Grasset

  • L'ultra-droite est de retour, obsédée par la fin de la République. Des attentats se fomentent sur notre sol. Des groupuscules se montent partout ; gagnent la bataille idéologique ; pénètrent les principaux mouvements de contestations dans le pays, saccagent nos institutions, l'Arc de triomphe lors d'une manifestation des Gilets jaunes. Leurs relais sont médiatiques, littéraires, politiques. La thèse du  « grand remplacement »  de Renaud Camus a irrigué bien au-delà des rangs extrémistes, pour s'imposer dans le débat public. 
    Ils sont de plus en plus nombreux, sur le territoire, à se radicaliser autour des thèmes du déclin de la France, des crises économiques et sociales, de l'abandon du pays aux musulmans, de la faiblesse de l'État, au point que les services de renseignement pensent désormais inéluctable un affrontement entre communautés, dessinant l'ébauche d'une future guerre civile. Y sommes-nous déjà ? La société craquelle, la «  dissidence  », elle, s'organise. Alain Soral, Dieudonné, Boris Le Lay et autre prêcheur de haine sont interdits de Youtube Facebook ou Twitter, avant d'être poursuivis en justice et de devenir des martyrs de leur cause. Leurs sites sont fermés, ils en ouvrent de nouveaux. Quand leurs mouvements sont  dissous, ils se reforment sous un autre nom. Actions coup de poing contre les immigrés - «  kebabs, mosquées, on en a assez !  », camps d'été survivalistes, projets d'attaques, fermes à trolls, propagande numérique, etc. La DGSI craint l'attaque de loups solitaires de l'ultradroite et relève avec inquiétude l'apparition d'une frange de militants identitaires qui leur étaient jusqu'alors inconnus.
    Jean-Michel Décugis, Pauline Guéna et Marc Leplongeon les ont rencontrés et font parler ceux qui s'estiment être les «  Grands remplacés  ». C'est à une plongée inquiétante que nous invitent ici les auteurs de Mimi. Portraits, réseaux, généalogie du combat, entrée dans la clandestinité : le feu couve.

  • On l'appelle «  Mimi  ». Michèle Marchand, la papesse des paparazzis, la gardienne des rumeurs, des secrets de la politique et des affaires. Elle collectionne les scoops sur les puissants, ceux que vous avez vus et ceux que vous ne verrez jamais.
    Mimi ne dispose d'aucun titre officiel mais son agence de presse, Bestimage, protège l'image de la première dame et celle, privée, du couple Macron. Une manne. Jamais une petite marchande de photos n'aura eu un tel privilège...
    Comment Mimi est-elle arrivée au coeur du pouvoir  ? Que sait-elle  ? Que voit-elle  ? Difficile d'enquêter sur cette femme puissante et redoutée. Ses amis se taisent, ses obligés aussi, et ceux qui ont été photographiés malgré eux préfèrent se faire oublier.
    Garagiste, tenancière de boîte de nuit quand le Tout-Paris se consumait dans la fête, mariée à un braqueur puis à un policier, reine de la presse people... avant de se rendre à l'Élysée par la grande porte. La vie de Mimi est une énigme, un vertige, un roman.
     

  • Petite ville de Camargue coincée entre Nîmes et Montpellier, Lunel n'est plus ce coin tranquille où l'on ne jurait que par le soleil, les vignes, le football et la passion de l'arène car une vingtaine de jeunes ont quitté la ville pour la Syrie. Musulmans fraîchement convertis, juifs ou catholiques, ils avaient à peine la trentaine, ils étaient chômeurs, footballeurs ou ingénieur et tous ont fui pour rejoindre des chefs de guerre djihadistes. Exode funeste qui conduira certains d'entre eux à la mort.
    Comment Lunel en est-elle arrivée là  ? En quarante ans à peine, la commune est devenue une des plus pauvres de France. Le chômage, la violence, l'immigration et le racisme y ont explosé. La population s'est divisée, les communautés radicalisées et face à ce naufrage, des politiciens locaux attentistes, complaisants, souvent impuissants.
    Pendant des mois, les auteurs ont arpenté cette terre devenue le symbole d'un échec national.  Ils ont rencontré des religieux, modérés ou  extrémistes, des jeunes et des anciens, des professeurs, chefs d'entreprises, bénévoles associatifs, des élus, des policiers, magistrats, avocats et gendarmes. L'histoire qu'ils nous racontent est celle de jeunes partis mourir et tuer en Syrie. L'histoire de ceux qui, dans l'indifférence générale, les ont soutenus ou embrigadés. Ce n'est pas l'histoire d'une ville mais celle d'une faillite française.

