FeniXX réédition numérique (France-Empire)

  • Des homards verts ? Personne n'en soupçonnait l'existence car les homards ne peuvent être que bleus quand ils sont vivants ou rouges, après cuisson. Au début des années cinquante, un pêcheur du Croisic avait constaté que toutes les prises effectuées autour d'une roche appelée « Basse du Soleil Royal » avaient cette coloration vert bronze tout à fait inhabituelle. Connaissant le phénomène de mimétisme attaché à la carapace du homard, il fit appel à des plongeurs. Quelques jours plus tard, ceux-ci confirmèrent son intuition en découvrant... un magnifique canon de bronze. Ce sauvetage inattendu avait impressionné le tout jeune Jean-Michel Eriau. Trente ans après, il réalisait son rêve d'enfant, c'est-à-dire retrouver, en plongeant, les épaves de vaisseaux perdus sous le règne de Louis XV. Le 11 novembre 1759, 21 vaisseaux français de rang et 5 frégates avaient, en effet, quitté la rade de Brest. À proximité de Belle-Isle, l'escadre rencontre une puissante flotte anglaise. Le combat tourna à l'avantage de l'ennemi. Lors de cette bataille dite « des Cardinaux » (du nom de rochers situés au large de La Baule), 6 vaisseaux furent détruits : 2 anglais et 4 français. « Le trésor des homards verts » est le récit passionnant de l'itinéraire suivi par l'auteur pour les retrouver. Un exploit sous-marin ponctué d'une succession d'espoirs et de découragements ainsi que de rencontres avec des personnages hors du commun : vieux pêcheurs, radiesthésistes, aventuriers, chasseurs d'épaves, etc. La ténacité de Jean-Michel Eriau est finalement récompensée avec la découverte du « Soleil Royal » - vaisseau-amiral français - et du « Superbe », dont l'épave pourrait être un véritable « Pompéi sous-marin ». C'est l'aboutissement d'une aventure exaltante dont l'enrichissement dépasse sur le plan de l'audace, de la performance et de la réussite, celui de la récupération de lingots d'argent et de pièces de huit.

  • Depuis la fin du XVIe siècle, jusque vers 1860, les Français, comme beaucoup d'autres Européens, ont déporté vers l'Amérique des millions d'Africains, voués à l'esclavage sur les plantations de cannes à sucre, de café, d'indigo ou de coton. Cela n'a pu se réaliser qu'avec la collaboration de certains royaumes africains qui ont accepté le rôle de pourvoyeurs des Blancs. Depuis que ce trafic a cessé, sur les deux continents une chape de silence voudrait laisser oublier ces pages de l'aventure océanique si lourdes de tragédies. Il fallait en reprendre l'histoire avec la sérénité d'un regard scientifique pour la faire sortir de l'impasse émotionnelle et pour crever l'abcès des culpabilisations. Depuis une vingtaine d'années une poignée d'historiens français s'y emploient en dépoussiérant des kilomètres d'archives pour mettre en lumière les composantes financières, économiques et techniques. Le profil des acteurs et des victimes commence également à se dessiner avec une certaine netteté ; des pans entiers de la politique intérieure et de la diplomatie surgissent sous un éclairage nouveau, en Europe comme en Afrique. Enfin on commence à faire éclater les clichés racistes qui ont si longtemps dissimulé la réalité africaine. Là encore il fallait avoir le courage de renvoyer la philosophie des Lumières à ses contradictions et ne rien dissimuler de la réalité concentrationnaire de la traite. En faisant surgir de l'ombre cette immense tragédie, l'auteur n'a jamais eu l'ambition de dresser un réquisitoire, qui n'aurait aucun sens, mais simplement la volonté de fournir à notre époque les éléments d'une réflexion sur le cortège des préjugés et des rejets xénophobes qui aujourd'hui encore plongent leurs racines dans l'histoire de la traite négrière.

