Martin Petitclerc

  • Les régimes de citoyenneté sont traversés par une tension constitutive entre, d'une part, les promesses de liberté et d'égalité et, de l'autre, l'expérience des multiples formes de dépendances et d'inégalités sociales. Cette tension, à l'origine de la dynamique particulière des relations de pouvoir dans les démocraties libérales, engendre la production incessante de régulations sociales afin d'assurer la relative coordination de l'agir individuel et collectif.

    Les auteurs et autrices de Question sociale et citoyenneté se sont inspirés de cette problématique afin de proposer des analyses historiques sur la régulation d'une variété de problèmes sociaux au Québec et en France. Ils et elles invitent plus largement à découvrir un territoire fertile pour la recherche, soit celui d'une histoire politique des conflits ayant pour objet le gouvernement du monde social au sein des régimes de citoyenneté.

    Offrant de nouvelles perspectives de recherche, cet ouvrage intéressera tout autant la communauté universitaire que le grand public désirant mieux comprendre l'histoire des politiques sociales et des institutions de prise en charge des inégalités, des marginalités et des déviances.



    Martin Petitclerc est professeur au département d'histoire de l'Université du Québec à Montréal. Il est directeur du Centre d'histoire des régulations sociales (CHRS) et chercheur au Centre interuniversitaire d'études québécoises (CIEQ).

    Louise Bienvenue est professeure titulaire au département d'histoire de l'Université de Sherbrooke et membre du Centre d'histoire des régulations sociales (CHRS).

    David Niget est maître de conférences en histoire à l'Université d'Angers et chercheur au Laboratoire Temps, Mondes, Sociétés (TEMOS), une Unité mixte de recherche du Centre national de la recherche scientifique (UMR CNRS). Il est chercheur affilié au Centre d'histoire des régulations sociales (CHRS).

    Martin Robert est postdoctorant en histoire de la médecine à l'Université d'Oxford et chercheur affilié au Centre d'histoire des régulations sociales (CHRS).

    Cory Verbauwhede est avocat, doctorant en histoire à l'Université du Québec à Montréal et membre étudiant du Centre d'histoire des régulations sociales (CHRS). Il enseigne le droit de la santé et des services sociaux à l'École nationale d'administration publique.

    Avec la collaboration de Louise Bienvenue, Yves Denéchère, Clara Deville, Caroline Durand, Janice Harvey, Isabelle Lespinet-Moret, Benoit Marsan, David Niget, Martin Petitclerc, Martin Robert, Jarrett Rudy, Marie-Claude Thifault, Patricia Toucas-Truyen, Cory Verbauwhede.

  • Les lois d'exception, ou lois « spéciales », ont été au coeur de l'histoire politique québécoise des cinquante dernières années. Depuis le milieu des années 1960, entre luttes sociales et crises économiques, tous les gouvernements y ont eu recours pour interdire et réprimer l'exercice du droit de grève dans les secteurs public et privé. Ces atteintes répétées visant un droit reconnu par l'Assemblée nationale ont suscité un fort mouvement de contestation syndicale, voire de désobéissance civile dans les années 1970. Affaibli par l'adoption de lois spéciales particulièrement sévères, de décrets imposant les conditions de travail et de réformes sociales draconiennes à partir du début des années 1980, le mouvement syndical peine toujours à retrouver sa combativité. Au moyen d'une documentation inédite, Grève et paix montre pour la première fois comment les lois d'exception ont bouleversé non seulement le monde du travail, mais la société québécoise dans son ensemble.

  • Le risque est un fait de culture. Chaque société tente, à partir de lexpérience passée, de saisir un avenir probable pour agir dans le présent. Des historiens de tous horizons ont recours au concept de risque pour comprendre le passé, une démarche commune qui dévoile des convergences insoupçonnées.

empty