  • Tout semble avoir été dit sur Rimbaud. Tout. De son vivant déjà, Verlaine l´avait rangé dans son recueil des Poètes maudits, et on n´avait jamais vu maudit si fameux. Le mythe s´augmentait de l´absence, le poète abandonnant la poésie et partant pour le Harar. Rimbaud est très vite devenu plus que Rimbaud, plus que sa poésie. Tout de suite sont apparus des « rimbaldolâtres », qui l´ont utilisé pour leur cause. Catholiques, surréalistes, révolutionnaires, rockers, tant d´autres !
    En allant à la rencontre les rimbaldolâtres du XXIe siècle, biographes exaltés, essayistes maniaques, passionnés sincères, écrivains, cinéastes, hommes de télévision, jusqu´à Patti Smith qui, cent vingt ans après sa mort, lui a rendu un hommage public dans l´église Saint-Rémi de Charleville-Mézières, ce livre nous raconte la création d´une mythologie moderne.
    Seulement, plus on s´approprie Rimbaud, moins il est là. Plus on croit l´étreindre, plus il nous échappe. Cessant d´être poète, il est devenu, sous le regard érudit et jaloux des rimbaldolâtres une star, un extraterrestre. Son mystère est devenu la proie de tous les fantasmes.
    D´un style drôle et mordant, l´auteur nous révèle une face méconnue de ce continent littéraire, où prospère une légende dont on se demande qui elle sert le plus : l´idole ou ses dévots?

  • On croyait avoir tout dit, tout écrit, tout lu sur la vie et la disparition de la princesse Diana ?
    Vingt ans après sa mort à Paris, des zones grises persistent toujours dans ce drame qui a stupéfié la planète. Oui, Diana est bien morte dans un accident de la circulation le 31 août 1997. Pourtant, le concours des hommes et des   circonstances comme l'enchaînement des faits qui ont précipité sa voiture contre le 13ème pilier du tunnel de l'Alma nourrissent une lancinante interrogation: «  Qui a tué Lady Diana  ? ».
    En s'appuyant sur le rapport de l'enquête criminelle et les nouvelles révélations de témoins inédits rencontrés par les auteurs au cours de leur propre investigation, ce livre rouvre ce dossier classé Case Closed. 

  • L'Europe est aujourd'hui plus que jamais confrontée aux pays du monde arabo-musulman. Quel dialogue peut s'instaurer entre une culture judéo-chrétienne et une autre islamique, entre le dispositif freudien et l'inconscient musulman ? L'islam, en tant que culture religieuse articulée autour d'un livre saint, met en place une organisation originale qui permet la constitution du sujet. Pour autant, le Miroir du prophète n'est pas une simple étude théorique. Jean-Michel Hirt appuie son propos sur quelques situations cliniques qui affectent des personnes d'origine musulmane vivant en France. A travers les éléments de plusieurs histoires individuelles, il met en évidence l'inter-action entre psychique et culturel.

  • "Je n'aime pas le passé mais il remonte souvent. Comme je ne sais pas quoi en faire je le découpe en morceaux je le peinturlure un peu et mets tout ça... où déjà ? Ah oui là ! pendant que je m'en souviens je vous le donne." J-M Ribes Des aphorismes, des pièces courtes, des absurdités au quotidien, des rencontres, des morceaux de mémoire qui flottent à la dérive, et le théâtre principalement pour décor.
    Au hasard, quelques exemples de l'esprit et de la causticité de Jean-Michel Ribes :
    "Le grand comédien Pierre Arditi avait pour habitude quand il découvrait dans sa loge un caïman, même de petite taille, de le signaler immédiatement au régisseur." "Quand Roland Topor riait, le pape se réveillait en sueur." "Beaucoup de critiques entrent au théâtre avec l'air d'en sortir." "On a dit que le trou du souffleur du Théâtre de la Ville était placé à l'endroit exact où Gérard de Nerval se pendit en janvier 1855. Malgré de nombreuses recherches personne n'a jamais trouvé un trou de souffleur au Théâtre de la Ville. Gérard de Nerval serait-il mort dans son lit ?"

  • En France, plus encore que la politique c´est le pouvoir qui fascine. Mais qui en connaît vraiment les secrets de fabrication? Que sait-on de la solitude  que nos hommes d´Etats affrontent au moment critique de ce qui, de simple politique, devient Histoire ? C´est dans les profondeurs de ces solitudes que Jean-Michel Djian est allé chercher l´énigme et tenter de comprendre le fonctionnement si singulier de notre République. Du général De Gaulle à Baden-Baden à François Hollande au Mali en passant par Alain Juppé lors des grandes grèves de 1995, voici révélés les secrets du pouvoir et de ceux qui l´exercent.
    Un livre nourri par de nombreux entretiens et archives inédites, par un spécialiste éclairé de la vie politique française.

