquable témoignage sur l'effervescence politique et sociale du monde.

    Martha Gellhorn publia de son vivant deux recueils d'articles :
    La Guerre de face (Éditions Belles Lettres, 2015, traduction Pierre Guglielmina) et
    Le Monde sur le vif, qui réunit des textes écrits " en temps de paix " pour reprendre ses propres termes, soit vingt-neuf articles rédigés entre 1934 et 1985, répartis en six chapitres, chacun s'achevant par un texte générique sur la décennie abordée. L'ouvrage apparaît comme une sorte d'autobiographie indirecte : Gellhorn y exprime sa vision personnelle de l'histoire du xxe siècle, mêlée à celle des événements dont elle a été le brillant témoin, toujours aux premières loges.

    Une scène de lynchage dans le Sud ségrégationniste des États-Unis, l'Amérique au temps de la Grande Dépression, l'Angleterre se préparant à la Seconde Guerre mondiale, la mort de la Tchécoslovaquie, la visite des orphelinats dans l'Italie de l'après-guerre, un week-end dans la toute jeune Israël, le sort des Arabes en Palestine, le procès d'Eichmann, une villégiature au Kenya, le portrait d'une Vietcong, l'Espagne après la disparition de Franco, un Noël avec les chômeurs de Londres, un plaidoyer contre la torture au Salvador, un séjour à Cuba après quarante ans d'absence... Les sujets abordés par Martha Gellhorn, avec une grande exigence littéraire, sont aussi vastes et divers que le furent sa curiosité et sa carrière de journaliste. Ces textes, publiés dans les plus grands journaux des époques concernées


    Collier's, The Sunday Times, The Atlantic Monthly, Harper's, The Times, The Observer, The Guardian, Granta, etc. –, sont tous marqués par son intelligence, son inébranlable foi en la justice, sa perspicacité.

    Le Monde sur le vif dresse ainsi un panorama de l'histoire du xxe siècle, décrite sur le vif. Un remarquable témoignage sur l'effervescence politique et sociale du monde.

    Du même auteur, chez le même éditeur :

    - Mes saisons en enfer, Cinq voyages cauchemardesques

    -
    J'ai vu la misère, récits d'une Amérique en crise

  • L'Amérique de 1934 est plongée dans la Grande Dépression. Souhaitant réunir un autre type d'informations que celles récoltées par les fonctionnaires de l'administration, le directeur de la FERA (Federal Emergency Relief Administration) constitue une équipe de seize " enquêteurs ", composée pour l'essentiel d'écrivains et de journalistes. Martha Gellhorn, la plus jeune du groupe, est envoyée en Caroline du Nord, dans les villes ruinées par la fermeture des usines textiles.

    L'Amérique de 1934 est plongée dans la Grande Dépression. Souhaitant réunir un autre type d'informations que celles récoltées par les fonctionnaires de l'administration, Harry Hopkins, proche de Roosevelt et directeur de la FERA (Federal Emergency Relief Administration) constitue une équipe de seize " enquêteurs ", composée pour l'essentiel d'écrivains et de journalistes, et confie à chacun d'entre eux une région du pays particulièrement touchée par la crise. Martha Gellhorn, la plus jeune du groupe, est envoyée en Caroline du Nord, dans les villes ruinées par la fermeture des usines textiles. Des semai nes durant, confrontée à la misère et au désespoir de la population, elle accumule des dizaines d'interviews, visite villes et bidonvilles, enregistre tout ce qu'elle voit et tout ce qu'on lui raconte.

    La matière de ses rapports pour la FERA nourrit quatre novellas réunies sous le titre anglais de
    The Trouble I've Seen, emprunté au célèbre negro-spiritual éponyme. Martha y suit le destin de cinq personnages, à l'existence brisée par la crise : Mme Maddison, admiratrice du président Roosevelt, prend part à un programme de réhabilitation rurale contre l'avis de ses enfants ; Joe et Pete, ouvriers et syndicalistes, perdent leur emploi après avoir participé à une grève visant à améliorer les conditions de travail ; Jim, jeune homme ayant fini par trouver un poste, en vient à voler son employeur afin que la femme qu'il aime et lui puissent être convenablement vêtus lors de leur mariage ; Ruby, une petite fille de onze ans, rejoint un groupe de jeunes prostituées dans le seul but de s'acheter des bonbons et des patins à roulettes.

    Le livre appartient au rayon de la fiction, mais son contenu, tout ce qui en fait la chair, relève du reportage. Il parut en 1936 aux États-Unis et en Angleterre, et fut salué par une critique élogieuse. " Je tiens Martha Gellhorn pour un écrivain véritablement remarquable ", écrit H. G. Wells dans la préface.

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