La découverte

  • Cet ouvrage clair et synthétique s'appuie sur une approche plurielle des organisations, proposant ainsi une analyse dynamique des différentes théories mobilisées plutôt que d'en faire une simple lecture chronologique.
    Comment penser l'organisation comme " objet " de recherche ?
    Se réclamant du bon sens, on peut répondre qu'une organisation est avant tout une affaire de personnes " qui font des choses ensemble ", bref, un collectif humain ; certains ajoutent que ce sont les relations de personne à personne qui sont plus importantes que les personnes elles-mêmes.
    D'autres rétorqueront que ce qui compte, c'est le croisement entre ce qui relève de la technique et ce qui relève du social. D'autres, enfin, assurent que ce sont les structures qui constituent l'élément le plus déterminant. Si l'on enchevêtre ces quatre niveaux, il est alors possible d'identifier les différentes théories des organisations et non une théorie des organisations, et d'y parvenir sans établir a posteriori une séquence historique distinguant les approches nouvelles des approches classiques.
    C'est une telle analyse que cet ouvrage rigoureux et accessible propose au lecteur.

  • De tout temps, les survivants aux atrocités les plus indicibles, soupçonnés d'avoir bradé leur honneur, ont été questionnés quant au pourquoi de leur survie. Récemment disparue, la primauté de ce code moral a fait place à une éthique de la survie à tout prix. Cette évolution de notre sensibilité nous oblige pourtant à nous questionner : si l'éthique de la survie devait passer avant celle de l'honneur, ne risquons nous pas de perdre notre âme ?
    Pendant des millénaires, il fut attendu des victimes confrontées à des circonstances extrêmes que leurs conduites se conforment à des codes d'honneur terriblement exigeants. A-t-il trahi les siens celui qui a survécu à la torture ? A-t-elle trop facilement cédé celle qui a connu le viol ? Ces survivants suspects ont-ils sacrifié leur honneur à leur survie ? Questions traumatisantes, disent certains. Questions pourtant posées avec une surprenante récurrence pendant des siècles et des siècles, comme l'explique Jean-Michel Chaumont.
    Or, depuis quelques décennies, dans les sociétés occidentales, ces codes d'honneur sont frontalement contestés, et sont même perçus comme d'intolérables blâmes adressés aux victimes. Si tout le monde s'accorde à reconnaître le progrès moral que cette critique fait advenir dans le cas du viol (la morale n'attend plus que la femme victime se justifie de son comportement), elle tend à promouvoir une éthique de la survie à n'importe quel prix dans les situations de péril extrême. Ce livre ambitieux reconstruit les critères qui ont pu départager les conduites honorables et les conduites déshonorantes, et montre, archives à l'appui, qu'il y a peu encore ces critères furent appliqués à des résistants communistes et aux victimes de la Shoah, en particulier les membres des Sonderkommandos. Il signale les évolutions considérables de nos sensibilités morales et pointe les régressions associées au risque d'un " chacun pour soi " décomplexé.
    Si la trahison devenait la norme implicite, si l'éthique de la survie devait passer avant celle de l'honneur, et de la fidélité aux siens, ne serait-il pas à craindre que le jour venu, face à l'extrême, nous ne perdions nos âmes ?

  • Comment expliquer que l´extraordinaire développement du Web, réputéêtre un espace de liberté et de création, soit aussi un terreau fertile pour des multinationales per-çues comme une menace pour ces mêmes valeurs ? Les tentatives de réponse ne man-quent pas, car l´histoire du Web s´écrit et se discute en temps réel. Mais cette transparence, en phase avec son objet, interdit le recul et mésestime certains déterminants structurels.