  • Chérubin est orphelin. Sa mère adoptive est morte, son père a disparu. Il habite le château de son grand-père, le baron Horace, qui l'a recueilli et l'éduque à sa manière : le jour, il vit avec les chiens ; la nuit, il met en marche la « machine à rêves » et se plonge dans Virgile. Chérubin a douze ans. Son ventre et son torse se sont couverts de poils bruns et bouclés. Il a honte de sa toison et de son sexe, et se réfugie dans l'amitié d'une petite chienne, qui dort dans sa chambre. Mais un jour, son père le rappelle auprès de lui. Chérubin débarque en Afrique, se mêle aux mondanités grotesques de la colonie et découvre de nouveaux jeux. Au long des après-midi moites, des nuits chaudes sous la moustiquaire, au soleil de midi, il éprouve ses premiers émois. Dans ce livre d'images où le berger Corydon joue à cache-cache avec Flaubert, le vertige des mots et l'ivresse des sens se conjuguent, comme dans un conte de fées pour adultes ou un roman érotique à l'usage des enfants. Mi-ange, mi-bête, Chérubin est le gardien de ce bestiaire fabuleux dont Jean-Michel Gardair nous entrouvre les portes.

  • Chérubin est orphelin. Sa mère adoptive est morte, son père a disparu. Il habite le château de son grand-père, le baron Horace, qui l'a recueilli et l'éduque à sa manière : le jour, il vit avec les chiens ; la nuit, il met en marche la « machine à rêves » et se plonge dans Virgile. Chérubin a douze ans. Son ventre et son torse se sont couverts de poils bruns et bouclés. Il a honte de sa toison et de son sexe, et se réfugie dans l'amitié d'une petite chienne, qui dort dans sa chambre. Mais un jour, son père le rappelle auprès de lui. Chérubin débarque en Afrique, se mêle aux mondanités grotesques de la colonie et découvre de nouveaux jeux. Au long des après-midi moites, des nuits chaudes sous la moustiquaire, au soleil de midi, il éprouve ses premiers émois. Dans ce livre d'images où le berger Corydon joue à cache-cache avec Flaubert, le vertige des mots et l'ivresse des sens se conjuguent, comme dans un conte de fées pour adultes ou un roman érotique à l'usage des enfants. Mi-ange, mi-bête, Chérubin est le gardien de ce bestiaire fabuleux dont Jean-Michel Gardair nous entrouvre les portes.

  • Cet essai interroge les conditions de l'amour de soi-même dans un temps où le goût du néant et de la destruction fait rage : comment s'aimer afin d'aimer et d'être aimé ? Comment aimer l'étranger en soi-même plutôt que de le haïr ou de se haïr ? Il prend appui, pour cela, sur l'histoire et l'oeuvre de quelques écrivains du siècle dernier, bien peu en accord avec leurs contemporains, rebelles à toute classification : leur originalité repose sur un style d'écriture qui n'appartient à aucun genre littéraire spécifique. Ecrivant à partir d'un éloignement volontaire avec leur terre natale ou leur milieu d'origine, comment ces infidèles qu'ont choisi d'être Thomas Edward Lawrence, alias Lawrence d'Arabie, Louis Massignon l'orientaliste islamo-chrétien, Victor Segalen l'exote sinisé et Simone Weil la mystique athée, eux qui tous ont partie liée avec l'exil, l'excès et le religieux -, ont-ils déjoué les destins qui les attendaient ? Comment ont-il fécondé leur langue maternelle par l'apport d'autres langues et noué leur vie à la rencontre de l'étranger, dans la diversité de situations marquées par l'ombre des guerres et des génocides du XXe siècle ?Tous ont développé, « en un temps de détresse », des stratégies amoureuses de soi et de l'autre en devenant infidèles à l'avenir assigné par la filiation et les conventions sociales, et en refusant de sacrifier autrui à leurs intérêts personnels ou nationaux. Tous ont cherché à construire leur destinée, grâce à la rencontre d'une autre culture que la leur, chacun convergeant ainsi vers le secret de lui-même. Si l'infidélité de l'esprit est leur caractéristiques commune, chacun a décliné la rupture et la joie qu'elle implique dans sa chair et dans sa psyché. « L'infidèle, écrit Jean-Michel Hirt, est cet homme de désir à la recherche d'une dimension en lui-même que seule la rencontre de l'hôte étranger lui révèle. »

  • Quel est le sens de l'athéisme de Freud ? Opinion privée ou conviction que la psychanalyse ne peut pas plus échapper à une rationalité que la physique ? Ou encore l'athéisme revendiqué par Freud témoignerait d'une conquête singulière sur l'emprise de la religiosité et les illusions qu'elle suscite ? Mais cette exigence athée a paradoxalement été soutenue par certains croyants, telle la philosophe Simone Weil, si soucieuse d'une " mécanique spirituelle " qui ne se construirait pas au détriment de la raison. La " marque de force d'esprit " que Pascal distinguait dans l'athéisme, de quoi est-elle faite et comment des écrivains comme Baudelaire ou Sade en livrent-ils le secret ? Aujourd'hui peut- être, alors que la culture en ce siècle a été si souvent bafoué par les débordements de cruauté au nom d'une idole, le temps serait venu de discerner dans l'oeuvre de Freud les éléments qui permettent de rendre compte de l'inexorable religiosité du psychisme et de sa conséquence : ce pas " hors du rang " des meurtriers que chacun est requis de penser.

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