  • De très nombreux ouvrages se sont penchés sur l'esclavage ; peu se sont attachés au sort particulier des femmes. À la veille du cent cinquantième anniversaire de son abolition, il était nécessaire de se remémorer celles qui connurent le drame de la servitude. "Plus douloureux encore que celui des hommes, il pose à la fois le problème de la contrainte au travail et celui de l'exploitation sexuelle." Depuis les premiers jours de l'Histoire, et aujourd'hui encore, de la Mésopotamie à la Grèce antique, en passant par l'Afrique, le Moyen-Orient, l'Asie et les Amériques, des millions de femmes furent arrachées à leur terre, à leur famille, privées de liberté, réduites à l'état de marchandise ou de bétail. Enchaînées, vendues et revendues, battues, violées, assassinées pour le confort et le plaisir de leurs bourreaux, ou pour assurer leur fortune, on aurait pu croire que l'abolition aurait définitivement mis fin à ce "déni d'humanité" ; mais le scandale se prolonge jusqu'au seuil du XXIe siècle, facilité par les nouveaux moyens de transport et de communication, dissimulé par la clandestinité. À leur sort tragique au cours des siècles et à travers les continents, seul a répondu "l'oppressant silence des femmes sacrifiées dans les ténèbres de l'esclavage", sans interprète ni mémorialiste pour exprimer leur douleur. C'est ce silence "seconde manière d'assassiner les victimes", que Jean-Michel Deveau veut rompre.

  • Île ou continent, l'Australie nous entraîne dans le sillage de ses rêves, comme dans l'univers clos des châteaux où notre enfance plantait le décor des contes de fées. Au fil des pages, l'auteur nous guide dans le dédale d'une histoire conduite par bonds et fantasmes au gré de cet enchaînement de rêves qui ont tellement investi cette terre des antipodes qu'ils sont devenus le moteur de son évolution. C'est à travers eux que s'est forgée l'identité d'une nation qui sort enfin de l'enfance pour aborder le XXIe siècle dans l'âge adulte. Qui d'entre nous n'a pas un jour rêvé de ces plages immenses où l'océan écrase de somptueux rouleaux, qui n'a pas rêvé de ces immenses forêts d'eucalyptus peuplées de kangourous et de koalas, ou encore de ces déserts mystérieux où se dressent, flamboyants, les feux d'Ayers Rock au soleil couchant ? Qui n'a pas un jour rêvé de vivre dans le modernisme de villes à l'américaine qui auraient conservé une dimension humaine et aménagé le plus douillet confort dans ces villas noyées dans la verdure des parcs de banlieue ? Terre de démesure où la liberté se dévide à l'aune des distances parcourues dans la solitude de journées entières au volant de somptueuses limousines américaines. Autant de clichés qui réduisent l'Australie au rang de paradis du tourisme. C'est pour les briser que l'auteur refuse cette vision réductrice d'une nation qui a bien autre chose à offrir que la somptuosité des paysages coralliens de la Grande Barrière. Car, si le rêve sous-tend l'identité nationale, les racines en sont souvent amères et tournent parfois au cauchemar. D'abord celui des Aborigènes brutalement tirés de ce Temps du Rêve où ils avaient trouvé le sens de leur Histoire et les racines de leur identité. Les Blancs se sont chargés de les en chasser à coups de fusils. Après le récit de ce génocide, l'auteur fait justice de l'utopie des bagnes, où les convicts trouvèrent plus souvent le martyr que les voies de la réinsertion sociale. Rompant avec les bains de sang, l'histoire d'Australie s'engage ensuite dans une succession de rêves, celui de l'or, celui de la justice sociale, celui de la démocratie, tous viciés à la base, car ce paradis modèle n'était forgé que pour les Blancs. Enfin, à l'horizon de l'an 2000, les Australiens s'arrachent à ces rêves introvertis pour s'ouvrir au monde. Le pays accueille en foule les immigrants asiatiques, entre dans le concert du bloc Asie-Pacifique en partenaire majeur. De l'analyse en profondeur du monde aborigène à la protestation contre la politique nucléaire française, l'ouvrage dresse le portrait d'une nation fascinée par le monde qui l'entoure et désireuse d'y jouer un rôle de premier plan.

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