FeniXX réédition numérique (Ramsay)

  • Former les cadres supérieurs de la Nation, telle fut, dès l'origine, la mission assignée aux grandes écoles, loin du tumulte des universités qui « pensent mal » et délivrent « une culture trop générale ». Ainsi, sous la houlette des plus prestigieuses d'entre elles, Polytechnique, Ulm, Sèvres, Saint-Cloud, Fontenay, HEC, l'ENA, se sont épanouis ces séminaires modernes qui fabriquent les hauts responsables du public et du privé. Leur succès ne se dément pas. Pourtant, que sont-elles désormais, sinon des machines à sélectionner les élites polyvalentes du « tout État », des spécialistes de la généralité, peu aptes à faire face aux mutations nécessaires, dans l'administration comme dans les entreprises ? Cet essai éclaire la dérive des plus cotées de nos grandes écoles : créées pour former des hommes de l'art, elles ne produisent aujourd'hui que des hommes à tout faire, sans qualification précise. L'attrait qu'elles suscitent n'est-il pas le fruit d'un malentendu, l'héritage de leur passé, plus que de leurs performances réelles, qui laissent à désirer ? Ne faut-il pas transformer le recrutement et la formation des élites si l'on veut donner plus de punch aux cadres supérieurs dont aura besoin la France de l'an 2000 ? Le moment n'est-il pas venu de confier aux universités un rôle accru en ce domaine et, en décentralisant et en diversifiant les formations, d'élargir le vivier au sein duquel seront puisés les poissons pilotes de demain ?

  • J.-M. Cadiot, journaliste à l'AFP, retrace les relations, parfois tendues, qui ont été celles de François Mitterrand et du Parti communiste français.

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