    D´où l´intérêt de la démarche proposée par Jean-Michel Salaün dans ce livre, qui place le Web comme un moment d´une histoire longue, celle du document. On y constate que l´invention de Tim Berners-Lee prend la suite des efforts d´indexation systématique lancés à la fin du XIXe siècle, modifiant le document lui-même dans ses trois dimensions : la forme, le contenu et la fonction de transmission. Le Web est alors un média comme un autre, s´inspirant du modèle de la bibliothèque et de celui de la radio-télévision pour répondre aux aspirations documentaires d´une société qui a changé en profondeur. Les anciens médias eux-mêmes élargissent leur vocation en devenant des « industries de la mémoire », par l´archivage numérique continu et public de leur production. Les nouveaux venus, comme Apple, Google ou Facebook, privilégient chacun une dimension différente du document pour tenter de prendre une position dominante dans la construction d´un « néodocument ».

    Puisant ses références dans différentes disciplines et s´appuyant sur le travail d´un réseau de chercheurs francophones sur le document numérique, ce livre ouvre plus largement les possibilités d´interprétation du Web et propose à ses acteurs indépendants de devenir des « architectes de l´information » pour contrer l´hégémonie menaçante des géants de la Toile.

  • La langue française - écrite ou parlée - est malade : les enfants ne savent plus lire ni écrire, l'orthographe se perd, la France compterait même deux millions d'analphabètes... Qui n'a entendu ces lamentations, devenues aujourd'hui lieux communs ? Elles expriment un profond désarroi devant l'évolution de notre langue. C'est pour tenter de mieux la comprendre que les auteurs - cinq linguistes, membres de l'Association pour la recherche et l'expérimentation sur le fonctionnement du français (APREF) - ont écrit ce livre. Ils présentent ici les résultats d'enquêtes approfondies sur quelques points particulièrement sensibles : la lecture à l'école et les formes d'expression que l'institution scolaire néglige, les véritables difficultés de la lecture (30 % des Français seulement savent vraiment lire !), la diversité et les formes du français des travailleurs migrants, le rapport des non cultivés au beau langage et au discours abstrait. Dans tous ces domaines, les auteurs apportent des informations originales qui passionneront tous ceux que préoccupe le sort de la langue française. Ils montrent que le handicap - quand il existe - n'est pas là où on l'attendait. Et que le poids des normes linguistiques et sociales imposées par ceux qui savent parler joue un rôle trop souvent sous-estimé. Ce livre est aussi un plaidoyer pour une révolution dans les esprits : les priviligiés du langage devraient d'abord apprendre à écouter et à lire les autres, dans toute leur diversité, à ne plus corriger ce qui n'a pas besoin de l'être.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Peut-on à la fois faire l'Histoire et l'écrire ? C'est la question que pose la collection « Cahiers Libres ». Son but, en effet, est de publier sur les questions les plus débattues de la vie moderne, des textes capables en même temps de faire le point et d'ouvrir des perspectives nouvelles. « Cahiers Libres » est donc une collection groupant aussi bien des documents que des études historiques ou des libelles. Les auteurs peuvent y être juge et partie. Il ne leur est demandé que de la sincérité et de la solidité, et le plus fondamental amour de la liberté...

  • C'est à partir de 1965 que l'Afrique de l'Ouest commence à être prise en considération par les capitaux liés au tourisme international et à faire partie des zones géographiques dites de « plaisir périphérique », toutes situées dans les régions sous-développées. Ce dossier s'est voulu soucieux d'éviter le manichéisme habituel qui prête au tourisme soit les vertus d'une panacée, soit les tares d'une nouvelle traite : l'analyse de son développement en Afrique de l'Ouest permet de présenter aujourd'hui les premiers éléments d'un bilan qui reste encore à faire. Les principales caractéristiques de cette activité (produit, clientèle, flux), les effets qu'elle entraîne tant sur le développement économique que sur l'environnement physique et humain, ses multiples pièges font l'objet d'une première partie. Une lecture critique des catalogues des agences de voyage et des guides touristiques est ensuite proposée, dans le but de donner une idée des images stéréotypées de l'Afrique qui sont offertes aux touristes et qui orientent généralement les entreprises des organisateurs de voyages. Les choix que peuvent faire les Etats africains pour optimiser les avantages et minimiser les inconvénients du développement touristique resteront sans effet tant que les promoteurs du tourisme et les compagnies aériennes imposeront leurs conditions. Il en est du tourisme comme des autres industries : tant qu'il se situera dans un cadre néo-colonial, son développement ne pourra être bénéfique.

