Michel Barat

  • L'École d'Athènes, la célèbre fresque de Raphaël, représente la cohorte des philosophes autour des deux grandes figures de la pensée que sont Platon et Aristote. Platon désigne le ciel des idées tandis qu'Aristote pointe la terre. Deux figures, deux pensées qui, allégoriquement, indiquent le chemin de la vérité et celui de la réalité. Ils sont deux car ces deux chemins ne se croisent pas nécessairement. Emprunter celui de la réalité pourrait être accepter l'illusion, l'erreur, voire le faux, car un mensonge est bien réel mais ne saurait jamais être vrai. Emprunter celui de la vérité pourrait être mépriser la réalité, soumettre hommes et choses à des idées qu'on croit vraies sans jamais en avoir la certitude. La voie de la réalité peut vite devenir celle du cynisme, celle de la vérité, celle du totalitarisme. Penser juste et dire juste consiste peut-être à dessiner la ligne de faîte entre réalité et vérité pour en départager l'ubac et l'adret et pour les garder en partage. Être à la fois Aristote et Platon, réunir « la base et le sommet », telle est sans doute l'endurante tâche de la pensée, telle est la grave légèreté du dire poétique.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Michel Barat, philosophe et Grand Maître de la Grande Loge de France (l'un des plus jeunes de l'histoire de la franc-maçonnerie) nous livre ici une réflexion passionnante sur les liens entre philosophie et spiritualité d'une part, éthique et politique d'autre part.

    Sa vocation personnelle - "habiter entre saint Jean et la République" - rejoint l'humanisme propre à son obédience, qui s'enracine dans la quête spirituelle :
    Par une conversion du regard réorienté vers l'intérieur de l'être, "l'initié" ouvre en lui-même des fenêtres sur la transcendance et rencontre le vrai visage de l'Autre, du frère.

    Aussi ce livre est-il avant tout un appel.
    Appel à réinventer chaque jour la fraternité, en substituant au "je pense, donc je suis" cartésien un "je pense, donc tu es".
    Appel à puiser aux sources de la philosophie des Lumières un esprit de tolérance et de respect de la différence, et à discerner dans les sources judéo-chrétiennes le vrai sens de la "bonne nouvelle".
    Appel à une "révolution pédagogique" qui apprendrait à l'homme moderne la langue des symboles, où coeur et raison s'assemblent pour dire la parcelle de lumière qui habite l'humain.
    Appel, enfin, à une grande alliance des puissances spirituelles de la Cité, pour s'opposer ensemble à tous les fanatismes, à tous les intégrismes, et laisser place ainsi à l'espérance.

  • Dix ans après la dernière manifestation d'unité de toute la franc-maçonnerie française, les auteurs s'expriment librement et à titre personnel, pour la première fois ensemble, au moment où le paysage maçonnique connaît une dégradation de climat marquée par trois crises cumulées : celle de la régularité, celle des obédiences et celle du contenu. Ces crises concernent toutes les obédiences majeures qui sont entrées en conflit : la Grande Loge de France, à la recherche d'une prétendue régularité supposée perdue, la Grande Loge nationale française, victime d'un pseudo-modèle obédientiel mal copié d'outre-Manche, et le Grand Orient de France, qui cherche toujours à retrouver son rôle d'éclaireur de la République. Ils lancent ici un appel solennel aux soeurs, aux frères et aux loges pour que chacune, chacun, reprenne sa place naturelle dans la vie maçonnique et que les obédiences, dont la vocation devrait être de faciliter la vie maçonnique, les voyages, les rencontres et les échanges, prennent enfin conscience des risques majeurs créés par les postures et les déclarations martiales, les excommunications et les interdictions. Le temps de la maçonnerie française de tradition, c'est-à-dire celle qui respecte l'équilibre naturel et pacifique entre initiation intime et engagement éthique et citoyen, pourrait enfin revenir.

empty