Karthala

  • Avec un courage, une détermination et une intelligencehors du commun, Nzingha, reine d'Angola au XVIIe siècle (1582-1663), s'efforça de repousser les Portugais qui voulaient envahir son royaume. Trop peu connue en Occident, la personnalité de la souveraine est devenue pour les Africains une incontournable héroïne, symbole de la résistance aux oppressions coloniales. L'ouvrage relate cette épopée fondatrice de l'identité angolaise qui n'a rien à envier à la chevauchée de Jeanne d'Arc et fait la lumière sur la personnalité d'une femme qui sut montrer toutes les qualités d'un chef d'État dans l'une des guerres les plus dures que connut l'histoire du continent.
    Les missionnaires, témoins de ce premier conflit colonial, en font le récit en présentant les Africains comme relégués dans les ténèbres de la barbarie. Au prisme de la culture chrétienne de l'époque, ils décrivent les Angolais comme des cannibales gorgés de chair humaine et de sang, véritables disciples de Satan qui aurait installé son empire au coeur de leur royaume. Si le chrétien du XVIIe siècle pouvait encore placer le Paradis terrestre, perdu par Adam, aux limites du monde asiatique, le discours théologique, lui, indiquait son symétrique infernal en Afrique.
    Ces premiers récits initient une longue série de discours racistes qui vont perdurer jusqu'au début du XXIe siècle. Dans cette trajectoire, l'auteur dénonce les contre-sens toujours véhiculés par le pessimisme de bon nombre de nos contemporains sur un continent qui, bien au contraire, est porteur de vastes espoirs.
    Jean-Michel Deveau, professeur honoraire à l'université de Nice, membre du Centre international de recherche sur les esclavages (CIRESC) à l'EHESS, est spécialiste d'histoire de l'esclavage et d'histoire coloniale. Il a assuré pendant dix ans à l'UNESCO la vice-présidence du comité scientifique la Route de l'Esclavage et est membre fondateur du Comité international d'experts de l'UNESCO relatif au projet éducatif sur la traite négrière.

  • Coédition Karthala - IRD.

    Madagascar se caractérise par une récession économique qui perdure et des crises socio-politiques récurrentes depuis son indépendance. Cette trajectoire atypique est d'autant plus étonnante que le pays n'a jamais connu de guerre ni de conflit majeur. De plus, l'Île est riche en ressources naturelles, un constat qui vient en contraste avec la pauvreté extrême de la majorité de la population.

    Comment expliquer ces deux faces antinomiques de la réalité malgache ? Quels en sont les ressorts ? La structure de l'économie et les mécanismes sous-jacents suffisent-ils pour expliquer la chute continue des niveaux de vie ? Dans quelle mesure les dispositifs institutionnels ou les systèmes politiques ont-ils joué ? Peut-on évaluer la part des facteurs historiques ? Comment les jeux et les stratégies des acteurs ont-ils nourri les crises à répétition ?

    À l'instar d'un puzzle qui se construit, cet ouvrage assemble les réflexions de différents spécialistes de Madagascar, d'horizons institutionnels et disciplinaires variés. Il couvre un large panorama de thématiques abordées sous l'angle économique, socio-politique, historique ou anthropologique, pour produire une vision d'ensemble. Les éclairages proposés, qui combinent les approches macro et micro, permettent de mieux comprendre l'enchevêtrement des contextes, le rôle des acteurs et leur enchâssement dans les structures. Les analyses s'attachent en particulier à décrypter les mécanismes qui enferment les acteurs dans une spirale crisogène et les facteurs qui étouffent les dynamiques et entrainent l'économie sur une pente récessive.

  • En Europe et en Amérique du Nord, ils sont des milliers : employés de maison clandestins, privés de papiers d'identité, battus, violés, mal nourris que les ONG libèrent parfois. Les tribunaux s'emparent de ces causes mais n'infligent que des peines dérisoires. En Asie, ils sont des millions mis en esclavage pour dettes. Des enfants livrés par leurs parents sont enfermés dans des ateliers.
    Tel un serpent de mer, cet esclavage que la Déclaration universelle des droits de l'homme déclarait définitivement aboli, n'en finit pas de muer pour mieux étouffer des millions de victimes à travers le monde entier.
    A partir des sources de l'ONU, Jean-Michel Deveau dénonce le scandale qu'entoure le silence complice des gouvernements et de la société tout entière. Alors que, pour l'instant, seules quelques ONG luttent avec des moyens dérisoires contre un tel fléau, Le retour de l'esclavage au XXIe siècle en appelle à la création d'une juridiction internationale qui prenne en compte l'esclavage contemporain comme un crime contre l'humanité.

  • La Nouvelle-Calédonie s'apprête à prendre un virage institutionnel et politique dans un monde qui a radicalement changé depuis les premières luttes pour la décolonisation. Vingt-huit ans après les accords de Matignon-Oudinot, alors que se profile une nouvelle date clé pour son avenir institutionnel et politique avec la sortie programmée de l'accord de Nouméa, où en est la Nouvelle-Calédonie ? Son modèle économique a-t-il fondamentalement changé ? Sa trajectoire de développement estelle soutenable ? Alors que le pays est engagé dans un processus de décolonisation négocié, quels sont ses atouts et ses options stratégiques pour affronter la mondialisation et ses nouvelles formes ?
    Le pays est en effet de plus en plus intégré à des marchés mondiaux libéralisés et dérégulés ; l'urbanisation se confirme mais elle prend des formes et a des impacts qui déjouent certains pronostics et tendances observées ailleurs ; vingt-cinq années de croissance soutenue ont dopé le marché intérieur ; en lien avec la croissance des mobilités, la place du non-marchand et de la coutume est restée essentielle à son développement humain ; les transferts de compétences de l'État français vers le territoire opérés au cours des vingt dernières années ont transformé les lieux et les acteurs de la décision politique ; l'industrialisation par la métallurgie a changé la donne quant à la répartition de la rente du nickel ; la bipolarisation politique a fait place à davantage de pluralisme... pour ne citer que certaines des évolutions les plus emblématiques.
    A la veille de la consultation sur le transfert des dernières compétences, quels sont les futurs possibles pour l'économie très politique de la Nouvelle-Calédonie ? Sur quels acquis institutionnels et économiques de la trajectoire récente s'appuyer ? Quels relais de croissance activer et, au-delà et surtout, quel modèle de développement et quel « contrat social » renégocier ?

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