  • Comment, dans les années 1920, le " Comité spécial d'experts " de la Société des nations a construit de toutes pièces un "fléau social" resté dans la mémoire collective : la traite des Blanches. Une enquête exceptionnelle. Enlèvement et séquestration de jeunes innocentes, prostitution et esclavage sexuel, réseaux criminels internationaux : depuis plus d'un siècle, la " traite des blanches " est considérée comme un véritable fléau. Le " Comité spécial d'experts " de la Société des Nations est crédité d'avoir scientifiquement prouvé l'existence de ce phénomène - les militants anti-traite et les historiens contemporains font toujours référence à son oeuvre fondatrice (1924-1927). Jean-Michel Chaumont a analysé les 20 000 pages d'archives de ce Comité. Et elles révèlent une réalité plus effroyable encore, mais pas celle qu'on croyait. En effet, son livre analyse les opérations intellectuelles auxquelles les experts ont procédé pour fabriquer de toute pièce un fléau en travestissant les résultats de leur propre enquête. Il examine minutieusement comment les experts, portés par leur croisade morale, ont manipulé données, documents et chiffres pour parvenir à leurs fins : prouver l'existence de la traite de femmes étrangères et la responsabilité de la réglementation de la prostitution dans cet état de fait, et obtenir la mise en place de politiques liberticides de répression et de surveillance. Ce faisant, ils ont durablement occulté et aggravé les conditions de vie déjà très difficiles des prostituées candidates à l'émigration, aujourd'hui comme hier. Sans même parler de l'amalgame qu'ils ont validé entre traite des noirs et traite des blanches, qui ouvrait la voie à une véritable banalisation des traites négrières et de l'esclavage. Plus généralement, Jean-Michel Chaumont interroge la question - politique et scientifique - des mécanismes d'élaboration de l'expertise sociale et de la responsabilité des sociologues dans la " construction sociale de la réalité ".

  • À travers une analyse subtile des diverses définitions du génocide et de l'ethnocide, de leurs limites et de leurs conséquences morales, ce livre désormais classique éclaire la lutte des individus et des groupes humains pour la reconnaissance.
    Depuis les années 1980, rien ne va plus entre les victimes. Sous une unanimité de façade - condensée dans quelques impératifs tels que " plus jamais ça " -, des conflits virulents opposent les milieux de mémoire, déportés juifs contre déportés résistants, Juifs contre Tziganes, homosexuels contre politiques. Bien au-delà des victimes du nazisme, ces conflits entraînent dans une ronde infernale de soupçon et de récrimination Arméniens, Noirs américains, Amérindiens... Au coeur de ces tensions, une revendication hautement polémique, celle de l'unicité absolue de la Shoah, qui alimente depuis des années un débat interminable, passionné et vain.C'est d'abord ce débat qu'explore ici l'auteur, à travers les réflexions et les prises de position de personnalités aussi diverses que Bruno Bettelheim, Rony Brauman, Alain Finkielkraut, Tzvetan Todorov, Simone Veil ou Élie Wiesel. Pour sortir de l'impasse, Jean-Michel Chaumont ne se contente pas d'offrir une analyse subtile des diverses définitions du génocide et de l'ethnocide, de leurs limites et de leurs conséquences morales. Derrière les dérives du " palmarès de la souffrance ", il décèle un enjeu latent beaucoup plus profond, qui engage toutes nos conceptions de l'identité sociale et de la dignité humaine : la lutte des individus et des groupes humains pour la reconnaissance, qui constitue le véritable chantier sociologique et philosophique de cet ouvrage.

empty